Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurna en famille, jours 1 à 3

Nous avons préparé et prémédité ce long trek durant un an. Nous avons revu nos objectifs plusieurs fois, envisageant au départ de rejoindre un point du vue au pied du Mont Everest. Mais la sagesse, ainsi que les difficultés récentes de rejoindre l’aéroport de Luklha, nous ont fait opter pour ce circuit très populaire mais toujours grandiose du (petit) tour des Annapurnas.

« Petit  » tour car non complet (le circuit complet compte 30 jours, ce qui est trop long, et emprunte trop souvent des pistes 4×4), mais la difficulté principale est là : pour boucler le circuit, il faut franchir un col à plus de 5400 m dans une journée dantesque, après avoir marché près de 75 km auparavant dont 50 à plus de 3000 m.

Partir si longtemps et si haut avec des enfants n’est pas sans risques. C’est une longue préparation technique en amont : matériel de haute altitude, choix du parcours, organisation avec l’agence, … mais aussi une préparation psychologique, et dans un second temps seulement, paradoxalement, sportive.

Essai de bonnets dans une boutique de trekking. On a trouvé le tigre !

On lira parfois qu’il ne faut pas emmener des enfants si hauts. Mais l’acclimatation et ses règles sont les mêmes pour parents et enfants.

Comme l’an passé, nous avons fait confiance à l’agence NepalaYak pour son sérieux, la personnalisation des treks et la gentillesse de sa gérante Lauren. C’est aussi un réel plaisir de retrouver notre guide Sabin. Attentionné, positif et énergique, il nous accompagnera avec les enfants, cette fois-ci, dans cette nouvelle aventure.

Jour 1 : Transfert en Bus et Jeep vers Dharapani

Le premier jour n’est pas un jour de marche mais une épreuve à part entière pour les organismes.

Lever 5h30, départ en bus local minibus de Pokhara vers Besisahar (800 m), porte d’entrée de la vallée du Marsyangdi et du nord du massif des Annapurnas. Les routes au Népal sont mauvaises et les dos sont mis à rude épreuve.

Petite heure d’école après le déjeuner en attendant notre guide.

Nous avons rendez-vous avec notre guide Sabin après le déjeuner et une courte session d’école. (On ne lâche rien !) En effet, les jours suivants seront moins studieux car il faudra se concentrer sur d’autres objectifs.

Une jeep nous emmène 1000 m plus haut en remontant la vallée encaissée. La piste est défoncée et parfois vertigineuse. A chaque mousson, elle doit être refaite. C’est une route très dangereuse, souvent théâtre de drames comme le montrent certaines carcasses en contrebas.

Nous franchissons la porte d’entrée de la réserve naturelle des Annapurnas, l’ACA où nous montrons nos permis de trek.

La liste des animaux qui la fréquente fait rêver. Mais la plupart sont très difficiles à observer…

Nous arrivons à Dharapani après 4h30 de bus et 4h de jeep. Voici notre « lodge » à Dharapani. Les petites souris épargneront notre fromage de Yak durant la nuit ! Ouf!

Les toilettes sont à la turc et eau froide pour la douche.

Après le repas du soir, démarrage de la préparation mentale avec Sabin. « We could do it together« …

Jour 2 : Dharapani (1860 m) – Chame (2670m).

Distance : environ 16 km. Dénivelé cumulé : 1100m. Temps de marche : 6h30.

Le parcours de l’étape, scanné sur une carte achetée l’an passé

Première étape de fond de vallée, et premières promesses de cîmes immaculées, là-bas au fond. Nous traversons plusieurs villages. Les kilomètres s’enchainent.

Première face nord du massif des Annapurnas

Le paysage est majoritairement forestier. Nous prenons notre temps. Les ânes nous doublent tranquillement.

Après quelques heures, les sommets se dégagent derrière nous. Dans les champs, les tas de bois sont prêts pour l’hiver qui s’annonce.

Au téléobjectif… fascinantes montagnes…

Sur le début du trek, le chemin partage la piste avec les véhicules tout terrain, sauf en de rares endroits où les raccourcis sont plutôt raides…

… ou nécessitent une assistance !

C’est l’aventure!

A l’arrivée à Chame en fin d’après-midi, le soleil est déjà derrière les crêtes.

Le resserrement de Chame
La porte d’entrée du village de Chame, centre administratif de la vallée

Noémie se fait une petite place au chaud près de la cuisinière qui l’a autorisée à rester près du feu !

