Attention, routes dangereuses… pour qui les traverse !

C’est bien connu, les routes sont dangereuses pour ceux qui les empruntent… Mais le risque ne se limite pas aux automobilistes. Des millions d’animaux meurent chaque année de collision routière. Un appel à lever le pied, aux conséquences positives pour la faune, la consommation de carburant et la contemplation du paysage !

« DRIVE CAREFULLY »

Selon les pays, ces panneaux visent à protéger des accidents de la route mais aussi parfois à éviter la mortalité de populations d’animaux localisées et vulnérables comme les Kiwis…

Levons le pied, donc, et partons découvrir la faune des antipodes grâce aux panneaux de signalisation !

Afrique

Namibie

Notre premier panneau sera celui du plus gros de nos mammifères terrestres. A coup sur il faut éviter la collision ! Nous sommes sur l’unique route qui traverse la bande de Caprivi.

On y roule assez vite car il y a peu de logements et plus de 300 km à parcourir entre deux campings, mais il faut souvent freiner pour observer les animaux au bord des routes… et parfois « pour de vrai »… un couple d’éléphants qui traverse…

Dans le parc national d’Etosha, il y a tellement d’animaux que les panneaux seraient nécessaires tous les 200 m, aussi la vitesse est-elle limitée à 50 km/h. Mais de toutes façons, les visiteurs sont là pour observer les animaux, donc on roule doucement !

En revanche, dans le parc national du Namib Naukluft, il n’y a pas toujours de barbelés certains animaux vivent « vraiment » en liberté. Les 4×4 roulent vite (80 km/h) et les panneaux préviennent des animaux les plus fréquents…

Malgré ce panneau vu quelques heures avant, nous croyons à une fausse girafe tellement celle-ci était immobile au bord de la route.

Les zèbres restent sur le bas côté…

Les Oryx aussi.

Afrique du Sud

L’Afrique du Sud offre aussi son lot de panneaux exotiques…

Ce serait dommage d’écraser une Tortue anguleuse, dans le Fynbos (maquis) au Cap de bonne espérance,

Et encore plus de démarrer alors qu’un Manchot du Cap profite de l’ombre du carter !

Attention également aux petits singes chapardeurs qui trainent sur le bas-coté.

Paradoxalement, le panneau le plus inattendu est bien celui-ci, probablement unique sur le contient africain ! Attention à la neige et à la glace !

Cela ne semble pas inutile au mois de juin sur les cols du Lesotho !

© http://motebong.com/

Effectivement ce pays comporte les plus hauts cols d’Afrique dont celui de Mafika Lisiu, à plus de 3090 m d’altitude.

© VisitLesotho

Nous y étions heureusement en septembre, il y a juste 1 an, et la roue était bien sèche.

Bien plus à l’est, dans le Kwazulu Natal, il faut se méfier des hippopotames qui rôdent le soir à Ste Lucie pour brouter les pelouses ou les bas-cotés…

A l’approche des réserves de Hluhluwe et Imfolozi, on sent qu’il y a beaucoup d’animaux…

Et une fois à l’intérieur du parc, on hésite à sortir de sa voiture pour aller sur le coin pique-nique aménagé !

Quand à la baignade à Ste Lucie, on repassera !

La bonne nouvelle, c’est que nous n’avons rien écrasé, pas même le rare bousier inapte au vol du parc Addo Eléphant, le flightless dung beetle !

Stop !

Asie

En Inde, les animaux ont chez eux sur la route, en particulier les vaches sacrées bien sur. Tout le monde freine pour les éviter… Petit rappel du bestiaire des routes indiennes sur http://obsreveurs.fr/index.php/2019/11/06/incroyables-routes-indiennes/

.

Peu de panneaux sur ce continent… Les routes traversant le parc national de Khao Yai au nord-est de Bangkok sont celles qui portaient le plus d’attention aux risques de collision, car il est très fréquenté.

Nous avons en vain cherché les éléphants d’Asie malgré l’heure crépusculaire. Il faudra revenir !

Océanie

Australie

L’Australie est la championne des panneaux… mais aussi des animaux écrasés. La collision avec un kangourou est la première cause d’accident de la route dans le pays… et aussi la première cause de mortalité de l’espèce, qui se porte néanmoins déjà (trop) bien car les Kangouroux gris adorent les pelouses bien arrosées que l’homme entretient dans les faubourgs… Plusieurs centaines de milliers de Kangourous périssent sur les routes. Âmes sensibles…

Ce panneau est sans surprise l’un des plus abondants dans le pays.

Il est parfois associé à d’autres avertissements, comme celui de la présence d’Emeus dans les parages…

Une des premières cause de mortalité des Koalas est aussi malheureusement la rencontre avec un véhicule, car ils sont plutôt lents à traverser la route.

Nous n’avons vu ni le Wombat, ni ce panneau mais il est vraiment mignon alors je l’emprunte à nos amis Jeanne et Laurent qui l’ont pris un mois après nous 😉

© les Chips

Les australiens souhaitent aussi protéger les canards, même communs, qui peuvent traverser la route, au même titre que les enfants qui sortent de l’école…

Plus classique… la barrière de l’enclos est-elle trop petite?

En Australie, il faut rester vigilant aussi quand on sort de sa voiture, mais ce n’est pas à cause des fauves ou des mammifères géants comme en Afrique…

Les Australiens prennent tout cela avec beaucoup de légèreté comme le prouve le panneau suivant… Il est néanmoins remarquable de constater qu’il y a souvent un numéro de téléphone sous les panneaux pour appeler un centre de sauvetage des animaux en cas de collision. On en est loin en France !

De drôles de bêtes !

Nouvelle-Zélande

La palme des panneaux les plus insolites revient tout de même à la Nouvelle-Zélande.

Il parait tellement improbable dans nos contrées de rencontrer un Perroquet traversant une route de montagne….

Kéa

Hélas de nombreux Kiwis sont aussi victime de collisions, les feux de route les éblouissent la nuit et la vitesse des habitants est souvent trop élevée.

