A l’assaut des pentes du massif du Rinjani
Notre excursion en pays Sasak se poursuit par une expédition en famille accompagnés d’un guide local et de porteurs villageois. Loin des foules qui gravitent autour du cratère du majestueux volcan Rinjani, et de son business bien rodé, nous choisissons de découvrir les pentes sud-est de l’immense massif volcanique, peu fréquentées. L’objectif, une nuit sur la crête de Pal Jepang pour admirer le lever du Soleil sur le sommet.
Le trajet : 1200m de dénivelé en pente raide continue à travers trois paysages : les cultures, la jungle et la savane d’altitude.
La petite route nous mène en 50 min de Tetabatu au village de Sapit. Au village de Sapit. Les enfants du village semblent étonnés de voir des Européens, leur enthousiasme nous amuse alors que nous entamons le premier kilomètre.
Notre guide est enjoué dans les premières pentes raides. “Don’t hurry, enjoy, it’s holiday”… alors que nous tirons la langue… Nous constatons avec stupeur que nos guides et porteurs montent en tongs.
Le chemin monte dru à travers les plantations : banane, café, cacao, clou de girofle, piments… Un bel éventail des ressources locales. Les plantations communautaires sont la base du fonctionnement du peuple sasak. Les champs sont de plus en plus pentus de part et d’autre du sentier de crête. Seuls quelques paysans en scooters les parcourent.

Nous pénétrons dans le parc national du Mont Rinjani. C’est un changement de décor soudain.

La jungle prend le relai, elle nous enveloppe d’une fraîche moiteur. Cet oxymore décrit bien l’impression que nous ressentons. La forêt embrumée est dense et humide et résonne de cris d’oiseaux inconnus et de singes Langurs noirs de Java.

La forêt est bien vierge, inexploitée et sauvage. Malheureusement, ce circuit vide de touristes est parcouru le week end par des locaux, et ils laissent leurs traces. Certains secteurs sont jonchés de papiers gras et plastiques. Nous nous abstenons de juger mais la problématique des déchets plastiques est le point noir de l’archipel indonésien, jusque dans les pentes raides des jungles de Lombok. Notre guide joue le jeu et ramasse les déchets laissés lors de notre pique-nique en pleine forêt. Il semble géné et un peu honteux.
Le pique nique dans la forêt après 2h de marche est bien humide et assez aventureux…

On ne peux que féliciter les cuisiniers pour l’art de la mise en place malgré les conditions sommaires….

Nous repartons. La pente est toujours raide. Nous glissons avec nos chaussures hautes alors que les porteurs sont très à l’aise avec leur tongs que les sasak nomment de l’onomatopée “flap flap” !

Nous arrivons dans la zone de prairie alpine.
La promesse d’un coucher de Soleil au sortir de la forêt s’envole. La savane qui recouvre les crêtes où nous arrivons en fin d’après-midi est enveloppée de brouillard.


Arrivés au campement de Pal Jepang, sous le brouillard, c’est une petite désillusion aussi quand il faut nettoyer le campement des déchets laissés par nos prédécesseurs. L’ambiance n’est pas au beau fixe mais l’espoir d’un lever de Soleil sur les sommets nous berce jusqu’à l’aube.

Encore un repas… pas banal…alors que la nuit enveloppe le campement.


Impression Soleil levant
Il est cinq heures, le campement se réveille. Bonne surprise, le ciel est étoilé. Mauvaise surprise, les nuages affleurent sur le campement et cachent la vue, il faut monter davantage pour espérer voir le lever de Soleil. Le petit déjeuner attendra.
Un fin sentier serpente entre les fougères hautes. La rosée du matin a vite raison de nos chaussures et pantalons secs et nous comprenons mieux la raison des tongs aux pieds ! Des conifères élancés parent la crête de leur frêle silhouette. La pente se durcit et serpente vers le sommet. C’est un difficile effort à la sortie du duvet… La lumière arrive sur les crêtes.

Au nord-ouest, le seigneur de Lombok reçoit enfin les premiers rayons marquant la fin de l’aube: Le sommet du volcan Rinjani, à plus de 3750 m d’altitude, écrase le paysage de sa majesté.


Au nord, on devine le col qui relie Sembalun au nord de Lombok, village qui héberge de nombreux départ des randonnées les plus fréquentées vers le sommet du Volcan.

Son ascension n’est pas une promenade de santé. Chaque année, des centaines de touristes, sportifs aguerris ou badauds inconscients, tentent d’arriver au lever du Soleil sur le plus haut sommet local. Récemment, une brésilienne y a trouvé l’éternité en chutant dans le cratère sommital. Depuis, l’accès est interdit le temps de sécuriser davantage le sentier et permettre aux centaines de familles qui en vivent de continuer leur activité avec moins de risques pour les clients.
L’île voisine de Sumbawa se dessine à l’est derrière les nuages. Son relief tourmenté appelle au voyage.

Au sud, la campagne de Lombok descend en douce pente vers le rivage sud. Une quantité indénombrable de minarets casse la monotonie du paysage. On dit qu’il y aurait mille mosquées à Lombok. On n’ a aucune peine à le croire!


Nous profitons de ces moments perchés au-dessus des nuages malgré quelques désagréments dus à une digestion difficile. C’est aussi cela changer de référentiel culinaire! Nous redescendons néanmoins pour un petit déjeuner gourmand au campement, cette fois en plein Soleil.


L’heure du départ a sonné, juste après une photo souvenir avec notre équipe valeureuse.

Nous entamons la descente au milieu des fougères, cette fois sans brouillard.

Derrière nous, le majestueux volcan se pare d’une ceinture de nuées.

… puis nous plongeons dans la forêt tropicale…

La jungle, au retour, est parcourue d’une traite, soit plus de 1000m de dénivelé en une heure et demi.
L’ambiance est tout autre qu’à l’aller, les rayons de soleil diffusent leur lumière éparse dans les sous-bois, éclairant nos pas.

Arrivés dans la zone de cultures, nous troquons nos chaussures de trek pour mettre nos tongs, bien plus adhérentes sur la piste couverte de mousses glissantes! Nous en rions avec les porteurs de matériel qui s’en accommodent depuis des générations. La boucle est bouclée, nous sommes enfin de vrais sasaks!


Bravo aux enfants et aux parents si courageux! Et merci à toute l’équipe de Jayan Trekking!


