Lombok : Découverte de la Baie de Sekotong

Après plusieurs jours à découvrir les plateaux et villages du nord de l’île de Bali, nous embarquons sur le ferry public à Padang Bai à destination de l’île voisine de Lombok. Près de cinq heures de navigation plus tard parmi les routiers et familles indonésiennes – une aventure en soi, nous découvrons un autre pays.

Franchir le détroit de Lombok qui sépare les deux îles n’est pas anodin. Il s’agit d’une vraie frontière. Une frontière biogéographique, marquée par une profonde faille océanique. On nomme cette frontière la ligne de Wallace, du nom du savant Alfred Russel Wallace, qui mit en évidence une forte divergence entre la faune et la flore des deux îles. D’un côté, nous sommes dans l’ écozone Indomalaise et dans l’autre, dans l’ écozone Australasienne.

Ironie de l’histoire, les caractéristiques des populations sont aussi bien différentes. A Bali, la majorité de la population est hindouiste; à Lombok, la plupart des habitants sont musulmans. Près de 80% de la population appartient à l’ethnie Sasak, qui possède sa propre langue et ses propres traditions. Nous découvrons leurs coutumes et leur pays en trois étapes. La première prend place à Sekotong, au sud-ouest de l’Ile.

Carte de Lombok modifiée à partir de la carte de Peter Loud : http://www.peterloud.uk/indonesia/lombok.html

Sekotong, premier contact avec Lombok

Après une looooongue traversée en Ferry public rouillé – tout une article serait à écrire sur cette expérience- où le seul éclair de bonheur vient de ces Dauphins qui apparurent à Bâbord…

…nous débarquons dans le brouhaha des mobylettes et des camions…

Après cet éprouvant trajet et une âpre lutte pour négocier un taxi local sans se faire arnaquer de trop, quel n’est pas notre soulagement d’arriver à Sekotong, au bord de l’océan, au court d’une baie paisible .

Après un peu de repos, au cours d’une déambulation dans le village, non loin d’une mosquée bigarrée , l’animation devient perceptible. Sous les grands arbres du cour du village, un combat se prépare…

Le combat de bâton

Les spectateurs de tous âges s’agglutinent autour d’un carré de vingt mètres de côté délimité par une cordelette. L’agitation s’amplifie, mais le tout reste bon enfant.

Nous nous retrouvons au beau milieu d’un combat de peresean. Ce combat rituel met en scène deux adversaires armés de bâtons en bambou.

Après de longues minutes où les arbitres semblent chercher les combattants à opposer, il s’avère que c’est un combat d’écoliers : deux enfants d’à peine dix ans démarrent un combat. Torse nu, ils sont équipés d’un baton d’un mètre cinquante et d’un bouclier de fortune. Les coups s’enchaînent.

Durant ce combat d’art martial, les combattants n’ont le droit d’utiliser que le bâton et le bouclier, ils n’ont pas le droit d’utiliser les mains ou les pieds pour frapper leur adversaire. Un coup à la tête et le jeune vainqueur est désigné.. Le public lance  alors en nombre des billets de quelques roupies que les arbitres collectent et offrent au vainqueur et un autre combat s’engage…

Les jeunes garçons apprennent très tôt l’art de manier le bâton – pekambar en langue sasak. Un rituel qui fait perdurer la culture de leur peuple.

Le combat de peresean est un jeu de combat intense et symbole de masculinité. Dans la culture sasak, c’est aussi une façon pour le peuple de Lombok de respecter leurs héros et de se rappeler la difficulté que ce fut pour Lombok de survivre comme étant un grand royaume. 

Pour se remettre de cette agitation, rien de tel qu’un petit jus de fruits (pas frais – il vaut mieux refuser les glaçons par raison d’hygiène, on ne sait jamais!)

La journée a été bien remplie. Déjà le Soleil se couche sur la plage…

Paradise Island

Au petit matin, le soleil repart pour un tour…

Nous embarquons à bord d’un petit Jukung avec un pêcheur du village à un prix défiant toute concurrence…

Après une dizaine de minutes de navigation le bateau accoste sur l’île Gili Nanggu.

Nous ne sommes pas seuls mais l’affluence reste agréable.

Nous entamons une des plus belles plongées du séjour.

C’est le seul endroit où nous observons des coraux encore bien vivants. Un programme de réhabilitation a obtenu ces résultats.

Des jaunes
des Verts…
des bleus renaissant…

On aimerait revenir quelques décennies en arrière où la forêt des coraux n’était pas en Noir et. Blanc…

Tout autour, le ballet des poissons dont on ne se lasse pas… En voici quelques souvenirs.

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Petite Raie

Un coin de parais, vraiment !

Le midi, sur une autre îlot nommé Gili Sudak, le repas du midi est à base de poisson Napoléon… un peu difficile après la avoir vus nager dans les coraux!

L’autre pêche traditionnelle de la Baie de Sekotong est la langouste. Elle est élevée par les pêcheurs sous des cages flottantes comme celle ci-dessous.

Le soir, les pêcheurs ramènent leurs bateaux près de la plage.

De retour au village, nous préparons à nouveau les valises, le lendemain nous partirons en direction des pentes du Volcan Rinjani… A bientôt !

Côte nord de Bali : Plonger au pied des volcans

C’est l’un des privillèges offert par l’archipel des îles de la Sonde auquel appartient Bali, Lombok ou encore Sumbawa. Pouvoir plonger avec le décor des volcans qui plongent dans la mer à quelques brasses de là.

Depuis la petite ville de Permuteran après quelques péripéties (le capitaine a oublié de se réveiller et la camionnette a plus de 820 000 km au compteur…), nous embarquons dans un petit bateau à moteur en direction de l’archipel de Menjagan, dans le parc national de Bali Bharat.