En revanche ce panneau permet de connaitre les secteurs avec une bonne densité de Kiwis, et en s’y promenant à pied avec une lumière rouge, on a une (petite) chance d’en apercevoir au début de la nuit sur les bas cotés…

Plusieurs sarcelles de Nouvelle-Zélande ou Pateke (très rare canard endémique) se regroupent sur un ruisseau que traverse une petite route près d’Helena Bay, Northland. Et hop, un autre panneau unique au monde, collector !

la très rare Sarcelle de Nouvelle-Zélande

Encore plus insolite et improbable, croiser une Otarie à fourrure sur la route, comment est-ce possible?

A Kaikoura, avant le terrible tremblement de terre de 2016, la colonie d’Otarie s’étendait juste au pied du parking de la péninsule. Il devait y avoir des individus curieux…

Un seul panneau que nous ne verrons pas en Nouvelle-Zélande, c’est celui prévenant d’éviter d’écraser le Possum (ou Phalanger renard) : c’est au contraire un « sport » national de faire un détour pour « scratcher » ces petits mammifères introduits d’Australie et qui font des ravages en chassant les animaux endémiques.

Des peluches, « scratched possum », sont à vendre en Nouvelle-Zélande (depuis les années 1990), représentant un possum écrasé portant une trace de pneu pour encourager la population à détruite ce marsupial venu d’Australie par tous les moyens…

Un goût très douteux vu l’impact quasi nul sur la population de ces petits marsupiaux désormais très répandus (plus de 30 millions), d’autant que ces cadavres seraient susceptibles, en Nouvelle-Zélande d’être source de diffusion du microbe responsable de la tuberculose bovine.

C’est la fin de ce bestiaire de métal…

Vous êtes désormais convaincus qu’il faut lever le pied en voyage. Car le vrai danger pour la nature, c’est bien l’homme !

Les animaux eux aussi cherchent à nous éviter, mais sur leur territoire, il faut leur laisser la chance de rester vivants !

Tiritiri Matangi, île paradis pour les oiseaux

Comme nous l’expliquions dans l’article sur les oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande, un certain nombre d’entre eux ne volent pas et sont à la merci des prédateurs importés par les humains. D’autres volent mais leurs nids sont aussi pillés par les hermines, rats et autres opossums.

Plusieurs îles refuges accueillent les dernières populations de plusieurs espèces d’oiseaux autrefois répartis dans toutes les forêts de l’archipel. L’île de Tiritiri, située dans le golfe d’Hauraki, au nord d’Auckland, est l’une des rares pouvant être visitée toute l’année « librement ».

Situation géographique de Tiritiri Matangi © Duke Math Dept

La visite de ces îles exige des mesures sanitaires strictes : les sacs sont reniflés par un chien, il est interdit de ramener son rat domestique ou son furet de compagnie, évidemment…

Ca ne rigole pas!

Il faut aussi nettoyer ses chaussures pour enlever les champignons ou graines venues d’ailleurs.

Vos chaussures sont propres? Pas de fourmis australiennes dans votre sac à dos? Embarquez avec nous depuis Gulf Harbour ou Auckland vers la petit île de Tiritiri Matangi !

Après 30 minutes de traversée en compagnie des Puffins volages,

la navette accoste au sud de l’île.

Une colonie de Sternes taras accueille les visiteurs.

Après la traditionnelle photo devant l’entrée de la réserve, nous partons pour une boucle par l’ouest. Il est possible de louer les services d’un guide bénévole pour 5$ / adulte, mais nous nous promènerons seuls.

Le sentier longe d’abord la côte à travers une colonie de Manchots bleus, mais les jeunes sont déjà émancipés et doivent être à la pêche!

Mais nos regards sont plutôt tournés…vers les fourrés où nous débusquons notre premier oiseau endémique, le Saddlback (« Dos en bretelle » en anglais).

Cet oiseau ne vole pas vraiment : il volette de branche en branche. Quelques milliers d’années d’évolution en plus et il serait devenu terrestre…et n’aurait pas résisté aux prédateurs introduits. Heureusement, il a survécu, mais reste une proie facile, c’est pourquoi il n’est plus présent que sur les îles.

Le rare Saddleback ou, en français, Créadion rounoir

Dans les branchages, nous observons également la Mohoua à tête blanche…

… ainsi que le Miro de Garnot ou North Island Robin, très curieux, qui se laisse approcher et vient même à nos pieds, comme son cousin de l’île du Sud observé à Orokonui Sanctuary.

Celui-ci porte une bague, comme la plupart des oiseaux de l’île que les scientifiques suivent avec assiduité. Les dates d’arrivée, les nombres de couples etc. sont suivis à la loupe. Voici à ce sujet l’historique des réintroductions dans le but de sauver les espèces de l’extinction :

Histoire des réintroduction. En bas à droite, le célèbre Kokako

Nous cherchons en vain le Kokako, sorte de corneille de couleur bleu pétrole, très rare et qui hante certaines parties de l’île depuis sa réintroduction en 1997. Nous ne perdons pas au change avec cette belle Perruche de Sparrman.

En baissant la tête, ce sont des Cailles tasmanes (Brown Quail) qui nous passent presqu’entre les jambes.

Elles sont à peine plus petites que les Kiwis d’Owen, présents sur cette île mais insaisissables à moins de dormir sur l’île pour les débusquer la nuit… Ou de tricher un peu !

Sur le chemin sommital, 3 Takahé se promènent sans stress, comme partout du temps de leurs ancêtres…

La plus grosse « poule d’eau’ du monde, le Takahé

Dans les quelques ruisseaux encore coulants, nous apercevons la rare petite Sarcelle de Nouvelle-Zélande. Elle fait de drôles de bruits avec son bec en filtrant l’eau du ru !

Sarcelle dans un rai de soleil. Cherchez son œil !

Le concerto des forêts primaires

A plusieurs endroits le long des chemins, des mangeoires sont disposées pour aider à observer les oiseaux et leur donner un petit coup pouce alimentaire. Il s’agit simplement de distributeurs d’eau sucrée, car plusieurs espèces sont « méliphages », c’est à dire se nourrissent de nectar.

Nous y observerons le très rare Hihi ou Stichbird en anglais.

