Défi sportif sur l’Île du Nord : la traversée du Tongariro

Comme à chaque arrivée sur une nouvelle terre, les jambes nous démangent ! Plus exactement, une fenêtre météo stable est annoncée pour le 5 mars. Après une visite express de la capitale Wellington – il faut faire des choix – nous rejoignons en deux jours le plateau volcanique central.

L’île du Nord est bouillonnante d’activité volcanique. Endormis en ce moment, la plupart des volcans peuvent néanmoins se réveiller à tout moment. Le seul en activité cette année, sur l’île de White Island, a fait parler de lui en décembre 2019 : 14 touristes étaient en excursion sur le cratère depuis leur bateau de croisière et ont été surpris par une éruption fatale…

Pas d’inquiétude cependant dans les hauts plateaux où nous nous trouvons. Malgré une dernière éruption sur le flan nord du Tongariro en 2012, donc très récente à l’échelle géologique, la situation est calme…

Avancez à 1-2 min du début !

Nous partons vers 6h30 pour le parking marquant la fin de la traversée du Tongariro Alpine Crossing.

De là, une navette réservée quelques jours à l’avance nous amène au début de la randonnée.

Cette randonnée est très prisée. Durant l’été austral, des centaines de marcheurs tentent la traversée de 19 km. D’autres treks sont possibles autour des volcans mais celui-ci offre le parcours le plus varié.

Vers 8h, nous partons de Mangatepopo. Les lumières du matin éclairent le Mont Ruapehu vers le Sud. Ce volcan st le plus haut sommet de l’île du Nord, avec 2797 m d’altitude.

Une heure plus tard, nous approchons de la parfaite silhouette conique du volcan sacré Ngauruhoe. Ce dernier veillera sur nous tout le long de la journée.

Au cours de la première montée, un autre volcan apparait à l’horizon, à gauche sur cette photo :

C’est le volcan Taranaki. Selon la mythologie maorie, les volcans sont des personnalités à part entière. La légende raconte que les 4 volcans principaux étaient tous épris de la Montagne Pihanga qui dominait le lac Taupo. Cette dernière préférait Tongariro. Taranaki a tenté sa chance mais a perdu la bataille. Depuis, il est exilé à plus de 150 km au bord de la mer de Tasman, et ne fait plus partie du massif du Tongariro.

Le Volcan Taranaki au téléobjectif, à près de 150 km de nous !

Selon la légende ces deux là continuent de se défier, grondent et entrent en éruption pour marquer leur hostilité.

Nous passons en essayant de ne pas réveiller ces géants endormis…

Un ancien fossé d’effondrement désormais aplani occupe le pied des volcans. Un lac asséché en occupe la partie sud.

Il n’était pas difficile de trouver un photographe. Le sentier est… légèrement fréquenté !

Après 3h de marche, nous prenons de la hauteur dans un ultime effort pour nous retrouver sur l’arête du volcan Tongariro à proprement parler. Le sommet est interdit d’accès car c’est un territoire sacré.

Vue sur le cône du Ngaurahoe depuis les pentes du Tongariro

Au sommet, un curieux bruit d’explosion suivi de traces de fumée se font entendre sur les pentes du volcan Ruhapeu, plus au Sud.

Un peu inquiets, nous sommes rassurés à l’étude de la carte : il s’agit d’un terrain militaire, et donc probablement d’essais d’explosifs !

La crête sommitale surplombe un cratère crée par une éruption il y a 10 000 ans. Il est toujours actif. La forte concentration en minerai de fer lui donne une couleur rouge prononcée.

On le surnomme à juste titre « The Red Crater ».

On devine une ouverture par laquelle la lave s’est écoulé lors d’éruption précédentes.

Quelques instants plus tard, changement de couleurs… D’autres cratères secondaires sont vivement colorés de vert et de jaune du fait notamment de souffre et de ferrite dissous.

Voici les bijoux du Tongariro, les lacs d’emeraude.

Après une photo souvenir, c’est l’heure du pique-nique.

Ces couleurs laissent rêveurs les obsrêveurs!

La descente, couverte de pierres volcaniques instables, est glissante mais nous sommes bien équipés depuis le Népal !

10ème kilomètre. Nous traversons une vaste zone plane à nouveau, un ancien fossé d’effondrement, avant d’arriver sur les bords d’un lac suspendu aux couleurs plus traditionnelles… Voici le Lac bleu.

Le sentier bascule ensuite vers une looongue descente de 9 km, offrant des vues superbes sur deux anciens lacs de cratère vers le Nord, dont l’immense lac Taupo, la plus grande surface d’eau du pays.

Les lacs Rotoaira et Taupo

Encore des sensations ! La cheminée latérale de l’explosion de 2012 est toujours fumante…

La montagne est ici vivante et cet itinéraire est un livre de volcanologie à ciel ouvert.

Quelques kilomètres plus bas, changement de paysage. La forêt prend la place aux prairies et aux buissons que nous traversions depuis 5 kilomètres.

C’est soudain un autre monde !

Cette forêt a été traversée il y a 8 ans de lahar, ces coulées de boue formée par les cendres lavées par les pluies. Certains secteurs en portent encore les stigmates.

C’est en fin d’après-midi que les enfants peuvent crier victoire sur les 19,5 kilomètres de cette traversée fantastique !

Même si la randonnée ne présentait, par beau temps, aucune difficulté technique sinon l’endurance requise, cela reste leur deuxième plus longue randonnée ! Encore une raison d’être fier d’eux…

Défi sportif sur l’Île du Sud : Avalanche Peak (1833 m)

A peine sortis du vol Brisbane – Christchurch et d’une courte visite de cette ville capitale de l’Île de Sud, nous rejoignons les montagnes qui nous attirent comme des aimants.

Nous avons loué un « camper van » le matin même et après 2h30 de route, nous nous installons au camping d’Arthur Pass, géré par le parc national – plus exactement par le DOC, Department of Conservation. C’est en fait un parking bondé autour du bâtiment préfabriqué du centre d’accueil des visiteurs du parc national. On fera mieux. Mais le soleil est de mise et la météo garantit une belle journée le lendemain.

Avalanche Peak.

La littérature est unanime. Ce n’est pas de la rigolade.

Peut-être la « randonnée populaire à la journée la plus difficile de Nouvelle-Zélande ». Un mur. Un trek exigeant « pour les marcheurs aguerris ». Un Challenge »…  Il ne fallait pas en dire plus pour le mettre au menu des défis sportifs de notre voyage au long cours. 

