Escale à Lanzarote, l’île des volcans

Première excursion hors des frontières nationales après notre périple de 2019-2020 autour du Monde… Pas si simple de voyager en période »post-covid ». Déjà il a fallu décaler notre voyage à Lanzarote prévu initialement en Octobre à cause d’une stupide inattention sur les dates de nos passeports… Voyageurs débutants. Puis surveiller au jour le jour les conditions sanitaires pour comprendre quels formulaires, quels nombre de doses de vaccin étaient requises selon l’âge, la date de la dernière contamination etc… Même pour allez chez notre voisin espagnol.

Un coup de chapeau à tous les voyageurs qui n’ont pas abandonné leurs rêves en partant quand même en pleine pandémie. Que de stress et d’organisation en plus, même pour les « experts voyageurs »…

Pour les lecteurs ornithologues, un petit voyage par ici.

Outarde houbara

Bon voyage ! ¡Feliz viaje!

Malpais de la Corona

Ironie du sort, nous arrivons au nord de l’île dans notre casa rural isolée en plein milieu d’une région appelé « Malpais de la Corona« . Pas de Coronavirus ici mais une terre aride volcanique sans terre, où rien ne pousse. Un « mauvais pays » au pied du volcan « de la couronne » « corona ». Voici qui est plus clair !

Notre casa rural au couleur du Malpais, au pied du volcan Corona

Une vue à couper le souffle sur l’Océan Atlantique… mais qui ne coupe pas le souffle du vent quasi permanent sur cette île peu protégée des alizés du fait de son relief peu prononcé. L’île ne culmine en effet qu’à 670 m d’altitude.

Le soir, les murets de pierre volcanique rougissent comme s’ils reflétaient le panache de feu des volcans…

Les volcanisme a façonné l’île entière. Partout le paysage est le résultat des centaines d’éruptions qui ont eu lieu au cours des 15 à 20 millions d’année de son histoire…

Ce paysage a inspiré la personnalité la plus emblématique de l’île. C’est le peintre, architecte et sculpteur César Manrique, ange gardien de Lanzarote. Il s’est battu pour défendre la nature et l’unité architecturale de son île et éviter sa bétonisation outrancière, les grands hôtels de dix étages qui défigurent d’autres îles comme Gran Canaria ou les côtes méditerranéens espagnoles…

Manrique comprend l’art comme une union étroite et harmonieuse entre l’Homme et la nature.

Il laissera son empreinte sur une dizaine de sites touristiques et ses sculptures habillent la plupart des carrefours giratoires du pays…

Jour 2 : Jameos del Agua

Le site le plus emblématique de l’architecture inspirée de la nature dû à César Manrique est le site de Jameos del Agua. Une ancien couloir de lave proche du littoral a été génialement aménagé en lieu de détente. Salle de réception, Auditorium, restaurant font corps avec la planète et le volcan. Un site incroyable.

Le site s’ouvre par une descente menant à un lac abrité sous la voute naturelle du tunnel volcanique.

Ce lac abrite une espèce de crabe aveugle unique au monde : Munidopsis polymorpha .

Un restaurant donne sur ce lac. Les paravents offrent une scène graphique qui n’aurait pas déplu au génial César Manrique.

Pas trop de photos… pour laisser le plaisir de la découverte si vous venez un jour sur ce site incroyable !

Jour 3: Jardin de Cactus

Un pass acheté sur le premier site nous permet de visiter à moindre coût l’ensemble des sites crées par le sculpteur. César Manrique a conçu ce jardin de cactus avec des pierres de volcan, selon un schéma astucieux de terrasses concentriques.

C’est l’une des plus grandes collections de cactées et de plantes grasses au monde.

Noémie fait un reportage photo dont voici seulement quelques clichés…

Jour 3 : Tour cycliste de l’île de Graciosa

Tout au nord de Lanzarote se trouve un archipel sauvage de 4 îles dont la principale, La Graciosa, est la seule accessible par l’homme. C’est le Parque Natural Archipiélago de Chinijo.

De nombreux bateaux y déposent les visiteurs pour quelques heures ou une journée entière.

Les bateaux accostent dans le petit port de la Caleta de Sebo.

Nous choisissons de visiter l’île à vélo, parfaitement adapté aux dimensions de celle-ci. Un petit loueur nous équipe de vélos tout terrains – pas les plus modernes, mais les moins chers…habitude d’économe tourdumondiste de chercher les adresses n’ayant pas pignon sur rue… Le rapport qualité prix n’était peut-être pas idéal mais qu’importe, nous voilà partis pour les 30km du tour de l’île…

Circuit conseillé

Le vent est de la partie. Il souffle à 40 km/h et comme d’habitude, en pleine face…

Du repos? Que nenni, à la pause il faut grimper un volcan… Parents indignes!

