Escale au Lesotho, le royaume des montagnes

Fin septembre, nous avons découvert le Lesotho, pays du peuple basotho. C’est un petit royaume enclavé au sein de l’Afrique du Sud.

Passée la frontière, nous entrons sans aucun doute dans un nouveau pays avec ses traditions et ses codes différents de ceux de l’Afrique du Sud.

Le paysage est plus rude. La terre a soif mais est aussi largement surpaturée. L’agriculture, en particulier l’élevage, est la principale activité du peuple basotho.

Nous montons en altitude. Ici, les bergers au bord de la route portent une grande couverture en laine et un chapeau conique (représenté sur le drapeau).

Certains ont même une cagoule tricotée grise ne laissant apparaître que les yeux afin de se protéger du vent glacial.

Drapeau du Lesotho et son chapeau traditionnel

Nous observons beaucoup d’enfants allant à l’école. Selon les endroits et les niveaux (primary school/high school), ils ont leurs propres couleurs d’uniforme : bordeau, vert et jaune, gris et bleu… Certains portent des petits chapeau ou des cravates. Les filles portent des jupes et globalement ces jeunes sont très élégants pour aller étudier.

Le pays est très pauvre mais nous ne constatons aucun ghetto en marge des villes tels que nous les connaissons en Afrique du Sud. L’histoire le justifie car le Lesotho a été protégé de l’apartheid, étant sous protectorat britannique de 1868 jusqu’à son indépendance en 1966 (nommé le Basotholand).

La monnaie est le « maloti » mais on peut aussi utiliser le « rand » sud africain. Les langues officielles sont l’anglaiset le sotho du sud. Les quelques mots que nous avons appris sont vite appréciés par les basothos : 

  • « Dumela mé » : Bonjour madame;
  • « Dumela dadi » : Bonjour monsieur;
  • « Ka leboha » : Merci.

Après une route cahoteuse, nous franchissons un petit col à 2000m nommé localement « les Portes du Paradis », donnant accès aux hautes vallées. Nous arrivons sans réservation au village de Malealea dans l’idée d’y séjourner plusieurs jours. Hélas, une course VTT s’installe le surlendemain et les hébergements sont complets à l’exception d’une rondavelle à 2 lits pour deux nuits. Cela fait l’affaire, Romain se réjouit de dormir sur un matelas par terre comme un aventurier !

Notre rondavelle

Les activités proposées par l’établissement « Malealea Lodge » sont gérées par la communauté du village et profite à une cinquantaine d’habitants. Une école maternelle a pu être construite par les bénéfices d’une boutique d’artisanat local.

L’école maternelle.

Nous partons marcher le lendemain durant 3 heures avec un jeune guide du village sur les traces des Bushman (peuple San) et admirons leurs peintures datant de plus de 25000 ans dans une gorge voisine.

L’âne est le principal moyen de transport pour beaucoup de villageois

C’est aussi l’occasion d’échanger sur les traditions et les rites du peuple basotho. Par exemple, nous apprenons que les morts sont enterrés assis pour pouvoir venir en aide le plus rapidement possible aux vivants en cas de besoin…

Baptême d’équitation

Le lendemain, c’est baptême d’équitation pour les garçons au cours d’une sortie de 10 km en famille autour du plateau de Malealea. Un moment fort, et de fierté pour Romain qui tient les rennes seul en fin de promenade !

La musique est omniprésente dans la culture des populations basotho. Le soir, nous avons partagé un moment de fête avec des chanteurs de chorale et des musiciens. L’occasion de tester les percussions sur un bidon de fortune !

Dédicace à Mme Legrand 😉

Prochaine étape : le festival de musique et de danse de Morija, encensé dans notre guide… Nous imaginons un village en effervesence et arrivons dans un village très paisible. Les habitants interrogés ne connaissent pas ce festival… Mauvaise info ! Au musée local, nous apprenons que le festival n’existe plus depuis 5 ans. Déception. Il fait chaud et nous avons faim. La dame de l’accueil nous invite à faire une pause déjeuner dans un petit café au bout du couloir. C’est une heureuse surprise qui nous attend. La porte s’ouvre sur un jardin fleuri et arboré. Le café est en fait une petite pizzeria tenue par une femme de caractère.

Le Café Mojo, arrière cour du musée de Morija

Issue d’une famille très pauvre, Lerato Dube a fait des petits boulots et s’est battue pour réaliser son rêve : être sa propre cheffe. Elle dit vouloir être un exemple pour toutes les femmes de son pays et montrer qu’avec de la volonté et du travail, on peut s’en sortir dans la vie. Elle prend Romain en apprentissage !

Le voyage mène à tout
L’attente est insupportable !

Nous trouvons refuge pour la nuit chez Brigitte, une Française très chaleureuse, expatriée depuis plus de 30 ans qui tient une maison d’hôtes atypique, la « Morija guest house ». Elle nous fait une place dans un dortoir sous les combles… Avec couverture chauffante!

Les enfants sont ravis de pouvoir parler français et lire les livres de ses petits enfants. Elle nous raconte un peu l’histoire du pays et comment le christianisme s’est implanté avec l’arrivée des premiers missionnaires Français en 1833 dans son village.

Fin du 4ème jour au Lesotho

Le lendemain, après une ascension express vers des traces de dinosaures dont Romain vous racontera les détails, nous reprenons la route. Après avoir dépassé la capitale Maseru, notre itinéraire s’élève jusqu’au col de Mafita Lisiu à plus de 3050 mètres d’altitude.

Depuis le col

La route mène au plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique australe, le Katse Dam. L’hydroélectricité est la principale richesse du pays. Château d’eau de l’Afrique australe, le Lesotho a construit avec l’aide des occidentaux et des sud africains des barrages gigantesques pour pallier à la pénurie de son voisin, touché comme cette année par des sécheresses toujours plus fréquentes.

Des panneaux plutôt rares en Afrique !

Nous dormons dans les anciens baraquements ayant servi aux équipes des ingénieurs et constructeurs du barrage de l’époque. Il fait froid (nous sommes à 2100 m) mais le soleil réchauffe au petit déjeuner, face au mur blanc.

Petit air des Alpes en avril…

De retour, toujours obsrêveurs d’oiseaux rares, nous photographions quelques espèces endémiques des hauts plateaux du Drakensberg.

Chétopse dorée – Drakensberg Rockjumper, à 3080m
Montiole ou Sentinelle espion – Sentinel Rock thrush
Ibis chauve – Southern Bald Ibis

Ce petit pays nous aura enchanté par sa lumière, son caractère et ses traditions bien vivantes. La vie de ce peuple reste très difficile avec une des plus faibles espérances de vie au monde. La majeure partie de la population est très pauvre, malgré une mutation vers la modernité bien entamée. Les bergers ont aussi des téléphones portables et bien des jeunes sont habillés avec jean troué, casquette addidas et baskets fashion !

Demain, départ pour l’Inde… Nous espérons rattraper le retard à l’aéroport pour revenir dans le quotidien à travers ce blog !

10 réponses sur “Escale au Lesotho, le royaume des montagnes”

  1. Le Lesotho paraît un petit paradis !
    Encore des découvertes de paysages
    sublimes, des rencontres formidables et la croyance …!
    Ka leboha !!!
    Marcher, manger, rouler et maintenant : voler avec vous vers une autre destination !
    Très bon vol vers l Inde !
    Avec nos gros bisous 👤👥🐈

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