Il fallait être un peu fous…

Dès le premier jour, nous avons senti la force du Soleil néo-zélandais. Il brûle la peau. L’ozone reste en couche fine à cette latitude (43° S). Aussi, nous partons tôt pour profiter de la fraîcheur matinale. Vers 7h30, nous nous engageons sur le sentier qui part du camping.

Doudou lapin est de sortie. Ce serait dommage de rester au fond du van !

Le topo de la randonnée est simple : le chemin monte tout le temps sur un dénivelé de 1090 m, c’est raide, c’est long, c’est tout le temps au soleil, et il y en a pour au moins 8h.

Le profil (une boucle de 7km) est simple… et redoutable
(c) https://www.doc.govt.nz/map/index.html

Voilà les premiers kilomètres. Ce n’est pas sans rappeler de début de la Montagne de la Table au Cap!

Nous prenons le petit déjeuner après les premières pentes.

Avec vue sur la cascade!

La première partie est essentiellement forestière. Le sous-bois est composé de petits arbres tordus. Quelques oiseaux nous saluent au passage et s’approchent quand on agite les buissons (un « truc » conseillé par un Ranger du parc) !

Voici le Xénique grimpeur (en anglais ‘Rifleman’ et en maori ‘titipounamu‘). A peine 8cm de long et moins de 7 grammes !

Xénique grimpeur

Et le Miro mésange ou Tomtit, à peine plus gros mais très curieux.

Tomtit

Tous deux sont endémiques à la Nouvelle-Zélande, c’est à dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs. Mais cela fera l’objet d’un article à part !

Deux heures d’escalade plus tard, la limite supérieure des forêts s’annonce. La vue se dégage sur la profonde entaille qui permet le passage de la route et de la voie ferrée au travers des Alpes néo-zélandaises.

Vue de loin, les paysages ressemblent aux Pyrénées…

Mais les alpages sont couverts de plantes inconnues et nous sommes accueillis par un perroquet… Le Kéa est le seul de sa famille à fréquenter les hautes montagnes.

Perroquet Kéa dans son milieu naturel

Les plantes ont néanmoins développé les mêmes ruses pour résister aux conditions météorologiques difficiles et ce bouquet de fleurs à pétales de velours Leucogenes grandies ressemble en tous points à notre Edelweiss. Elle est d’ailleurs surnommée l’Edelweiss de l’Ile du Sud !

Des renoncules…

et un tapis de silènes proches de celles que l’on trouve en Europe.

L’étude des ressemblances botaniques nous occupe durant les deux prochaines heures… Entre deux pauses pour souffler!

La surprise viendra d’un Chamois européen sous un bloc rocheux ! Nous ignorions qu’ils avaient été introduits par les Anglais au XIXè siècle pour le loisir de la chasse… ;-(

Après 4h30 d’efforts, Romain vire en tête au sommet ! Une énergie qui nous a tous surpris. On avait du mal à le suivre dans les pentes finales…

1er au sommet… avec doudou !

Quelle graine de champion!

Toute la famille n’a pas démérité. La photo d’usage au sommet est un exercice d’équilibriste. Pas un pas en arrière!

Au nord, la vue sur le Mont Rolleston et de ce qu’il reste de son glacier ne souffre d’aucun nuage.

Vers le Sud, la vallée de la Waimakariri serpente en charriant des blocs morainiques.

Après les photos et le pique-nique tant attendu, il faut songer à redescendre sans trop tarder car notre véhicule, garé au camping, doit être déplacé avant 17h…

On the way back…

Nous entamons prudemment le retour, sur un chemin aérien.

C’est une grosse partie du challenge qui nous attend encore. Pas la plus facile car la pente est toujours plus dangereuse et glissante en descente qu’en montée.

Mais le timing n’est pas si serré et nous prenons le temps, non pas de flâner, mais de descendre tout doucement. Les genous sont mis à rude épreuve et une foulure serait synonyme d’évacuation par hélicoptère, il faut mieux éviter !

Dernière vue sur les cîmes…

…avant de plonger vers les alpages puis la forêt par la (toujours très raide) piste nommée Scott Track. Les genous souffrent.

Nous apprenons que la forêt est l’habitat d’altitude du Grand Kiwi tacheté… Mais pour l’entendre, il faut revenir la nuit. Une autre fois !

Seul un Kéa nous accueille…

Peut-être vient-il féliciter les enfants… Mais finalement leurs parents ont presque plus de mal désormais ! Bientôt nous courrons après eux !

Epuisés mais enivrés par la montagne, nous regagnons un camping un peu plus isolé, le Klondike Corner DOC campsite. Le soleil ne nous aura pas épargné ; il faut encore s’en protéger à 18h passées :

La nuit, un kiwi crie dans la forêt. Une entrée en matière réussie dans les grands espaces néo-zéandais… Mais nos jambes et nos corps s’en souviendront un peu trop longtemps !

Kia ora aotearoa ! (Bienvenue en Nouvelle-Zélande !)

Devils’ punchbowl Waterfall, col d’Athur Pass.

Défi sportif australien : l’ascension du Mont Warning (1156 m)

A la recherche de l’Oiseau-lyre dans les parcs nationaux volcaniques de Wollumbine et Border Ranges.

Les massifs montagneux entre Melbourne et Sydney ayant été dévastés par les incendies, la plupart des parcs étaient fermés au public ou d’accès restreint. Nous avons du attendre la dernière semaine pour faire chauffer les mollets sur des pentes abruptes dans les massifs subtropicaux des nouvelles Galles du Sud en bordure de l’état du Queensland. Nous voilà donc aux abords de la conurbation de Gold Coast.

Rappel cartographique

A part une randonnée au Mont Lofty à Adélaïde, nos jambes nous démangeaient car nous n’avons pas croisé de montagnes dignes de ce nom à l’horizon depuis le Népal !

Notre « camp de base » était le Mt Warning Rainforest Park où nous avons « campé » deux jours. S’il était bien occupé le samedi soir, le dimanche était bien plus calme!

Les voisins les plus bruyants étaient les Kookaburas, ces martins pêcheurs très communs et surtout très sonores avec leur rire moqueur…

Kookaburas rieurs

La forêt résonne aussi d’un curieux cri en deux tons. Il s’agit du Flûtiste balancé, en anglais Eastern Whipbird, à l’allure de merle ébouriffé.

Flutiste balancé (c) Greg Miles, Wikipedia commons

La femelle émet un cri, et le mâle répond dans la foulée.

Ecoutez :

Ce camping est le paradis des oiseaux. Plus de 6 espèces de pigeons, autant de perroquets se nourrissent dans les arbres et sur les pelouses.