Mais autour de ces points de rassemblements, ce sont surtout les Bellbirds et les Tuis qui sont nombreux et donnent un vrai concert. On s’imagine alors l’ambiance sonore des forêts primaires qui recouvraient la Nouvelle-Zélande mille ans auparavant… quand ces oiseaux vivaient paisiblement sans aucun ennemi !

Bellbird ou Méliphage carillonneur
Méliphage Tui
Méliphage Tui et sa cravaté frisée

Il est temps de faire quelques kilomètres pour trouver un coin pique-nique, forcément avec vue…

Un populaire New Zealand Fantail nous rend visite (Rhipidure à collier)

Nous rejoignons le Phare de l’île où se tient une boutique et un espace muséographique relatant le travail des naturalistes professionnels et bénévoles. Pour tout savoir : http://www.tiritirimatangi.org.nz/

le phare et la péninsule de Coromandel tout au fond

Peu avant de reprendre la bâteau vers 15h, nous nous asseyons devant les derniers abreuvoirs où les oiseaux viennent se désaltérer. Maître Kereru vient nous saluer.

Carpophage de Nouvelle-Zélande

Avec des voitures si belles, le métier des Rangers de Tiritiri donne envie !

Si la soirée de la veille était insouciante malgré l’école,

Ce soir, nous sommes plus soucieux. Notre voisin repère une broche fichée dans le pneu arrière gauche !

Puisqu’on paie assez cher l’assistance, nous confions le sort de notre van en de bonnes mains…

Une dernière péripétie sans conséquence car nous avons un jour de battement avant de prendre l’avion pour le Chili…

Notre dernier jour »officiel » en Nouvelle-Zélande sera retardé suite à un vol décalé de 20h… Le temps d’écrire un petit résumé de nos 5 premières semaines sur l’archipel !

Ce lundi 16 mars marquera le coup d’arrêt du programme initial… Fichu virus ! La situation au Chili, encore bonne, risque de se dégrader très vite et déjà nos hébergements nous indiquent que nous ne sommes pas les bienvenus. Les Français d’où qu’ils viennent sont alors vus comme « contagieux »…

Nous faisons demi-tour à l’aéroport d’Auckland, et voici une nouvelle page du voyage qui se tourne. Ce sera… 3 mois de plus en Nouvelle-Zélande !

–> Articles déjà écrits sur notre vie durant le confinement :

« A Paihia, dans notre village, il y a… »

Oiseaux de Nouvelle-Zélande observés en confinement Covid-19…

A bientôt pour les dernières aventures automnales du mois de juin post-confinement dans les terres des volcans !

La côte sauvage de Miranda à Coromandel

Miranda

Nous remontons vers le Nord pour notre dernière semaine initialement prévue en Nouvelle-Zélande. Une aire de camping gratuite, la Rays Rest Camping Reserve, nous accueille au bord de l’Océan Pacifique, plus exactement au fond de la baie de Thames. Pour changer, nous sommes presque seuls sur cet immense terrain libre en bord de plage.

La soirée sera très venteuse. Les sternes taras se couchent au sol ou essayent de voler face au vent avec peine.

Difficile de se concentrer pour l’école avec ce vent et les groupes d’oiseaux qui passent…

Le terrain de camping se situe à proximité de la réserve ornithologique de Miranda, la Robert Findlay Wildlife area. C’est le meilleur site de Nouvelle-Zélande pour observer, entre autres, les oiseaux limicoles qui se rassemblent ici en nombre comme dans notre Baie de Somme !

En voici une carte présentant les sites de découverte de cette baie classée d’importance internationale pour les oiseaux d’eau (réseau RAMSAR).

https://www.wetlandtrust.org.nz/get-involved/ramsar-wetlands/firth-of-thames/

Petit matin à la réserve Robert Findlay

Une petite carte encore pour les voyageurs intéressés :

Nous nous levons aux aurores et partons avant le petit déjeuner pour profiter des lumières du matin mais aussi de la marée haute qui rassemble les oiseaux sur les lagunes. Dès notre arrivée le long de la route, nous surprenons ce grand groupe d’Echasses d’Australie encore endormies.

Cécile capture cette image magnifique de reflets, où les oiseaux sont comme des feuilles d’arbres…

Zoomons un peu :

En attendant que les premières vasières se découvrent avec la marée, nous rejoignons l’observatoire des Stilt pools.

Des centaines d’Huîtriers de Finsh se reposent. Au centre, une Sterne caspienne marque une note plus claire…

Soudain elle s’envole pour aller pêcher.

Sterne caspienne… bien loin de la mer qui lui a donné son nom !

En cette fin d’été, les Barges rousses et les Bécasseaux maubèches de retour de Sibérie orientale sont déjà nombreux.

Mais nous sommes là également pour voir le plus curieux des limicoles endémiques de Nouvelle-Zélande, le Pluvier anarhynque… Voici justement un immense groupe qui a décollé du fond de la lagune !

Ils se reposent un peu plus loin avec quelques Pluviers fauves.

La marée redescend et les oiseaux vont commencer leur ballet.

Chacun son tour, les oiseaux limicoles rejoignent l’estran pour faire un festin de petits vers ou de mollusques.

Pluviers anarhynques (Wrybills) et Echasses d’Australie (pied Stilt)

Les « Wrybill » (becs tordus en anglais) se posent enfin. Il va enfin être possible d’observer la caractéristique unique de ce petit échassier : son bec de travers !

Regardez le bec qui dévie vers la droite. Fait incroyable, tous les becs de ces petits pluviers sont dissymétriques vers la droite. Aucun n’a jamais été observé avec un bec à gauche ! Quoi de plus normal dans un pays « bristish » où l’on roule à droite !

De profil on ne voit rien.

Tournez-vous !

Merci !

Oiseau baillant à droite !

D’autres oiseaux rejoignent à chaque minute le cortège des infatigables arpenteurs de sable et de vase…

Ils arrivent de tous cotés : Bécasseaux maubèches,

Barges rousses,

Echasses australiennes,

Huîtriers de Finsh,

Et encore quelques pluviers au bec tordu…

Les Barges rousses, grandes migratrices, parcourent couramment plus de 8 000 km en vol direct sans escale…  

Un oiseau muni d’émetteur satellite à partir du printemps 2007 a effectué un vol ininterrompu entre la Nouvelle-Zélande et l’Alaska, de 10 200 km (en 9 jours) lors de la migration de printemps, et de 11 500 km (en 8 jours) lors de la migration d’automne suivante. Un exploit unique dans la gent ailée. Durant de tels déplacements, l’individu concerné a perdu la moitié de son poids initial !