Illusion d’optique, la Montaña Bermeja ne fait que 100 m d’altitude… Il faut moins de 20 minutes à nos sportifs, et le rapport effort/récompense est au-delà de toute espérance!

La descente permet de contempler les autres cônes volcaniques qui constituent le relief de la Graciosa.

On mesure l’aridité de l’île depuis ce chemin.

Nous reprenons nos montures pour chercher un coin pique-nique. Le sable ralentit par endroits notre progression. Il faut pousser…

Nous trouvons un coin de plage à Majapalomas où la houle a façonné de curieuses formations.

arche basaltique

Le retour se déroule dans une succession de chemins ensablés puis caillouteux, avant une longue descente en tôle ondulée… Quelle aventure!

Jour 4 : Mirador del Rio et Volcan Corona

Le belvédère du Mirador del Rio n’est qu’à 10 minutes de notre « casa ». Cet élégant bâtiment inséré dans la roche a été bien sûr désigné par César Manrique. Ses sculptures ornent le plafond de la buvette panoramique entièrement meublée par l’architecte.

Un belvédère extérieur permet d’embrasser l’île de la Graciosa d’un seul regard et revivre notre périple cycliste de la veille.

Panorama du mirador del Rio sur l’île de la Graciosa.

Nous rejoignons le joli village de Ye, perché au sommet de l’île.

…puis partons à l’assaut du Volcan le plus haut de l’île, le Volcan Corona.

Une brèche s’ouvre au nord et permet de rejoindre le bord du cratère.

Cratère du volcan Corona

De la lave s’est elle écoulée par ce tunnel ?

La Graciosa est visible vers le Nord, derrière le plateau couvert de cultures de vignes et de figuiers.

Les pierres volcaniques sont érigées en petits murets pour protéger des vents d’ouest et concentrer la chaleur au pied des ceps.

Lézard de Lanzarote, espèce endémique

Au retour, nous passons visiter Haria, le seul village avec un semblant de végétation, grâce à l’humidité apportée par les brouillards retenus par la crête sommitale.

C’est dans ce charmant village que César Manrique vivait quand il a rejoint l’au-delà…

Seat Ibiza édition spéciale
La piscine du Maître

Jour 5 : Cueva de los Verde, Orzola

Matinée consacrée à la recherche des outardes dans les vastes plaines aux allures de Far west…

On y entendrait presque la détonation des colts…

Mais à la place des Mustangs paissent quelques chèvres et brebis.

Enfin une outarde !

Autre décor l’après-midi : décor un peu plus étriqué avec la visite des Grottes « Cueva de los Verdes », ancien couloir de lave volcanique aujourd’hui remplis d’eau.

Que de paysages en une journée ! La fin d’après-midi se déroule paisiblement sur les plages de sable entourées de rochers basaltique, près d’Orzola. Nous sommes à l’extrême nord de l’île.

Jour 6 : Départ pour le Sud, Teguise et Parc de Timanfaya

Nous faisons nos adieux avec tristesse à notre havre de solitude… Mais sans regrets du fait de quelques soucis de trop plein de fosses sceptiques… Moins glamour!

Nous prenons la route des crêtes pour descendre vers le Sud et visitons la belle cité de Téguise, ancienne capitale de l’île.

Un peu de shopping pour les souvenirs… C’est l’avantage de ne pas être en mode « tour du monde »… Il reste de la place dans les bagages!

Après le pique-nique sur un banc du village, nous traversons à nouveau les plaines désertiques de Famara…

…avant de voir à l’horizon le Parc national de Timafaya où nous avons réservé une excursion.

Bienvenue sur la planète Mars !

Il n’est possible de circuler dans le coeur du parc qu’en bus. Le fragile équilibre du milieu est à ce prix.

Plus de 300 cratères ponctuent l’île de Lanzarote, dont la moitié dans le parc national.

La culture du vignoble est présente même sur les champs de pierres volcaniques, utilisées pour constituer des murets qui protègent les ceps du vent desséchant.

Jour 7 : Volcan Caldeira Colorada et baie d’El Golfo

Ce paysage austère nous attire le jour suivant pour un circuit et l’ascension de la Montaña colorada, un petit volcan aux scories multicolores.

Le temps est gris et ne met pas en valeur les couleurs.

Certains promeneurs protègent les rares plantes du piétinement. Belle initiative. Celle-ci fleurira d’un beau violet.

L’ascension est raide et les pierres basaltiques glissent sous nos pas…

Des paysages encore totalement différents se présentent à nous en rejoignant 15km plus loin la côte ouest de l’île. Il s’agit d’un des seules industries de l’île de Lanzarote : la mine de sel d’El Janubio.