Je me permets de les présenter car c’est un festival de couleurs et que, durant la randonnée , nous n’avons presque rien observé !

Wompa fruit dove ( Ptilope magnifique )
Pigeon leucomèle
Colombine du Pacifique
Colombine Wonga
Pigeon huppé
Géopélie à nuque rousse (Bar shouldered Dove)

J’observe aussi cette magnifique Ptilope à diadème rose mais hélas seulement en vol…

Festival de couleurs aussi chez les perruches…

Loriquet vert
Perruche à tête pâle – Pale headed Rosella
La discrète perruche royale (King parrot).

Après ces fructueuses observations en soirée et à l’aube, nous levons le camp à 7h30 pour profiter de la fraicheur et entamer l’ascension de ce sommet réputé.

Au parking, désillusion… Beaucoup de monde ! Et le premier sportif a déjà fait l’aller-retour. Il ahane à la fin du sentier, fier de son exploit. Il a dû partir à 4h…

Le sommet du Mont Warning est célèbre pour son lever de Soleil. C’est, du fait de son altitude et de sa position très orientale sur le continent australien, le premier endroit où l’on peut voir le jour se lever sur le continent.

Très populaire, le trek est bondé ce dimanche. Les Brisbanais ou habitants de la ville de Gold Coast viennent faire leur exercice de cardio pour le WE ! Certains sont pied nus, la musique à fond.

La forêt subtropicale est superbe…

…mais reste silencieuse. Trop de monde, malgré l’heure matinale !

Ces forêts accueillent l’Oiseau-lyre d’Albert, beaucoup plus rare que son cousin l’Oiseau-lyre superbe puisqu’il ne vit en Australie que dans quelques forêts de la région volcanique que nous arpentons.

Seuls quelques Tallégalles de Latham (Bush Turkey en anglais : dinde du Bush).

Le sentier est très régulier dans sa pente. Quelques secteurs aventureux…

Peu de passages difficiles mais à 200m de la fin, avec la chaleur déjà forte (33°C), on rigole moins… C’est un véritable mur qui se dresse devant nous. Les enfants trouvent cela plutôt ludique. Un parc d’attraction !

On y est presque !

Il fait très chaud. Difficile de trouver de l’ombre au sommet. Mais miracle, nous sommes (quasi) seuls au sommet ! Les adeptes du lever de soleil sont tous redescendus…

Le panorama s’étend à 360° : Vers l’agglomération de Gold Coast au nord jusqu’à Byron Bay, à l’est. A l’ouest et au sud, la vue porte sur la caldeira volcanique géante qui entoure notre Mont Warning , qui n’est autre que la cheminée magmatique solidifiée de l’ancien volcan bouclier qui s’est ensuite effondré il y a 23 millions d’années.

Le Mont Warning fut nommé ainsi par le Capitaine Cook car c’était un point de repère pour les navires croisant au large du Cap Byron qui les alertait sur un secteur de bancs de sables dangereux pour la navigation.

Les rares bancs sont en plein soleil. Nous pique-niquons à l’ombre à même le sol, avant que les fourmis n’attaquent… Puis c’est à notre tour d’attaquer… la descente, ce qui n’est pas une mince affaire…

De nouveaux sur un sentier plus régulier, il faut néanmoins regarder où on met les pieds… Celui là est passé juste devant les pieds de Romain.

Serpent indéterminé…

800m de dénivelé plus bas, un arbre semble emprisonné par des lianes de type figuier étrangleur. Nous passons vite notre chemin!

Un repos bien mérité nous attend dans l’après midi avec une session piscine au camping!

Parc national des Border Range

Dernière chance pour l’Oiseau-lyre…

Nous quittons le secteur du Wollumbin pour rejoindre les contreforts de l’ancienne caldeira, couverte de forêts pluviales d’une richesse inégalée en Australie. Plus d’un tiers des espèces d’Australie fréquentent ce massif.

Ces forêts font partie d’un ensemble forestier, qui couvre les pentes des monts de la grande chaine orientale australienne entre Sydney et Brisbane. Ces massifs abritent de nombreuses essences d’arbre et de plantes reliques de l’époque où les continents ne formaient qu’un (Gondwana). Elles sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco (Gondwana Rainforests of Australia).

Si on zoome, on reconnait le bel oiseau-lyre sur le logo des parcs nationaux de l’Etat des Nouvelles-Galles du Sud.

Nous nous aventurons dans le parc national avec notre camping car. Un petit excès à nos droits car la piste, non revêtue, nous est normalement interdite et nous ne serons pas couverts par l’assurance en cas de pépin… Prudence !

Nous explorons plusieurs petits sentiers et écoutons les bruits de la nature. Quelques cortèges d’oiseaux forestiers animent le sous-bois, comme ce Siffleur doré.

Golden whistler

Voici aussi le Rhipidure roux (ou Queue en éventail) et le Miro à poitrine jaune.

Nous entendrons quelques notes de l’Oiseau-lyre d’Albert, endémique de ce massifs bordant de la vallée volcanique de Tweed mais hélas il gardera son secret…

De remarquables points de vue sont situés le long de la piste qui traverse les hauteurs du parc de Border Range.

Notre défi de la veille est bien visible au centre de l’ensemble volcanique.

Panorama sur la vallée de Tweed et le Mont Warning en son centre

La chaleur est étouffante ce jour là et nous avons bien fait de choisir la forêt comme abri. Dès que nous la quittons, le thermomètre remonte à près de 37°C et le soir au camping, l’orage s’annonce.

Cela ne décourage pas nos valeureux élèves dans leur salle de classe mobile !

Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurnas en famille, jours 10 à 12

Jour 10 : Repos à Muktinath (3750 m).

Distance : environ 2 km. Dénivelé cumulé : D+ : 200m et D- : 200m. Temps de marche : 1h.

Une journée consacrée au repos après l’étape de la veille. La matinée est consacrée à la visite du temple de Muktinath, qui attire des pèlerins de plusieurs pays, notamment d’Inde. Un véritable business s’est mis en place, dont le seul tronçon de route revêtue de la région, rien que pour acheminer les pèlerins depuis l’aéroport de Jomoson. A l’entrée du village, un cheval prend en charge les plus aisés d’entre eux pour les emmener 2 km plus loin.

Nous allons à pied bien sûr, accompagnés de notre guide Sabin.

Le temple est vénéré à la fois par les hindous et les bouddhistes. Les deux religions sont bien présentes au Népal.