Je n’ai pas l’air comme ça !

Nous revenons après le petit déjeuner pour observer une dernière fois le petit peuple des estrans…

Un Pluvier à double collier s’est invité au festin de vers arénicoles.

L’avantage de se lever tôt est que la journée est encore longue… Mais il faut d’abord retirer son pyjama!

Le legging en laine Merinos, l’allié indispendable de tout globe trotter !

Deux jours sur la pénisule de Coromandel

En fin de matinée, nous quittons ces spectacles fabuleux et reprenons la route (sinueuse) vers la Péninsule de Coromandel.

(c) Coromondel

Notre halte pique-nique à Tairua offre une vue magnifique nous donnerait presqu’envie de rester dormir au Mary Beach Reserve, un « free camp » de 3 places, mais il est encore tôt…

Tairua et son rocher

Nous rejoignons la plage de Hot Water, célèbre pour ses sources d’eau chaude qui émergent sous le sable; hélas la marée est trop remontée. Il nous faut passer notre chemin.

Arrivés à Hahei vers 16h30, nous décidons de rejoindre à pied les célèbres plages cachées de Cathedral Cove. Le site est touristique mais se vide peu à peu avec l’heure qui avance.

Hahei beach

Après une heure de marche, nous arrivons au pied de cette voute dans la falaise rendue notamment célèbre par la trilogie du Monde de Narnia...

(c) Extrait du film Les Mondes de Narnia, Le Prince Caspian

Mais nous ne le savions alors pas !

Certains blocs calcaires sont en sursis…

Nous rentrons au parking avec les lueurs du soir.

Petit coup de stress en arrivant au Van… Le parking fermait à 19h !

Plus de peur que de mal… Si la barrière est bien fermée, elle s’ouvre néanmoins à notre approche… Ouf !

Nous trouvons à la nuit tombée un emplacement rêvé pour passer la nuit.

Et se réveiller. Notre plus beau lever de soleil jusqu’alors…

Au matin, les enfants prennent (enfin…) le temps de jouer.

Nous prenons un pique-nique dans la forêt au centre de la péninsule, au bord de la rivière Whangamaroro.

Des oiseaux colorés nous accompagnent comme ce Pigeon de Nouvelle-Zélande…

… et cette Perruche omnicolore importée d’Australie, qu’on retrouve aussi dans nos animaleries européennes…

Nous trouvons un camping pour recharger les batteries à Oamaru Bay, de retour le long de la baie du Firth of Thames.

L’emplacement ne fait pas rêver au premier abord…

Mais nous sommes presque seuls et les oiseaux égaient les lieux. Les Tui chantent autour du van…

Méliphage tui ou « Tui cravate frisée »

… et de très chics Colins de Californie (encore une espèce introduite) circulent sur le terrain et nous les croisons entre deux lessives…

Colin de Californie

Et le soir la vue sur la Baie de Thames est encore sublime…

Le lendemain, après une balade au village de Coromandel, nous rejoignons Auckland par la route côtière.

Statue maori à Coromandel

A la pause pique-nique, nos petits singes prennent un peu de hauteur pour admirer la vue -et finir les bananes !

Au loin, la côte vers Auckland

Les Huîtriers variables semblent aussi apprécier le paysage.

Notre prochaine excursion avant notre faux départ pour l’Amérique nous mènera encore une fois découvrir les oiseaux incroyables de Nouvelle-Zélande…

A bientôt et merci de nous suivre encore malgré le décalage de près de 6 mois désormais…

La vallée secrète d’Orakei Korako

9 mars 2020

Notre séjour en terre volcanique ne fait que commencer. Nous rejoignons en deux jours un site beaucoup plus secret et calme que les plateaux venteux du Tongariro, où les Volcans s’affrontent dans la mythologie maorie…

Après l’école dans un cadre grandiose, quelques ennuis de batterie – on se s’y fera prendre qu’une fois -et un pique-nique agréable avec une autre famille de baroudeurs, nous poursuivons vers le Nord.

4 x 9 = …
Ah, le moteur est sous les sièges chez Toyota Hiace !
Après un bon moment avec les « Choubidous » de Toulouse !

Le lac Taupo est sur notre route. Nous y cherchons en vain le rare Canard bleu mais à la place trouvons d’excellentes mûres ! Eh oui en mars, c’est ici l’automne…

A la recherche du Canard bleu à Turangi
Fromage blanc aux mûres néo-zélandaises

Le soir au bord du lac Taupo, dont la cuvette est issue de l’effondrement d’un volcan gigantesque, tout a l’air calme… On ne se doute pas sur cette image que derrière nous, des dizaines de van et camping car sont alignés sur ce free camp…

Five Mile Bay Recreation Reserve. Le Lac Taupo est le plus grand lac du pays.

Sur notre route vers le Nord, nous décidons de visiter le site géothermique d’Orakei Korako, conseillé justement pas nos amis rencontrés ce matin. On y accède par un bateau qui traverse la rivière Waikato. Cette rivière, une des plus longues du pays, a donné son nom à la région administrative où nous nous trouvons. Nous allons la parcourir durant notre exploration de la Nouvelle-Zélande ces derniers jours.

La rivière Waikato

Le sentier aménagé navigue entre les les émanations de gaz et l’eau bouillante issus des entrailles de la terre.

Tout cela est exaltant ! Mais nous veillons à la sécurité en restant bien sur les chemins parfaitement aménagés.

Les algues et teintes minérales peignent le paysage. On peut se demander comment un peintre impressionniste aurait couché ces nuances sur sa toile. Il faudrait un musée immense pour accueillir toutes leurs interprétations !

Nous remontons plusieurs terrasses où s’écoule l’eau chargée de minéraux.