La récolte du sel se fait à la main.

Des murets en pierre volcanique séparent certaines parcelles.

Le site est apprécié des photographes pour ses reflets et sa géométrie inspirante.

Nous poursuivons sur le secteur d’El Golfo et la très touristique Laguna Verde. Une lagune naturelle aux couleurs olive.

Cliquez pour admirer le panorama!

Le village est juste à coté, les touristes se pressent dans les petits restaurants… En mode « baroudeurs », nous préférons le sandwich maison un peu plus au nord du port…

Peu de voisins sinon un pêcheur en pleine action…

…et un volcan endormi…

Sur le lieu de pique-nique, nous trouvons de jolis cailloux verts, fragments d’olivines, parmi les miettes de basalte. La fièvre s’empare de nous!

Jour 8 : Baptême de plongée en famille à Puerto del Carmen

Le printemps n’est pas la bonne saison pour la baignade dans les îles Canaries. L’eau y est un peu trop fraîche. 17-18°C, ça va quelques minutes…

Mais l’île est en revanche connue pour ses fonds marins riches en poissons et est la Mecque de la plongée en bouteille de l’Atlantique nord…

J’y vais j’y vais pas?

Nous tentons quelques moments de snorkeling

Avant de passer à l’étape suivante : nous réservons un créneau de Baptême de plongée avec Bouteille, en famille, chez AQUASPORT DIVING, une agence franco espagnole.

Equipement : combinaison, masque, tuba, bouteille de plus de 10kg d’oxygène…

C’est parti !

Nous apprenons à respirer sous l’eau – pas facile au début! Un moniteur s’occupe des enfants, l’autre des parents… Cela permet de diminuer le stress de ces derniers, stress inutile car les enfants sont très à l’aise – après une légitime appréhension avant de se lancer !

Au tableau : De nombreuses seiches, deux hippocampes, un requin plat endémique, et bien d’autres poissons colorés…

Un expérience incroyable. Quel univers parallèle…

L’heure est venue de dire adieu a cet étonnant caillou volcanique lancé au milieu de l’Océan… Une pépite que nous vous invitions à découvrir!

Les enfants ont conçu un petit film de 8 minutes de notre aventure : Mettez en plein écran 😉

Les Oiseaux de Lanzarote

Repartir en voyage deux ans après l’interruption du périple des obsrêveurs autour du monde, c’est comme retrouver des habitudes là où on les avait laissées… Même valises, mêmes habits fétiches du moins pour les adultes (l’aînée ayant pris 20 cm notamment), mêmes envies de grands espaces et de découverte de cultures nouvelles et de faune insolite…

Le choix d’une île hispanophone fait inconsciemment écho à ce continent latino américain que nous n’avions pas pu découvrir à la fin de notre voyage de 2020…

Les paysages arides et volcaniques de l’île de Lanzarote semblent sans vie au premier abord. De maigres plantes grasses et autres plantes xérophiles (qui aiment la sécheresse) cherchent à survivre aux conditions difficiles : vent, soleil permanent, pluies rares voire quasi absentes selon les endroits. Il n’y presque pas d’arbres à part quelques palmiers sur les hauteurs d’Haría, des figuiers cultivés ici ou là…

Malpais de la Corona. Le « mauvais pays », inculte…sauf pour l’homme ingénieux

Quelques espèces y ont néanmoins élu domicile en s’adaptant à ces conditions. Certaines sont endémiques des îles de l’Atlantique.

Villages et plantations

Ironie de la toponymie, nous nous installons au pied du volcan Corona, près du village d’harda. Mais ici en cette fin avril 2022, grâce à très fort taux de vaccination, l’insouciance face à la pandémie a enfin gagné les habitants.

Voici notre improbable « casa rural » au pied du volcan… et au milieu des maigres cultures gagnées sur la lave.

Aux alentours de notre gîte rural, le Pipit de Berthelot est l’oiseau le plus abondant. Son cri se fait entendre un peu partout.

Plus difficile à voir, la Fauvette à lunettes se cache dans les buissons. Celle-ci a été surprise au village de Maguez en plein nourrissage. Elle récoltait des chenilles sous un figuier pour les apporter dans son nid au cœur d’un buisson.

Plus discrète, surtout repérée à son cri, la Perdrix gambra est ici un gibier. Cela n’en reste pas un bel oiseau!

Dans les villages et sites touristiques, mais aussi dans les grottes de lave, nous trouvons le Moineau espagnol. Il diffère du moineau domestique par son cri mais surtout sa calotte entièrement brune et sa gorge fortement striée de noir.