Les limites du parc national et l’île de Menjagan, au nord.

Après 30 minutes de navigation, nous avons l’impression de toucher les volcans du bout des doigts – ou des palmes. Ils sont pourtant sur l’île voisine de Java.

C’est parti pour la première plongée du séjour !

Première ambiance en vidéo :

Allons voir un peu plus bas:

Jaunes, noirs, blancs, bleus… Nous évoluons dans un aquarium !

La girelle paon à taches d’encre

Voici le Poisson chirurgien clown (Acanthurus lineatus).

Puis c’est l’explosion de vie!

Agrandissez l’image si possible

Ici, les Etoiles de mer sont bleues…et croisent des poissons papillons en pyjama…

Lors de la deuxième plongée, nous voyons quelques massifs de coraux plus imposants.

La biodiversité est incroyable !

De beaux coraux rouges offrent un abri pour les bandes de poissons papillons…

Mais s’il y a une rencontre que nous retiendrons à jamais, c’est notre première tortue marine découverte par Romain !

Tortue verte

Celle ci restera gravée à jamais!

Nous rentrons ensuite pour déjeuner sur un îlot de sable quelque peu désert. Une photo qu’on adore :

Il ne faut pas cacher la réalité : une partie de l’îlot est jonchée de déchets…

… Mais heureusement elle abrite encore plusieurs espèces d’oiseaux des rivages

Pluvier de Java
Gravelots de Leschenault et Tourne-pierre
Gravelots de Leschenault
Gravelots de Leschenault

Tout autour, des Sternes huppées nourrissent leurs petits.

Au retour, nous profitons d’un dernier moment au jardin puis du coucher de Soleil.

Notre bungalow

Traversée de Bali d’Ouest en Est

Nous quittons avec regret cette partie très sauvage de Bali.

Au petit matin, je m’offre d’abord un lever de Soleil au dessus des collines.

Des Guêpiers égaient les premières lueurs.

Et voici le Bulbul goyavier, omniprésent dans toute l’Asie du Sud-Est

Les propriétaires de vaches redescendent déjà de la montagne chargés de foin pour leur bétail.

Dernier regard sur le panorama depuis le petit temple Batu Kursi…

Nous rejoignons l’Est de l’île en passant par la route longeant le littoral nord jusqu’au village de pêcheurs d’Amed.

Après une très brève pause à Lovina, et deux heures de route, nous faisons halte sur la côte au point le plus au Nord de Bali. Nous choisissons de nous restaurer au Warung Pesisi. Les Warungs, restaurants familiaux, font partie entière de la vie locale et touristique de l’île. On y mange pour quelques dizaines de milliers de Roupies, soit 2 à 5 euros.

Mojito au Warung Pesisi
Les cocotiers de carte postale

Encore une heure de route et nous arrivons à Amed. Voici notre chambre dans un tout petit hôtel familial. Pas de piscine, pas de chichis mais un accueil généreux et accès direct à la plage à 20m de là.

Voici donc la vue de la petite chambre : La mer, le bougainvillier et le « jukung » (bateau à balanciers) traditionnel de la famille

La journée tire à sa fin. Les lumières illuminent les bateaux de pêche ou de snorkeling rentrant sur la plage.

Et en regardant vers l’ouest, nous découvrons le majestueux volcan Agung (3031 m), point culminant de l’ile de Bali. Des enfants font du cerf volant. C’est un des passe-temps favori des jeunes balinais. Ils apprennent à en faire dès le plus jeune âge, avec des bouts de plastique. Plus tard, les cerfs-volants jouent un rôle dans les cérémonies religieuses, symbolisant la connexion entre les humains et les divinités célestes.

Les couchers de Soleil comptent ici parmi les plus beaux de Bali.

C’est parti pour trois plongées au pied des volcans…

Nous explorons les restes de l’épave nommée « Japanese Wreck ».

Cette petite épave repose à quelques mètres de la plage de Banyuning. C’est un ancien bateau de guerre japonais coulé pendant la Seconde Guerre mondiale, et il est devenu un véritable refuge pour la vie marine.

L’épave japonaise

Les enfants plongent en apnée quelques secondes…

Nous remontons pour plongeon un autre baie, et une Tortue marine affleure à la surface. La voyez-vous?

Nous la reverrons quelques instants plus tard sur le fond sableux.

Dans le même secteur, nous découvrons notre première raie. Il s’agit de la Raie pastenague à points bleus Neotygon khulii. Un poisson nettoyeur l’accompagne.

Raie pastenague à points bleus

Nous rejoignons le bateau en nageant à contre courant.

Notre dernière étape est constituée d’un fond marin en cours de reconstruction grâce à des pyramides de pierre.

Les abords de la pyramide sont appréciés par de nombreux poissons…

Le plus original : le Poisson trompette d’indo pacifique.

La Nature détient vraiment le record toutes catégories d’inventivité ! On dirait un hippocampe déplié ayant avalé un concombre et avec une queue de poisson.

Des agences peu scrupuleuses nourrissent les poissons de diverses mixtures, afin d’assurer des selfies instagrammables à leurs clients. On s’est retrouvé mélangés à un de ces groupes. Ah c’est sûr c’est magnifique. Mais on n’aime pas ça…

Ne boudons pas notre plaisir visuel, ce n’était pas le zoo. non plus !

Juste 10 minutes de navigation et nous sommes de retour pour déjeuner.

Avec les enfants nous y retournons depuis la plage pour une heure vers 17h, avide de nouvelles découvertes. La faible profondeur permet de belles photos avec la GoPro.

Ici la source d’émerveillement ne se tarit jamais et on reprend volontiers d’un peu de coucher de Soleil…

Puis de lever de Soleil !

En avant pour de nouvelles aventures!