On devine des apparitions derrière les volutes de fumée…

Un élephant…

Un visage à grande barbe… Gandalf? (cherchez bien!)

La forêt qui se trouve à la fin du circuit abrite la fougère arborescente (Fern tree) nommée Ponga, symbole du pays.

Aux première heures, le site était très peu fréquenté et nous avons adoré cette promenade très zen aux portes des enfers !

D’autres sites géothermiques nous attiraient mais étaient trop fréquentés et onéreux. Nous ne savions pas qu’il serait possible de les visiter… au mois de juin, après le confinement… avec peu de gens et des tarifs préférentiels.

Prochaine étape, la Baie du Fifth of Thames, ses oiseaux, et la plus touristique péninsule de Coromandel…

Défi sportif sur l’Île du Nord : la traversée du Tongariro

Comme à chaque arrivée sur une nouvelle terre, les jambes nous démangent ! Plus exactement, une fenêtre météo stable est annoncée pour le 5 mars. Après une visite express de la capitale Wellington – il faut faire des choix – nous rejoignons en deux jours le plateau volcanique central.

L’île du Nord est bouillonnante d’activité volcanique. Endormis en ce moment, la plupart des volcans peuvent néanmoins se réveiller à tout moment. Le seul en activité cette année, sur l’île de White Island, a fait parler de lui en décembre 2019 : 14 touristes étaient en excursion sur le cratère depuis leur bateau de croisière et ont été surpris par une éruption fatale…

Pas d’inquiétude cependant dans les hauts plateaux où nous nous trouvons. Malgré une dernière éruption sur le flan nord du Tongariro en 2012, donc très récente à l’échelle géologique, la situation est calme…

Avancez à 1-2 min du début !

Nous partons vers 6h30 pour le parking marquant la fin de la traversée du Tongariro Alpine Crossing.

De là, une navette réservée quelques jours à l’avance nous amène au début de la randonnée.

Cette randonnée est très prisée. Durant l’été austral, des centaines de marcheurs tentent la traversée de 19 km. D’autres treks sont possibles autour des volcans mais celui-ci offre le parcours le plus varié.

Vers 8h, nous partons de Mangatepopo. Les lumières du matin éclairent le Mont Ruapehu vers le Sud. Ce volcan st le plus haut sommet de l’île du Nord, avec 2797 m d’altitude.

Une heure plus tard, nous approchons de la parfaite silhouette conique du volcan sacré Ngauruhoe. Ce dernier veillera sur nous tout le long de la journée.

Au cours de la première montée, un autre volcan apparait à l’horizon, à gauche sur cette photo :

C’est le volcan Taranaki. Selon la mythologie maorie, les volcans sont des personnalités à part entière. La légende raconte que les 4 volcans principaux étaient tous épris de la Montagne Pihanga qui dominait le lac Taupo. Cette dernière préférait Tongariro. Taranaki a tenté sa chance mais a perdu la bataille. Depuis, il est exilé à plus de 150 km au bord de la mer de Tasman, et ne fait plus partie du massif du Tongariro.

Le Volcan Taranaki au téléobjectif, à près de 150 km de nous !

Selon la légende ces deux là continuent de se défier, grondent et entrent en éruption pour marquer leur hostilité.

Nous passons en essayant de ne pas réveiller ces géants endormis…

Un ancien fossé d’effondrement désormais aplani occupe le pied des volcans. Un lac asséché en occupe la partie sud.

Il n’était pas difficile de trouver un photographe. Le sentier est… légèrement fréquenté !

Après 3h de marche, nous prenons de la hauteur dans un ultime effort pour nous retrouver sur l’arête du volcan Tongariro à proprement parler. Le sommet est interdit d’accès car c’est un territoire sacré.

Vue sur le cône du Ngaurahoe depuis les pentes du Tongariro

Au sommet, un curieux bruit d’explosion suivi de traces de fumée se font entendre sur les pentes du volcan Ruhapeu, plus au Sud.

Un peu inquiets, nous sommes rassurés à l’étude de la carte : il s’agit d’un terrain militaire, et donc probablement d’essais d’explosifs !

La crête sommitale surplombe un cratère crée par une éruption il y a 10 000 ans. Il est toujours actif. La forte concentration en minerai de fer lui donne une couleur rouge prononcée.

On le surnomme à juste titre « The Red Crater ».

On devine une ouverture par laquelle la lave s’est écoulé lors d’éruption précédentes.

Quelques instants plus tard, changement de couleurs… D’autres cratères secondaires sont vivement colorés de vert et de jaune du fait notamment de souffre et de ferrite dissous.

Voici les bijoux du Tongariro, les lacs d’emeraude.

Après une photo souvenir, c’est l’heure du pique-nique.

Ces couleurs laissent rêveurs les obsrêveurs!

La descente, couverte de pierres volcaniques instables, est glissante mais nous sommes bien équipés depuis le Népal !

10ème kilomètre. Nous traversons une vaste zone plane à nouveau, un ancien fossé d’effondrement, avant d’arriver sur les bords d’un lac suspendu aux couleurs plus traditionnelles… Voici le Lac bleu.

Le sentier bascule ensuite vers une looongue descente de 9 km, offrant des vues superbes sur deux anciens lacs de cratère vers le Nord, dont l’immense lac Taupo, la plus grande surface d’eau du pays.

Les lacs Rotoaira et Taupo

Encore des sensations ! La cheminée latérale de l’explosion de 2012 est toujours fumante…

La montagne est ici vivante et cet itinéraire est un livre de volcanologie à ciel ouvert.

Quelques kilomètres plus bas, changement de paysage. La forêt prend la place aux prairies et aux buissons que nous traversions depuis 5 kilomètres.

C’est soudain un autre monde !

Cette forêt a été traversée il y a 8 ans de lahar, ces coulées de boue formée par les cendres lavées par les pluies. Certains secteurs en portent encore les stigmates.

C’est en fin d’après-midi que les enfants peuvent crier victoire sur les 19,5 kilomètres de cette traversée fantastique !

Même si la randonnée ne présentait, par beau temps, aucune difficulté technique sinon l’endurance requise, cela reste leur deuxième plus longue randonnée ! Encore une raison d’être fier d’eux…

Carte de nos 4 mois en Nouvelle-Zélande

L’écriture du blog a pris un sérieux retard… suite à notre retour en France. Promis, le prochain article est en cours !