Jable de Teguise et Famara

Dans les plaines arides, une seule espèce d’Alouette a élu domicile. Il s’agit de l’Alouette pispolette, aussi présente en Espagne, en Afrique du Nord et au Proche Orient.

Son chant flûté, assez voisin de celui de l’Alouette des champs européenne, retentit au petit matin dans la Jable, vaste plaine agricole semi-désertique entre Tao, Famara et Teguise.

Plus discret, le Roselin githagine est de la famille des fringilles. Il se nourrit de graines diverses. Son bec orange est remarquable !

Roselin githagine

Sur les buissons, on trouve aussi assez couramment la Pie-grièche méridionale. C’est une sous-espèce propre aux Canaries qui réside ici : Lanius excubitor koenigi.

Mais l’espèce la plus recherchée de l’île par les ornithologues de passage est surement l’Outarde houbara. Cette grand outarde est assez commune mais sa découverte n’est pas toujours aisé tant son mimétisme est excellent. Que ce soit dans les prairies herbacées…

ou dans les plaines rocailleuses…

Son cou bordé élégamment de noir se confond avec les rochers volcaniques et leurs ombres… Il n’a pas été simple de la trouver!

Plus discret encore, on peut entendre le cri de l’Oedicnème criard. Il ne se sera pas montré cette fois-ci. Ces paysages constituent pour lui un paradis.

Je rêvais de voir le mythique Courvite isabelle mais hélas malgré 6 kilomètres dans les steppes au nord de Playa banca, je n’aurai pas pu prendre de cliché aussi splendide que celui-ci que Stephen Burch aura bien voulu me prêter. Je le remercie pour son blog inspirant.

Courvite isabelle – Cream-colored Courser (c) S. Burch.

Rapaces

5 espèces de rapaces sont nicheuses sur l’île. Les autres espèces observées ne sont que de passage sur la route migratoire qui les mène d’Afrique occidentale à l’Europe : Milans, Busards….

Le plus commun est l’omniprésent Faucon crécerelle Falco tinnunculus dacotiae. Il chasse insectes, rongeurs et lézards.

A deux reprises, nous avons observé le Vautour percnoptère Neophron percnopterus majorensis dont quelques couples nichent sur les falaises. Voici un juvénile présent aux abords d’une décharge agricole.

Sur les falaises est aussi présent le Faucon de Barbarie Falco peregrinus barbarensis. Ce dernier nous a survolé au Mirador del Rio.

On trouve aussi en fin de saison le Faucon d’éléonore sur les îles de la réserve de Chinijo. Enfin, dans le nord de l’île, le Balbuzard pêcheur a élu domicile sur les îlots et pitons rocheux. Nous l’avons observé brièvement avec un poisson dans les serres au dessus d’Orzola mais il n’y aura pas de photo !

Lagunes

Il n’y a pas de lac sur Lanzarote… Le seul bassin artificiel est celui du Golf de Tias mais il était à sec.

Pour observer les oiseaux des milieux aquatiques, il faut se résigner à fréquenter les salines de Janubio, sur la côte sud-ouest de l’île…

Echasses blanches
Tadornes casarcas nicheurs

Voici quelques limicoles migrateurs qui font halte sur les vasières du Port de la ville principale, Arrecife.

Tournepierre à collier
Courlis corlieu
Bécasseaux variables
Gravelot à collier interrompu

Une importante colonie de Hérons gardeboeufs a élu domicile à proximité.

Les golfs sont par contre les seuls endroit où on trouve de la pelouse. Ces milieux sont familiers aux oiseaux migrateurs qui remontent vers l’Europe et ils y trouvent vers et insectes dans la terre … Un terre apportée par bateau qui permet à l’herbe de pousser grâce à un arrosage à l’eau douce issue des usines de désalinisation… Une belle aberration écologique de plus !

Bergeronnette printanière (M. flava thunbergi)
Huppes fasciées

Quelques hirondelles épuisées par le vent fort se terrent au sol.

Hirondelle rustique
Hirondelle de rivage

Sur les côtes, seules deux espèces sont régulièrement visibles au large. Le Puffin cendré, aux allures de petit albatros;

Puffin cendré

…et le Goéland leucophée, version méditerranéen de notre Goéland argenté breton auxquel il était jadis associé par les scientifiques.

Voici une magnifique brochure -en français- éditée pour le compte de la réserve de biosphère sur les espèces pour aller plus loin… et donner envie de découvrir cette réserve de biosphère de l’Atlantique ?

A bientôt pour un rattrapage en deux derniers articles rafraichissant sur l’Islande (2018) avant la suite des aventures à Lanzarote !