Les pèlerins se purifient en s’aspergeant aux 108 sources d’eau sacrée. Certains passent directement en dessous en courant (car l’eau est très froide), d’autres se mouillent seulement la tête, fontaine par fontaine, avec beaucoup de ferveur.

Cette même eau sert à alimenter en permanence des moulins à prières!

Les croyants allument aussi beaucoup de petites bougies dans l’enceinte du temple.

Nous prenons part au recueillement en pensant à nos proches. Et remercions les cîmes de nous avoir laissé passer tous en bonne santé…

Près de cet endroit, dans un autre temple, Sabin nous montre une source de gaz naturel qui entretient une flamme au niveau d’une source d’eau. Nous entendons et entrevoyons l’eau ruisseler et le feu crépiter dans un même souffle sous terre. Un signe divin selon les pèlerins hindous et bouddhistes qui vénèrent cet endroit.

Bouddha si serein face au village et aux montagnes alentours.

Etant donné le panorama auquel il fait face, quoi de plus normal !

Aux jumelles, nous plongeons dans les pentes verglacées du Dhaulagiri, 7ème plus haut sommet de la planète (8167 m).

Nous sommes tellement détendus que le guide et nous perdons vraisemblablement par ici nos petites clés d’hôtel!… Quelle tête nous ferons en rentrant devant la gérante quand nous nous apercevons que ni nous ni lui ne peut ouvrir son cadenas !…

En fin de journée, notons l’exploit de Sabin qui réussi à emmener les enfants aux jambes endolories au sommet du point du vue dédié au Guru Rimpoche. 150 marches au pas de course pour ne pas manquer le coucher du Soleil…

La nuit sera difficile. Après la gastro d’Olivier, ce sera le tour de Romain.

Jour 11 : Muktinath (3750 m) – Lupra (2790 m) – Vallée de la Kali Gandaki (Marpa).

Distance : environ 10 km. Dénivelé cumulé : D+ : 200 m et D- : 1100 m. Temps de marche : 6h.

Dernier tronçon

Compliqué de repartir dans ces conditions. La descente annoncée se transforme en une montée jusqu’à près de 3900 m… avant de dégringoler vers la vallée sur une pente parfois glissante. Dur dur pour le moral! Le pas est lourd. Le contrecoup des efforts consentis les jours précédents, malgré le jour de repos…

Retour en images sur cette dernière journée…

La montée fatale
Avant le col
Derniers mètres en montée

Un vrai moment de complicité avec guide et porteurs immortalisé par ce selfie…

Puis nous entamons la longue descente vers la vallée de la Kali Gandaki.

Dernière passerelle. La plus longue franchie jusqu’alors

Lupra, enfin… pour la pause déjeuner

Il reste alors 2 kilomètres. En nous retournant, nous apercevons le col franchi l’avant-veille…

La route ! Vers 16 h, nous attendons un hypothétique véhicule (bus, jeep, camion…) pour rejoindre Marpa. Autre option, marcher 4 km encore jusqu’à Jomoson, le vent de face et dans la poussière : Impossible d’en demander plus aux enfants.

Finalement, au bout d’une demi-heure, une jeep nous emmène à l’hôtel « Red Apple » où nous découvrons une chambre confortable et … « moderne »! Le bonheur: « Il y a de l’eau chaude, du papier et des toilettes normales! » s’extasie Romain.

Il est déjà tard et nous n’avons plus le courage de visiter le village de Marpha et son temple tibétain. Notre dîner est agréable et … à base de pommes, cultivées derrière l’établissement. Nous offrons un verre à notre équipe et trinquons à notre réussite. Nous goûtons l’alcool local (cidre ou liqueur de pomme). Notre guide nous fait un discours très émouvant et remercie les enfants pour leur ténacité et leur obéissance, même dans les moments difficiles. Les porteurs nous disent que nous avons été chanceux. Ils évoquent leurs craintes ressenties mais aussi la grande fierté d’avoir emmené si haut, de si jeunes enfants. C’était pour eux une première et ils portaient une grande responsabilité. Au delà de l’exploit sportif, c’était une expérience humaine exceptionnelle à 7.

Jour 12 : Retour en Jeep de Marpa à Pokhara.

Nous partons en jeep à 8h40 après un petit déjeuner gourmand (Momos aux pommes, confiture d’abricots de la vallée, jus de pomme). Le départ précoce est censé permettre d’éviter les fermetures de route dues à des travaux. Mais les bouchons nous font perdre du temps…

Nous arrivons 5 minutes après la fermeture pour 1h30 de l’autoroute du Mustang. Seuls les troupeaux et les randonneurs passent…

Dernières cimes et nous entamons les 10 de piste. La route est littéralement défoncée mais le paysage et la musique font oublier le roulis de la jeep.

Au déjeuner nous avalons un Dal Bat, le plat traditionnel local. Les enfants se font plaisir et mangent « à la népalaise », avec les doigts.

Nous arrivons à la nuit après un dernier tronçon sinueux au dessus du lac de Pokhara, par le raccourci de Sarangkot. La dernière journée n’aura pas été la plus facile…

Nous laissons les enfants conclure cette incroyable aventure par ces deux dessins offerts au guide et à l’agence de Lauren ! (cliquez pour zoomer)

Merci pour être arrivé jusqu’au bout !

Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurnas en famille, jours 8 et 9 : le passage du Col (5416 m).

Jour 8 : Yak Kharka (4050 m) – Thorung Phedi (4525 m).

Distance : environ 8 km. Dénivelé cumulé : D+ : 780m et D- : 300m. Temps de marche : 5h.

A la sortie du village. Toutes les couches d’habits sont de sortie!

Une journée de marche lente sous la neige. Nous avons pris peu de photos car le ciel était gris et nous sommes concentrés sur nos pas.

Dans ce secteur, à près de 4300 m, les chutes de pierre fréquentes inquiètent le guide qui nous demande de rester bien attentifs, voire d’accélérer le pas.

Le sentier se raidit pour passer la rivière Kone Khola, que l’on voit ci-dessous.

Après 2h30, nous apercevons le cirque de Thorung Phedi où nous arrivons vers 14h.

A l’entrée du village, à plus de 4500 m un groupe de perdrix de montagnes nous accueille : ce sont des Tétraogalles du Tibet ! Quel accueil!


Tétraogalle du Tibet
Accentuer rougegorge

Après une bonne soupe à la tomate et des macaronis au fromage, l’heure est à la marche d’acclimatation… La neige a cessé et Sabin motive les enfants en jouant avec eux. En descente, le chemin est glissant. Nous observons un hélicoptère qui cherche à se poser au camp plus haut, le vent souffle fort, c’est impressionnant. En contrebas, nous croisons un couple de Français qui ne se sent pas bien et décide de faire demi-tour pour redescendre vers Manang. Ce sont les larmes aux yeux qu’ils quittent leurs amis. Nous sommes émus de les voir ainsi et nous renforçons notre vigilance.