Nous nous sommes arrêtés à notre arrivée dans l’Île du Nord. A la lecture de la carte ci-dessous, vous constaterez qu’il y aura encore de nombreux articles cet été !

Bel été à tous et encore merci de votre fidélité !

Il y a encore des choses à découvrir. Une prochaine fois !

Kaikoura, nos adieux à l’Ile du Sud

Après 4 jours de convalescence, nous remontons en deux étapes vers le nord car nous devons prendre le ferry le 3 mars. Nous faisons une première halte dans un micro camping à l’embouchure de la rivière Hurunui.

C’est le repaire de la Guifette des galets, un oiseau des rivières uniquement observable en Nouvelle-Zélande :

Guifette des galets

Nous repartons en faisant un détour par la route touristique de Gore Bay, qui mène à une côte de falaises calcaires et à une plage peu fréquentée.

Notre destination en début d’après-midi est la péninsule de Kaikoura. Malheureusement notre planning est trop serré pour une sortie en mer, laquelle est de toutes façons un peu trop forte.

Les eaux baignant la péninsule sont froides, très profondes et riches en nourriture. Albatros, otaries, cachalots, baleines et dauphins sont nombreux au large de ce littoral. On reviendra !

Nous optons pour la reprise de la marche et une randonnée de 9km autour du Cap.

Les Otaries nous accueillent au bout de la route.

Otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande

La marée basse nous permet d’approcher la côte.

Des algues géantes ont échoué. Ce sont les forêts des otaries.

Nos petits nomades trouvent de quoi habiller leurs poupées…

Les derniers kilomètres du circuit nous ramènent sur la côte nord de la péninsule.

Nous y rencontrons une trentaine d’espèces d’oiseaux dont ce Pluvier à double collier,

et ces jeunes Huîtriers variables.

Nous dormons sur place avec 5 autres campeurs autorisés sur le « free camp ». Petit déjeuner avec vue et séance d’école en plein air.

Dans ce cadre, avec les Kaikoura Ranges en toile de fond, nous craquons pour notre premier « resto » néo-zélandais : Un plat de Crayfish (Ecrevisse) délicieux à tarifs très raisonnables.

Notre dernier jour sur l’île du Sud commence sous la pluie. Nous chargeons les batteries après trois nuits en « camping sauvage » entre Blenheim et Havelock, aux portes des Marlborough Sound.

Petit coin lecture abrité !

Les Marlborough Sounds sont une région de fjords à la végétation luxuriante, qui occupent la point nord-est du l’Ile de Sud.

C’est dans la petite ville industrielle de Picton que nous prenons le ferry.

Ici, l’industrie du bois est la principale ressource, avec les revenus liés au transit maritime de centaines de milliers de touristes.

C’est parti pour plus de 3h de traversée du détroit de Cook jusqu’à Wellington!

La traversée est l’occasion d’observer les oiseaux marins. La Nouvelle-Zélande est le pays de plus réputé pour les oiseaux pélagiques.

Cela commence bien avec l’observation du Cormoran caronculé, l’un des cormorans le plus rare au monde avec seulement une centaine d’individus nicheurs présents dans les fjords des Marlborough Sounds.

King Shag

Au large, deux espèces d’albatros et 3 espèces de puffins pêchent autour du bateau.

Plusieurs Albatros à cape blanche se posent à la surface de la mer.

Shy Albatros

Ils sont bien plus majestueux en vol ! On se demande où se plient les ailes quand il est au repos!

Shy Albatros

L’Albatros royal est encore plus grand. C’est l’espèce que nous avions vu à Otago.

Royal Albatros
Buller’s Shearwater
Westland Petrel

Terre ! L’Ile du Nord… la patrie des volcans… Nous ne savions pas à ce moment-là qu’elle nous retiendrait pendant 3 mois et que nous l’aimerions autant !

Le Mont Cook, joyau de l’île du Sud

21 – 24 février 2020.

Le Lac Pukaki

Nous laissons les rivages de l’Otago sous la grisaille. Après une journée de pluie, nous rejoignons le célèbre camping « free camp » du lac Pukaki. Le temps s’annonce meilleur pour le lendemain.

Au bord du Camping

Un « free camp » est un terrain où la municipalité (ou le département de la Conservation) autorise les véhicules « autonomes » à passer la nuit. Un véhicule « autonome » – en anglais « self-contained« , est une voiture ou camping car disposant d’une réserve d’eau, de toilettes et de réservoirs pour ne pas jeter les déchets associés dans la nature.

Les néo-zélandais sont très attachés à ne laisser aucune trace sur leur passage. Le zéro déchet est de mise : il n’y a d’ailleurs pas de poubelles publiques, on remporte ses déchets. Un peu partout, des « dump » permettent de jeter les « eaux sales ».

Rares sont les emplacements horizontaux. Arrivés tôt, nous avons le luxe d’un emplacement panoramique. Ce n’est pas toujours le cas. Beaucoup dormirons un peu penchés cette-nuit là!

Au matin, les lumières sont tout simplement irréelles. Le Mont Cook, auparavant masqué, trône désormais, maître des lieux au fond du lac.

Le voici, point culminant du pays, avec ses 3724 m. Une altitude modeste, mais une ascension alpine difficile qui a vu Edmund Hilary faire ses premières courses, avant de s’attaquer avec succès à l’Everest en 1953.

Nous nous dirigeons à nouveau vers le pied des Alpes après une matinée d’école puis de jeux avec une autre famille de voyageurs français avec qui nous nous donnons rendez-vous pour marcher au pied du Mont Cook.

La route longe le stupéfiant Lac Pukaki aux eaux bleues pâles chargées de débris morainiques.

Le Mont Cook (Aoraki)

Nous arrivons au parc national Aoraki Mont Cook. Cette région naturelle exceptionnelle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa faune, son ciel nocturne et ses paysages.