Lecture au coin du feu

Notre halte n’est pourtant pas des plus reposantes ce soir-là: nuit bruyante, repas décevant. La poivrière a dû tomber dans notre soupe durant sa préparation! Le serveur nous dit que c’est bon pour nous, « cela réchauffe et c’est bon pour l’altitude »… Foutaises!…

Jour 3 : Chame (2670m) – Upper Pisang (3270m), distance : 13,7 km. 6h.

Topo de l’étape 2

Nous titillons les hautes altitudes avec cette deuxième étape, mais dans l’Himalaya, 3000m est encore une altitude de fond de vallée et de forêts de feuillus ! L’itinéraire emprunte encore de nombreuses portions de piste. Depuis une dizaine d’années, la haute vallée se parcourt jusqu’à Manang en moto ou jeep. Le paysage se modernise et le sentier se confond au début avec une piste poussiéreuse. La vallée devient moins sauvage. Il faudra veiller à reconstruire les sentiers « avalés » par la piste pour maintenir l’économie touristique.

Les nombreuses passerelles, comme celle de la sortie de Chame, sont toujours un plaisir à traverser. C’est une rupture dans les kilomètres parfois monotones.

Derrière, le sommet Annapurna III à 7555 m d’altitude
Une oeuvre d’art bouddhiste rappelant que Bouddha serait né au Népal, à Lumbini.

Les kilomètres défilent entre passerelles, forêts aux splendides couleurs d’automne et falaises abruptes.

A la pause, les enfants découvrent le snack préféré des népalais, les nouilles chinoises…crues !

Mais la pause la plus agréable sera celle de la fabrique de jus de pomme en pleine vallée, après une traversée de vergers qui profitent de la fraicheur des nuits et de la chaleur réverbérée par une grande falaise.

Les vergers de pommes de Bhatang

Nous sommes très concentrés sur notre régime alimentaire surtout depuis l’Inde où Romain avait eu des petits problèmes intestinaux et avait un peu maigri. Les pommes, c’est bon pour le ventre!

Nous dégustons un thé, des pommes offertes aux enfants, un délicieux jus de pomme frais et un gâteau au chocolat. C’est un régal car les fruits frais sont très rares depuis notre départ.

Après la rencontre avec une Française qui nous donne des conseils expérimentés (ci-dessous, en noir), nous opterons chaque soir pour la soupe d’ail en entrée car cela stimule la circulation du sang. Et ça c’est vrai!

« Le sport pour vaincre » : merci pour les conseils prodigués !

Requinqués, nous terminons les six derniers kilomètres à la lumière du soir, dans des alpages boisés aux couleurs de l’automne. Le ciel est un peu couvert. Il faudra attendre le lendemain pour revoir les sommets.

Ce soir-là, nous dormons à 3270 m. Première nuit en altitude ! Nous sortons enfin les duvets de plume loués à Pokhara. Ils sont prévus pour des températures de -20°C. Sûrement un peu moins en réalité, mais suffisant pour notre expédition.

Chaque soir, nous consignons nos récits dans nos cahiers d’aventuriers.
Noémie lit : »La rivière à l’envers » de Jean-Claude Mourlevat comme ses camarades de CM2.
Lavage des dents : trois minutes! Notre salle de bains est privée : un luxe que nous apprécions.

Nous nous endormons en rêvant de sommets enneigés.

« I don’t need easy. I just need possible » Bethany Hamilton.

9 réponses sur “Challenge sportif au Népal : le tour des Annapurna en famille, jours 1 à 3”

  1. Quelle belle découverte du Népal, des beautés du parc national à la recherche du tigre à celles des hauts sommets. Bravo à tous ! Et mention spéciale à Romain et Noémie pour tous ces kilomètres parcouru. Mais si je ne me trompe pas… ce n’est que le début de l’aventure vers les hauts sommets ! On vous embrasse en attendant la suite😉.

  2. Vous êtes super ! j’admire plus particulièrement les enfants. L’altitude ça ne doit pas être évident !
    Bon courage pour la suite
    J’attends d’autres images avec impatience !

    Bisous à vous 4

  3. Waouh le bleu de la rivière!
    Grandiose…
    Je n’aurais pas aimé non plus conduire la jeep, ni être un des vélos croisés, d’ailleurs.
    Surprenant de se dire que 3000m, c’est fond de vallée. Ahem. 🙂

    Merci pour ces partages en tout cas, c’est un régal!

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