L’ambiance festive et l’esprit d’équipe aident à souder les troupes avant les derniers efforts !

Notre chambre pour la nuit.

Nous soupons avec deux jeunes Belges qui nous invitent à jouer avec eux. Le « Kingdomino » nous change les idées et plaît aux enfants. Un bon moment. Nous rejoignons la chambre tôt car nous partons le lendemain dans la nuit à 3h30 du matin. Notre guide nous confiera qu’il n’a pas dormi… et nous… presque pas non plus. Nous sommes inquiets. La montagne nous laissera-t-elle passer tous en bonne forme? Nous surveillons la respiration des enfants.

A 1h du matin, la pleine lune éclaire les versants qui nous écrasent. La brume s’est levée laissant apparaître les étoiles : il fera beau demain pour notre ascension !

Jour 9 : Thorung Phedi (4525 m) – Thorung La Pass (5416 m) – Muktinath (3800 m).

Distance : environ 16 km. Dénivelé cumulé : D+ : 950m et D- : 1700m. Temps de marche : 10 h.

Réveil 3h30. Température : -10°C. Comme on dit chez nous « Ca pique un peu« … Surtout après une nuit (quasi) blanche. Nous habillons les enfants, replions les duvets, paquetons les sacs. Une omelette, un thé et nous partons avec la lampe frontale, vers 4h15. Lente montée dans le noir et le froid jusqu’à Thorong High Camp. Les pieds sont gelés, le guide prête une troisième paire de chaussettes aux enfants. Nous essayons de nous réchauffer en buvant un thé.

Le jour s’est levé quand nous quittons le camp.

Nous ne tardons pas à repartir avant que le vent ne se lève.

Malgré cela, Romain a froid et nous prenons une dernière boisson chaude, à 5070 m. Il reste encore 400 m de dénivelé, soit près de 2h, aussi nous prenons la décision qui s’impose : prendre l’aide d’un cheval pour permettre à notre fils de franchir le col en toute sécurité. Sur sa monture, on lui rajoute encore un manteau et une couverture!

Le lever du Soleil derrière les crêtes nous réchauffe, nous repartons très lentement.

Toujours concentrés vers l’objectif!

5200 m. Le souffle est court. Il faut boire de l’eau chaude, manger des sucres rapides, des fruits secs…

Nous ne pouvons suivre le pas du cheval qui partira en éclaireur. Romain sera donc le premier au col ! Les derniers kilomètres se déroulent dans le silence. Le guide est aux petits soins pour nous aider à avancer, jusqu’à nous donner quelques biscuits pour garder la forme!

Voici l’échancrure du col de Thorung La. Enfin!

Nous ne pouvons retenir quelques larmes de joie et de soulagement. L’émotion est trop forte d’avoir accompli ensemble ce challenge. Et puis… c’est tellement beau. Les sommets sont envoûtants.

Noémie a été héroïque aussi. Elle serait bien montée elle aussi sur un cheval!… Mais grâce à son mental, sa condition physique et les conseils de Sabin, elle a relevé le défi !

Thorung La Pass. 5416 m !

Photo d’usage au col. Merci Sabin !

Romain remercie son cheval qui redescend vers la vallée. Il s’appelait « Piké ».

Merci Piké

Dernières photos: BRAVO les enfants !

La descente est interminable. Très vite, la neige disparait. Il fait beaucoup plus sec de ce côté du col : nous pénétrons dans l’ancien Royaume du Mustang, pays de terres désolées entre Népal et Tibet.

Plus de 1600 m de dénivelé avalés en plus de 5 heures, déjeuner compris. La descente est difficile. Maux de ventre.

Nous arrivons à Muktinath vers 16h40… Soit 12h après être partis.

Drapeaux de prières derrière le temple de Muktinath
Muktinath

Difficile de décrire la joie et le soulagement d’être arrivés, mais croyez-le ou pas, nous sommes rendus à l’hôtel épuisés…

Suite en fin dans un prochain épisode !

Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurnas en famille, jours 4 à 7.

Jour 4 : Upper Pisang (3270 m) – Ngawal (3660 m).

Distance : environ 9 km. Dénivelé cumulé : D+ : 600m et D- : 200m. Temps de marche : 5h.

En route vers Ngawal !

Le lever de soleil nous offre notre premier panorama sur les cîmes des Annapurna III et le Langjung Himal.

Sur le toit du lodge.

Le petit déjeuner est composé invariablement de thé noir sucré ou au citron. Nous sommes passés à un « régime » davantage protéiné (surtout pour Romain) avec des oeufs le matin, essentiellement sous forme d’omelette accompagnée de pain tibétain, de toasts, ou de chapatis. Parfois nous dégustons aussi du muesli avec des morceaux de pommes et du lait de yak chaud et sucré.

Il ne fait pas chaud… Le poêle à bois n’est allumé que le soir dans la grande salle.
La vue nous enchante dès le matin et nous encourage pour partir à 7h15.

Notre petit refuge est animé. Seule les hautes saisons (septembre-novembre et mars-avril) sont vraiment fréquentées. Le reste de l’année, personne ne passe… C’est le temps de faire de menus travaux notamment dans les champs. La plupart des ‘lodges’ sont des affaires familiales. C’est l’occasion de croiser des enfants du pays aux frimousses adorables…

Le village d’Upper Pisang bénéficie d’une vue panoramique sur les premiers sommets de la chaine des Annapurnas. Cette vue nous accompagnera durant cette rude et courte journée.

Notre équipée se met en route vers le village de Ghyaru. L’automne est bien là. Fraicheur, buissons parés de rouille, neige fraiche sur les massifs en deçà de 4200 m environ. Le début du sentier se déroule en balcon et comporte plusieurs murs de prières.

Les maisons de Lower Pisang

La pente se durcit réellement durant 2 km. Pas encore acclimatés, notre pas est lourd et notre souffle court. Nous croisons et recroisons les mêmes groupes de randonneurs. Finalement, nous avançons au même rythme que la plupart des trekkeurs… Et échangeons des encouragements bienvenus.

Les cîmes se couvrent. La main du guide aide Romain à avancer dans l’immensité de la vallée, avec un passage à plus de 3750m.

Le paysage se fait plus sec. C’est le royaume des Yaks et du Gypaète barbu.