L’extraordinaire beauté a son revers… Le départ des excursions en fond de vallée à Aoraki est bondé… Nous trouvons la dernière place de camping pour passer la nuit. Un camping? Pas vraiment…, un parking, comme trop souvent dans les secteurs touristiques…

Avec cette surfréquentation, nous choisissons la fin de journée pour effectuer la randonnée de 10 km qui mène au belvédère du mont Cook.

Plusieurs grandes passerelles nous rappellent le Népal !

Le Mont Cook et la rivière Hooker

Au belvédère, nous en profitons pour une photo avec nos amis du jour ! Les enfants sont ravis de trouver des copains pour papoter durant les 3h de marche.

Nous voici avec la famille de Marguerite et Guillaume et leur blog : https://20000lieuessurlaterre.blog

Le lac Hooker recueille les eaux de fonte du glacier Hooker, long de 11 km.

De tous les côtés, le ciel est bleu azur.

Le soir, les perroquets Kéas circulent autour du camping, en recherche de nourriture facile…

Le lendemain, nous découvrons un autre sentier, plus court, le Kea Track.

Une première fois, à l’aube, en solo, puis une deuxième fois, en matinée. A chaque heure sa lumière.

Le Mont Sefton à l’aube

Le sentier se termine après 30 minutes de marche par un panorama sur l’énorme moraine du glacier de Muller et le Mont Sefton. Pour l’anecdote, les premiers alpinistes à gravir ce sommet ont failli y laisser la vie, car la face que l’on voit ci-dessous est difficile et hérissée de glaciers… Ils découvriront plus tard la face nord, qui mène « tranquillement » à l’arrête sommitale…

Le Lac Muller et sa moraine avec le Mont Cook au fond

Les Kéas font des numéros de voltige. Le sentier porte bien son nom !

Le Mont Cook tire sa révérence.

Nous reprenons la route mais n’irons pas bien loin. Un coin pique-nique caché derrière un talus nous appelle. Nous avions besoin de solitude pour admirer l’immense plaine…

L’Echasse noire

Cette plaine infinie est la maison d’un des oiseaux les plus rares du monde : l’Echasse noire. Il n’en reste que 100 à l’état sauvage.

Nous la cherchons plus tard dans les marais au bord du lac Pukaki, à 10 km de là, après avoir vu au loin un individu probable en vol au-dessus de la pointe nord du lac.

Echasse noire (ou hybride) en vol au dessus du lac.

A proximité du camping du Glenntaner, là où le delta intérieur de la rivière rejoint le lac Pukaki, nous cherchons activement ces rares oiseaux noirs dans les marais.

Tous les moyens sont bons !

Bingo ! Au moins 3 échasses se nourrissent à 200 m de nous. Une grande émotion encore…

Nous partons nous reposer dans un autre camping plus calme, au bord du lac Poaka. Des aménagements y sont aussi prévus pour favoriser l’accueil de cette Echasse. Comme partout ici, les moyens mis en oeuvre sont importants pour tenter de sauver les espèces rares et endémiques. Et le gouvernement n’est pas le dernier à mettre la main à la pâte et au portefeuille, aidé par les associations locales.

Repos imposé toute la soirée et une grande partie de la journée suivante car Cécile ne se sent pas bien, se plaignant du ventre depuis deux jours. Nous faisons néanmoins dans l’après-midi une brève excursion en voiture à l’observatoire St John’s au-dessus du célèbre Lac Tekapo.

La lumière est incroyable. On comprend qu’avec un ciel si pur, les astronomes sont à la fête!

A gauche, le lac Alexandra, d’un bleu plus sombre, à droite, le lac Tekapo, laiteux comme le lac Pukaki.

La fin de journée sera hélas bien moins radieuse puisqu’à peine arrivé au camping à la ferme près de Fairlie, il nous faut en repartir direction… les Urgences de Timaru. Cécile se déshydrate … Plus rien ne passe. Probablement le virus de la gastro-entérite locale (appelé norovirus), mais il était bien violent car nos organismes européens ne le connaissent pas… Une perfusion, une nuit sur le parking de l’hôpital et trois jours de repos imposés. Merci Marguerite pour les anti-nauséeux ! ; )

Les Oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande s’est séparée du continent primitif du Gondwana de manière isolée depuis très longtemps (85 millions d’années). Sa faune a évolué de manière totalement indépendante de l’Australie et des autres îles du Pacifique.

Il en résulte un taux d’endémisme très important jusqu’à l’arrivée de premiers indigènes maoris vers le XI ème siècle, arrivés en bateau depuis les îles du Pacifique.

La Nouvelle-Zélande est parfois appelée « l’île aux oiseaux » car elle avait la particularité de n’avoir aucun mammifère terrestre prédateur sur son sol.

Aussi, de nombreuses espèces d’oiseaux ont évolué sans besoin de s’enfuir et sont inaptes au vol. Beaucoup font aussi leur nid au sol.

Les maoris ont introduit les rats et les chiens, qui ont causé les premiers dégats irréversibles sur des espèces. En quelques siècles à peine, l’espèce s’éteint. L’arrivée des Maoris a également causé la disparition des Moas, ces genre d « autruches » immenses, et de l’Aigle géant de Haast, leur unique prédateur naturel, et plus grand rapace ayant jamais existé.

Aigle de Haast chassant deux Moas
Aigle de Haast, Musée Te Papa Tongarewa, Wellington

Les colons britanniques ou australiens arrivés par la suite ont introduit des prédateurs pour lutter contre la prolifération des rats.

C’est là que commence la catastrophe écologique qui a conduit à la disparition de nombreuses espèces indigènes, tant chez les oiseaux que chez les reptiles et les insectes.

Les hermines, redoutables prédateurs, ainsi que les chats, furets et surtout opossums australiens hantent désormais les forêts. Ils font bombance d’oeuf de Kiwi, de nichées de passereaux etc.

Des îles refuge.

Les néo-zélandais d’aujourd’hui mènent une lutte sans merci contre ces nuisibles… « PEST » en anglais… Hélas, il y aurait 30 millions d’opossums voraces donc la guerre est souvent perdue d’avance. Alors, ils créent des refuges sur quelques îles où les prédateurs sont méticuleusement éradiqués. Sur celles-ci, les espèces les plus vulnérables coulent des jours heureux. Nous en avons visité deux, les îles de Tiritiri Matangi et de Rangitoto, au large d’Auckland.