L’arrivée à Ngalwag (prononcez Nalwag) est un émerveillement. Le village fait face aux sommets et accueille de grands troupeaux de yaks. Un temple tout juste construit domine la ville.

Nous n’aurons pas le courage d’y monter après le déjeuner pour une marche d’acclimatation car le vent souffle fort et il fait très froid. Nous le regretterons plus tard avec un petit mal de tête pour dormir. Il est en effet conseillé de prendre de l’altitude avant de redescendre pour habituer progressivement son organisme à une pression moins élevée.

Premier prix de cuisine : La meilleure tarte aux pommes de la vallée préparée juste pour nous ! De quoi reprendre des forces pour la suite.

Jour 5 : Ngawal (3660 m) – Manang (3570 m).

Distance : environ 11 km. Dénivelé cumulé : D+ : 350m et D- : 400m. Temps de marche : 7 h.

6h15 : départ pour la balade d’acclimatation que nous avons manquée la veille. Le soleil se lève mais ne chauffe pas encore le village. Le réveil est difficile pour tout le monde. Romain a mis ses deux doudounes et ses deux paires de gants mais il a froid aux pieds!…

Après un petit-déjeuner qui nous réchauffe, nous partons sur la route de Manang. Afin d’éviter la piste poussiéreuse, nous flânons sur un chemin plus sauvage, surplombant la vallée, à peine plus long. Ce tronçon est un des plus beaux du trek. Grisés par l’air pur, les enfants marchent, insouciants.

Nous redescendons vers la vallée glaciaire. Le vent se lève. Après la pause déjeuner à Bharka, magnifique village de pierre, nous atteignons enfin le célèbre village de Manang après avoir laissé passer un troupeau de yak.

Nous dormirons deux nuits au Gangapurna hôtel.

Jour 6 : Randonnée d’acclimatation : Point de vue au dessus de Manang (3856 m).

Distance : environ 4 km. Dénivelé cumulé : D+ : 420 m et D- : 420m. Temps de marche : 3h.

Après une bonne nuit dans notre chambre familiale, nous attaquons la montée pour nous acclimater avant le repos de l’après-midi. Le temps est superbe et nous savourons notre liberté dans ces fascinantes montagnes.

Le lac de moraines glaciaires de Gangapurna (7455 m) coule au pied du sommet du même nom. La montagne écrase la vallée, 4000 m plus haut.

Le fond de la vallée de Manang nous attend pour le lendemain
« Balade » d’acclimatation à 3700 m, en toile de fond, le village de Manang.
Sabin et Romain devant le Gangapurna
Nos porteurs et compagnons de route Mahila et Sahila
Le sommet du Gangapurna et son glacier
Un passager clandestin

Nous atteignons 3850 m, un nouveau record pour les enfants et une nouvelle étape dans l’acclimation aux hautes altitudes.

Le soir, nous profitons de quelques moments de détente avec notre guide et ami Sabin.

Le UNO, jeu international
Rédaction des cahiers d’aventuriers

L’appétit est bon, le sommeil aussi, le moral au beau fixe : le lendemain, une longue étape nous attend avec la remontée vers le Nord en direction de Ledar.

Jour 7 : Manang (3570 m) – Yak Kharka (4050 m).

Distance : environ 14 km. Dénivelé cumulé : D+ : 1000 m et D- : 500 m. Temps de marche : 7 h.

Après Manang, nous entrons dans le vif du sujet. Plus aucun véhicule tout terrain ne peut atteindre ce secteur. C’est à pied ou à cheval ! Du coup, en l’absence de danger sur les routes, les animaux en peluche sont de sortie…

Le temps est gris. Nous convoquons les dieux tibétains pour qu’ils nous laissent passer…

La partie du trek après Manang aura de loin été la plus riche en vie sauvage. Pas de léopard des neiges, bien sûr, mais des Mouflons Bharal (Blue Sheep) et plusieurs espèces d’oiseaux des hautes altitudes dans les derniers buissons.

Bharal ou Mouflon bleu

La meilleure surprise sera, à près de 4000 m, l’irruption de ce petit passereau plutôt rare au bord du chemin. Il était là rien que pour nous et pour justifier le port d’un lourd téléobjectif durant tous ces kilomètres… Une merveille de la nature, délicieusement mauve et orangée, deux couleurs complémentaires. Quelle classe!

Mésange de Sophie

D’autres oiseaux plutôt colorés égaient ce matin assez gris au-dessus de Manang.

Garrulaxe varié
Perdrix Chukar

Les obsrêveurs sont aux aguêts. Totalement improbable…, et si…, là-haut, un léopard des neiges affutait les mouflons…

Pigeon des neiges

A défaut de léopard… le Pigeon des neiges est bien nommé. Après 3 heures de marche, les premiers flocons apparaissent. Ce n’est pas de bonne augure. Des chutes de neiges trop fournies pourraient compromettre le passage en haute altitude.

En route vers les cîmes enneigées
Pause thé chaud avant 4000 m. On a résisté aux gâteaux sous notre nez!

En fin de matinée, la neige se poursuit, mais elle ne tient pas sur le chemin.

Nous passons le cap symbolique des 4000 m peu avant midi. Au restaurant de Yak Kharka, Noémie n’a pas d’appétit et a un coup de fatigue. Préférant la prudence – le manque d’appétit pouvant provenir du mal des montagnes- le guide décide qu’on ne dormira pas plus haut : nous nous installons dans le village, dans cet hôtel. La maison des rêves !

Yak Kharka vu d’en haut

Il faudra attendre un peu pour faire la sieste : après manger, Noémie se sentant mieux, nous poursuivons le « programme » d’acclimatation : 1/2 h de montée jusqu’à 4200 m. Beaucoup boire… Et toujours la soupe à l’ail le soir… Censée améliorer la circulation sanguine. On ne relâche rien sur la concentration et la préparation physiologique!

La potion magique!

Pour être sûr que les enfants prennent de bonnes portions, nous commandons des pommes de terre avec du thon. Ce soir-là, c’était vraiment très simple: « Boiled potatoes »… à éplucher soi-même. Très rustique !!!

Corvée de patates!

La nuit est bonne. C’était une sage décision de s’arrêter ici. Nous rêvons de cimes enneigées… mais pas trop !

Le lendemain, nous attaquerons les deux plus hautes étapes ! Pas à pas… Les petits pas font les grandes randonnées » comme dirait leur Mamie.


Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurna en famille, jours 1 à 3

Nous avons préparé et prémédité ce long trek durant un an. Nous avons revu nos objectifs plusieurs fois, envisageant au départ de rejoindre un point du vue au pied du Mont Everest. Mais la sagesse, ainsi que les difficultés récentes de rejoindre l’aéroport de Luklha, nous ont fait opter pour ce circuit très populaire mais toujours grandiose du (petit) tour des Annapurnas.

« Petit  » tour car non complet (le circuit complet compte 30 jours, ce qui est trop long, et emprunte trop souvent des pistes 4×4), mais la difficulté principale est là : pour boucler le circuit, il faut franchir un col à plus de 5400 m dans une journée dantesque, après avoir marché près de 75 km auparavant dont 50 à plus de 3000 m.

Partir si longtemps et si haut avec des enfants n’est pas sans risques. C’est une longue préparation technique en amont : matériel de haute altitude, choix du parcours, organisation avec l’agence, … mais aussi une préparation psychologique, et dans un second temps seulement, paradoxalement, sportive.

Essai de bonnets dans une boutique de trekking. On a trouvé le tigre !

On lira parfois qu’il ne faut pas emmener des enfants si hauts. Mais l’acclimatation et ses règles sont les mêmes pour parents et enfants.

Comme l’an passé, nous avons fait confiance à l’agence NepalaYak pour son sérieux, la personnalisation des treks et la gentillesse de sa gérante Lauren. C’est aussi un réel plaisir de retrouver notre guide Sabin. Attentionné, positif et énergique, il nous accompagnera avec les enfants, cette fois-ci, dans cette nouvelle aventure.

Jour 1 : Transfert en Bus et Jeep vers Dharapani

Le premier jour n’est pas un jour de marche mais une épreuve à part entière pour les organismes.

Lever 5h30, départ en bus local minibus de Pokhara vers Besisahar (800 m), porte d’entrée de la vallée du Marsyangdi et du nord du massif des Annapurnas. Les routes au Népal sont mauvaises et les dos sont mis à rude épreuve.

Petite heure d’école après le déjeuner en attendant notre guide.

Nous avons rendez-vous avec notre guide Sabin après le déjeuner et une courte session d’école. (On ne lâche rien !) En effet, les jours suivants seront moins studieux car il faudra se concentrer sur d’autres objectifs.

Une jeep nous emmène 1000 m plus haut en remontant la vallée encaissée. La piste est défoncée et parfois vertigineuse. A chaque mousson, elle doit être refaite. C’est une route très dangereuse, souvent théâtre de drames comme le montrent certaines carcasses en contrebas.

Nous franchissons la porte d’entrée de la réserve naturelle des Annapurnas, l’ACA où nous montrons nos permis de trek.

La liste des animaux qui la fréquente fait rêver. Mais la plupart sont très difficiles à observer…

Nous arrivons à Dharapani après 4h30 de bus et 4h de jeep. Voici notre « lodge » à Dharapani. Les petites souris épargneront notre fromage de Yak durant la nuit ! Ouf!

Les toilettes sont à la turc et eau froide pour la douche.

Après le repas du soir, démarrage de la préparation mentale avec Sabin. « We could do it together« …

Jour 2 : Dharapani (1860 m) – Chame (2670m).

Distance : environ 16 km. Dénivelé cumulé : 1100m. Temps de marche : 6h30.

Le parcours de l’étape, scanné sur une carte achetée l’an passé

Première étape de fond de vallée, et premières promesses de cîmes immaculées, là-bas au fond. Nous traversons plusieurs villages. Les kilomètres s’enchainent.

Première face nord du massif des Annapurnas

Le paysage est majoritairement forestier. Nous prenons notre temps. Les ânes nous doublent tranquillement.

Après quelques heures, les sommets se dégagent derrière nous. Dans les champs, les tas de bois sont prêts pour l’hiver qui s’annonce.

Au téléobjectif… fascinantes montagnes…

Sur le début du trek, le chemin partage la piste avec les véhicules tout terrain, sauf en de rares endroits où les raccourcis sont plutôt raides…

… ou nécessitent une assistance !

C’est l’aventure!

A l’arrivée à Chame en fin d’après-midi, le soleil est déjà derrière les crêtes.

Le resserrement de Chame
La porte d’entrée du village de Chame, centre administratif de la vallée

Noémie se fait une petite place au chaud près de la cuisinière qui l’a autorisée à rester près du feu !

Lecture au coin du feu

Notre halte n’est pourtant pas des plus reposantes ce soir-là: nuit bruyante, repas décevant. La poivrière a dû tomber dans notre soupe durant sa préparation! Le serveur nous dit que c’est bon pour nous, « cela réchauffe et c’est bon pour l’altitude »… Foutaises!…

Jour 3 : Chame (2670m) – Upper Pisang (3270m), distance : 13,7 km. 6h.

Topo de l’étape 2

Nous titillons les hautes altitudes avec cette deuxième étape, mais dans l’Himalaya, 3000m est encore une altitude de fond de vallée et de forêts de feuillus ! L’itinéraire emprunte encore de nombreuses portions de piste. Depuis une dizaine d’années, la haute vallée se parcourt jusqu’à Manang en moto ou jeep. Le paysage se modernise et le sentier se confond au début avec une piste poussiéreuse. La vallée devient moins sauvage. Il faudra veiller à reconstruire les sentiers « avalés » par la piste pour maintenir l’économie touristique.

Les nombreuses passerelles, comme celle de la sortie de Chame, sont toujours un plaisir à traverser. C’est une rupture dans les kilomètres parfois monotones.

Derrière, le sommet Annapurna III à 7555 m d’altitude
Une oeuvre d’art bouddhiste rappelant que Bouddha serait né au Népal, à Lumbini.

Les kilomètres défilent entre passerelles, forêts aux splendides couleurs d’automne et falaises abruptes.

A la pause, les enfants découvrent le snack préféré des népalais, les nouilles chinoises…crues !

Mais la pause la plus agréable sera celle de la fabrique de jus de pomme en pleine vallée, après une traversée de vergers qui profitent de la fraicheur des nuits et de la chaleur réverbérée par une grande falaise.

Les vergers de pommes de Bhatang

Nous sommes très concentrés sur notre régime alimentaire surtout depuis l’Inde où Romain avait eu des petits problèmes intestinaux et avait un peu maigri. Les pommes, c’est bon pour le ventre!

Nous dégustons un thé, des pommes offertes aux enfants, un délicieux jus de pomme frais et un gâteau au chocolat. C’est un régal car les fruits frais sont très rares depuis notre départ.

Après la rencontre avec une Française qui nous donne des conseils expérimentés (ci-dessous, en noir), nous opterons chaque soir pour la soupe d’ail en entrée car cela stimule la circulation du sang. Et ça c’est vrai!