Embarquement immédiat… pour un long voyage !


Sternes taras.

Toutes photos :  © Olivier Laporte sauf mention contraire pour les rares espèces non observées… Et cliquez pour zoomer !


Canards et grèbes

Le Tadorne de paradis

Paradise Shelduck (Putangitangi)

Très commun dans les pâturages et zones humides, jusqu’au parking du Mont Cook. On ne s’en lasse pas. La femelle est plus sobre.

L’ Hyménolaine ou Canard bleu

Blue Duck (Whio)

Seules trois espèces de canards sur la planète vivent exclusivement dans les rivières d’eau vive et plongent dans les rapides pour se nourrir : La Merganette des torrents, en Cordillère des Andes, l’Arlequin plongeur, en Islande et Canada (mais ce dernier fréquente aussi les littoraux en dehors de sa période reproduction), et l’Hyménolaine ou Canard bleu, en Nouvelle-Zélande.

Nous l’avons cherché plusieurs heures en mars… en vain !

Il est très menacé et ne vit que dans quelques rivières des montagnes de l’Île du Sud et sur les plateaux volcaniques de l’Ile du Nord.

En juin, nous avons pu retourner à Turangi et la rivière Tongariro était débarrassée des Raftings et canoés, nous avons alors pu observer un rassemblement automnal de 15 oiseaux.

La Sarcelle de Nouvelle-Zélande

Brown Duck (Pateke)

Très rare, on ne la trouve que sur quelques îles ou réserves closes débarrassées des prédateurs, et dans quelques rivières du Northland.

La voici dans le clair obscure, barbotant dans un ruisseau presqu’à sec sur l’île de Tiritiri Matangi. Son oeil est entouré d’un délicat cercle blanc. Il était très bruyant quand il filtrait la vase…

Repérez-vous le rare canard des forêts?

En automne, il se rassemblent sur quelques plans d’eau ou marais du Northland, comme ici près d’Helena Bay. On distingue mieux son délicat plumage.

Le Fuligule de Nouvelle-Zélande

New-Zealand Scaup (Papango)

Ce canard plongeur fréquente les lacs et étangs peu profonds. Observé sur les berges du Lac Wanaka ainsi que dans un étang urbain à Whangarei.

Le Grèbe de Nouvelle-Zélande

New Zealand dabchick (Weweia)

Un petit grèbe qui apprécie les étangs urbains, stations d’épurations… PAs sans rappeler notre Grèbe castagneux, mais légèrement plus grand et avec l’oeil jane et la poitrine rousse.

Les Manchots

Parmi la dizaine d’espèces nichant ou s’égarant sur l’archipel, deux sont endémiques de l’île du Sud : Gorfou du Fiordland et le Manchot antipode.

Les sites où l’on peu voir le Gorfou du Fjordland sont difficilement accessible, surtout que la route de Te Anau était coupée. Il faudra revenir 😉

Le Gorfou du Fjordland

Fjordland Crested Penguin

Non observé. Son domaine vital, les fjords du Sud-ouest, n’était pas dans notre parcours…

© Craig McKenzie

Le Manchot antipode

Yellow eyed Penguin (Hohio)

Avec une population estimée à 1600 individus en 2017, dont 600 sur l’île du Sud, il est considéré comme le manchot le plus rare du monde et se trouve actuellement en danger d’extinction. Les kiwis se mobilisent pour le sauver.

La plupart sont bagués.

Il pèche jusqu’à 25 km de la cote et à parfois 120 m de profondeur.

Son nid est placé en hauteur sur une colline côtière. Il doit monter lentement, car la journée de pêche l’a épuisé…

En pleine montée
Au nid

Le saviez-vous? Il y a plusieurs millions d’années, un Manchot géant de plus de 1,60 m hantait les plages du pays. Un redoutable prédateur !

Musée de Canterbury, Christchurch
Taille réelle…

Les Cormorans

12 espèces habitent en NZ dont 7 sur les deux iles principales. Un record pour un si petit territoire !

Pas moins de 8 sont endémiques à l’île du Sud, et nous avons eu la chance de pouvoir les observer, parfois brièvement.

Le Cormoran moucheté

Spotted shag (Parekareka)

C’est le cormoran endémique le plus commun. Il arbore des teintes plutôt gris-beiges sur le dos, ce qui est une exception qu’il ne partage qu’avec le Cormoran de Gaimard pour cette famille d’oiseaux (39 espèces) dont le dos est toujours noir ébene.

Le Cormoran d’Otago

Cette sous-espèce du Cormoran des ïles Stewart ne niche que sur la péninsule d’Otago.

Otago Shag

Otago Shag

Le Cormoran royal

New Zealand King Shag

C’est le Cormoran le pls rare au monde. Il ne se reproduit que sur quelques îlots des fjords de Marlbourough, au nord de l’île du Sud. Les 125 couples sont bien suivis par les scientifiques.

C’était un objectif de l’apercevoir lors de notre traversée en Ferry entre les deux îles, le départ se faisant dans ces magnifiques fjords. Nous en avons vu deux ! Les photographier depuis le bateau était un défi aussi. Relevé !

On notera les épaules blanches
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« Pendant l’école, je vois… »

Ecrit par Noémie

Pendant l’école, durant mon voyage autour du monde, je suis parfois dans la lune.

Je m’accroche à une étoile, quand soudain je vois :

Un serpent qui capture un lézard au-dessus de nos têtes ;

Des pélicans qui nagent sur le lac scintillant ;

Un dragon d’eau qui fait le beau ;

Des kangourous dans la forêt qui bondissent près de nous;

Des moutons qui bêlent dans le champ ensoleillé ;

Des cacatoès dans le camping qui font du pataquès;

Un pigeon de Nouvelle-Zélande qui traverse la baie ;

Des petits singes chapardeurs qui jouent dans les arbres ;

Des Chinois qui parlent fort dans l’aéroport…

Difficile, dans ces conditions, d’apprendre la conjugaison et les fractions !

                                                Noémie

Inspiré de faits réels !