« Le sport pour vaincre » : merci pour les conseils prodigués !

Requinqués, nous terminons les six derniers kilomètres à la lumière du soir, dans des alpages boisés aux couleurs de l’automne. Le ciel est un peu couvert. Il faudra attendre le lendemain pour revoir les sommets.

Ce soir-là, nous dormons à 3270 m. Première nuit en altitude ! Nous sortons enfin les duvets de plume loués à Pokhara. Ils sont prévus pour des températures de -20°C. Sûrement un peu moins en réalité, mais suffisant pour notre expédition.

Chaque soir, nous consignons nos récits dans nos cahiers d’aventuriers.
Noémie lit : »La rivière à l’envers » de Jean-Claude Mourlevat comme ses camarades de CM2.
Lavage des dents : trois minutes! Notre salle de bains est privée : un luxe que nous apprécions.

Nous nous endormons en rêvant de sommets enneigés.

« I don’t need easy. I just need possible » Bethany Hamilton.

Défi sportif en Namibie : « Big daddy », la plus haute dune du monde

Notre voyage est une occasion de découvrir les milieux naturels préservés tout autour de la planète, pour autant nous n’oublions pas la dimension culturelle et aussi sportive. Nous nous sommes donné pour objectif d’accomplir un défi sportif (au moins!) par pays.

Notre choix sportif s’est porté sur l’ascension de « la Big Daddy », considérée comme une des plus grandes dunes du monde.

Nous nous installons à Sesriem, porte d’entrée du désert dans le Parc national de Namib Naukluft. Nous avons réservé pour pouvoir être installés aux portes de la vallée menant à Sossusvlei, site emblématique de la Namibie.

Préparatifs au camping de Sesriem

Le camping ouvre ses portes sur la route des dunes à 6h30 alors qu’il fait encore nuit. Ce matin là, nous nous réveillons à 5h30 dans le froid (8°C) pour préparer les affaires, replier les tentes et être prêts à l’heure. Nous voulons profiter des lumières de l’aube et nous motivons les enfants à se lever. Ils termineront leur nuit en pyjama dans la voiture…

Lever de soleil sur la « vallée » menant à Sossusvlei

Nous roulons 60 km avant d’arriver sur le site.

Premiers pas dans le sable

A notre arrivée, les enfants courent dans le sable. Progressivement, les pas se font plus réguliers et plus lourds.

Après une heure en équilibristes sur l’arête de la dune, nous savourons notre petit-déjeuner (pain de mie, pâte à tartiner et jus de goyave) face à l’immensité du désert.

A l’est, le Soleil n’a pas encore atteint la face cachée des dunes.

A l’ouest, nous admirons la vue sur le salar argileux de Sossusvlei


Peu après, deux Oryx descendent la pente de la grande dune. Leur traversée de la plaine d’argile justifie le transport d’un réflex et d’un zoom pesant, pour quelques photos graphiques.

La dernière montée est vraiment difficile. La pente est sévère, les pas s’enfoncent et le vent souffle le sable dans les yeux.

Seule face à la Dune

L’arrivée au sommet est une délivrance. Les adultes souffrent autant que les enfants, mais quelle récompense! Des dunes à perte de vue et la fierté de s’être dépassés. C’est l’exaltation !

Panorama au sommet

En descente, les enfants veulent courir ! Ils entendent la dune crisser à chaque déplacement.  C’est l’euphorie générale. 

210 m de pente dans le sable. Pur bonheur !

En bas, nous constatons les dénivelés avalés et parcourons le sol dur et argileux du salin avec ses arbres morts si photogéniques, mondialement connus.

La pente géante. Altitude de la base : 600m. Sommet : 807m.

En bas de la dune, nous rencontrons peu d’animaux mais de petits insectes et leurs prédateurs…

Le tokie tokie, coléoptère araignée

Méfiant, il est la proie de la rare Alouette des dunes, endémique au sud du désert du Namib, mais aussi de l’Alouette moineau.

Alouette des Dunes
Alouette moineau

Partis à 7h45, nous auront mis, avec un rythme volontairement lent et contemplatifs, près de 2H45 avant d’admirer la vue. Puis une heure encore pour dévaler la pente et profiter du désert argileux.

Mardi Himal trek : première découverte du Népal

Découvrir le Népal

 

Avant d’emmener nos enfants au Népal, nous décidons de découvrir le pays à deux à l’occasion de nos 10 ans de mariage. Connaître le pays, ses habitudes alimentaires, la difficulté des sentiers nous rassurera pour leur faire découvrir ensuite ce pays attachant.

Pour ce premier trek, nous sommes passés par l’agence Nepalayak, très professionnelle, tenue par un couple franco-népalais que l’on recommande chaudement ! L’avantage était, sur une durée aussi courte (14 jours), de ne pas perdre de temps à éditer les permis de trek, trouver un guide, un porteur…

S’accompagner des services d’un guide local permet de partager cette randonnée avec des népalais, de pouvoir échanger avec eux et de mieux comprendre ce pays. Nous ne regrettons pas!

C’est donc avec Sabin, jeune guide plein d’énergie de 26 ans et Rabi, porteur de la vallée de Siding, que nous partirons à l’assaut des pentes du Machapuchare.

L’aiguille du Machapuchare (au fond, au centre) et les cimes des Annapurnas depuis Pokhara

Un trek engagé au pied de la montagne sacrée

Le Machapuchare, malgré son nom, n’est pas une montagne du Pérou mais bel et bien un sommet sacré du Népal culminant à 6993 m. Malgré sa hauteur, elle est  1000m en deçà du point culminant du massif des Annapurnas (8041m), dont elle est la montagne le plus méridionale.

Aussi appelée « Fish tail » – queue de poisson, en raison de sa forme bifide qu’on peut observer depuis la crête du Mardi Himal, le Machapuchare est une montagne sacrée.

Le sommet du « Fish Tail » en forme de queue de poisson

Ce statut de montagne sacrée lui confère l’inviolabilité puisqu ‘aucun permis n’est accordé pour gravir ses arêtes. Le Machapuchare est réputé n’avoir jamais été gravi. L’unique tentative répertoriée fut celle d’une équipe britannique en 1957qui arriva jusqu’à 50 mètres du sommet, mais s’arrêtèrent alors comme ils l’avaient promis. Après cela, la montagne fut déclarée sacrée et interdite aux grimpeurs.

Nous partons de Pokhara au petit matin. La balade en bateau (5$) sera pour plus tard…

Lac de Pokhara

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