Les Oiseaux de Lanzarote

Repartir en voyage deux ans après l’interruption du périple des obsrêveurs autour du monde, c’est comme retrouver des habitudes là où on les avait laissées… Même valises, mêmes habits fétiches du moins pour les adultes (l’aînée ayant pris 20 cm notamment), mêmes envies de grands espaces et de découverte de cultures nouvelles et de faune insolite…

Le choix d’une île hispanophone fait inconsciemment écho à ce continent latino américain que nous n’avions pas pu découvrir à la fin de notre voyage de 2020…

Les paysages arides et volcaniques de l’île de Lanzarote semblent sans vie au premier abord. De maigres plantes grasses et autres plantes xérophiles (qui aiment la sécheresse) cherchent à survivre aux conditions difficiles : vent, soleil permanent, pluies rares voire quasi absentes selon les endroits. Il n’y presque pas d’arbres à part quelques palmiers sur les hauteurs d’Haría, des figuiers cultivés ici ou là…

Malpais de la Corona. Le « mauvais pays », inculte…sauf pour l’homme ingénieux

Quelques espèces y ont néanmoins élu domicile en s’adaptant à ces conditions. Certaines sont endémiques des îles de l’Atlantique.

Villages et plantations

Ironie de la toponymie, nous nous installons au pied du volcan Corona, près du village d’harda. Mais ici en cette fin avril 2022, grâce à très fort taux de vaccination, l’insouciance face à la pandémie a enfin gagné les habitants.

Voici notre improbable « casa rural » au pied du volcan… et au milieu des maigres cultures gagnées sur la lave.

Aux alentours de notre gîte rural, le Pipit de Berthelot est l’oiseau le plus abondant. Son cri se fait entendre un peu partout.

Plus difficile à voir, la Fauvette à lunettes se cache dans les buissons. Celle-ci a été surprise au village de Maguez en plein nourrissage. Elle récoltait des chenilles sous un figuier pour les apporter dans son nid au cœur d’un buisson.

Plus discrète, surtout repérée à son cri, la Perdrix gambra est ici un gibier. Cela n’en reste pas un bel oiseau!

Dans les villages et sites touristiques, mais aussi dans les grottes de lave, nous trouvons le Moineau espagnol. Il diffère du moineau domestique par son cri mais surtout sa calotte entièrement brune et sa gorge fortement striée de noir.

Jable de Teguise et Famara

Dans les plaines arides, une seule espèce d’Alouette a élu domicile. Il s’agit de l’Alouette pispolette, aussi présente en Espagne, en Afrique du Nord et au Proche Orient.

Son chant flûté, assez voisin de celui de l’Alouette des champs européenne, retentit au petit matin dans la Jable, vaste plaine agricole semi-désertique entre Tao, Famara et Teguise.

Plus discret, le Roselin githagine est de la famille des fringilles. Il se nourrit de graines diverses. Son bec orange est remarquable !

Roselin githagine

Sur les buissons, on trouve aussi assez couramment la Pie-grièche méridionale. C’est une sous-espèce propre aux Canaries qui réside ici : Lanius excubitor koenigi.

Mais l’espèce la plus recherchée de l’île par les ornithologues de passage est surement l’Outarde houbara. Cette grand outarde est assez commune mais sa découverte n’est pas toujours aisé tant son mimétisme est excellent. Que ce soit dans les prairies herbacées…

ou dans les plaines rocailleuses…

Son cou bordé élégamment de noir se confond avec les rochers volcaniques et leurs ombres… Il n’a pas été simple de la trouver!

Plus discret encore, on peut entendre le cri de l’Oedicnème criard. Il ne se sera pas montré cette fois-ci. Ces paysages constituent pour lui un paradis.

Je rêvais de voir le mythique Courvite isabelle mais hélas malgré 6 kilomètres dans les steppes au nord de Playa banca, je n’aurai pas pu prendre de cliché aussi splendide que celui-ci que Stephen Burch aura bien voulu me prêter. Je le remercie pour son blog inspirant.

Courvite isabelle – Cream-colored Courser (c) S. Burch.

Rapaces

5 espèces de rapaces sont nicheuses sur l’île. Les autres espèces observées ne sont que de passage sur la route migratoire qui les mène d’Afrique occidentale à l’Europe : Milans, Busards….

Le plus commun est l’omniprésent Faucon crécerelle Falco tinnunculus dacotiae. Il chasse insectes, rongeurs et lézards.

A deux reprises, nous avons observé le Vautour percnoptère Neophron percnopterus majorensis dont quelques couples nichent sur les falaises. Voici un juvénile présent aux abords d’une décharge agricole.

Sur les falaises est aussi présent le Faucon de Barbarie Falco peregrinus barbarensis. Ce dernier nous a survolé au Mirador del Rio.

On trouve aussi en fin de saison le Faucon d’éléonore sur les îles de la réserve de Chinijo. Enfin, dans le nord de l’île, le Balbuzard pêcheur a élu domicile sur les îlots et pitons rocheux. Nous l’avons observé brièvement avec un poisson dans les serres au dessus d’Orzola mais il n’y aura pas de photo !

Lagunes

Il n’y a pas de lac sur Lanzarote… Le seul bassin artificiel est celui du Golf de Tias mais il était à sec.

Pour observer les oiseaux des milieux aquatiques, il faut se résigner à fréquenter les salines de Janubio, sur la côte sud-ouest de l’île…

Echasses blanches
Tadornes casarcas nicheurs

Voici quelques limicoles migrateurs qui font halte sur les vasières du Port de la ville principale, Arrecife.

Tournepierre à collier
Courlis corlieu
Bécasseaux variables
Gravelot à collier interrompu

Une importante colonie de Hérons gardeboeufs a élu domicile à proximité.

Les golfs sont par contre les seuls endroit où on trouve de la pelouse. Ces milieux sont familiers aux oiseaux migrateurs qui remontent vers l’Europe et ils y trouvent vers et insectes dans la terre … Un terre apportée par bateau qui permet à l’herbe de pousser grâce à un arrosage à l’eau douce issue des usines de désalinisation… Une belle aberration écologique de plus !

Bergeronnette printanière (M. flava thunbergi)
Huppes fasciées

Quelques hirondelles épuisées par le vent fort se terrent au sol.

Hirondelle rustique
Hirondelle de rivage

Sur les côtes, seules deux espèces sont régulièrement visibles au large. Le Puffin cendré, aux allures de petit albatros;

Puffin cendré

…et le Goéland leucophée, version méditerranéen de notre Goéland argenté breton auxquel il était jadis associé par les scientifiques.

Voici une magnifique brochure -en français- éditée pour le compte de la réserve de biosphère sur les espèces pour aller plus loin… et donner envie de découvrir cette réserve de biosphère de l’Atlantique ?

A bientôt pour un rattrapage en deux derniers articles rafraichissant sur l’Islande (2018) avant la suite des aventures à Lanzarote !

Tiritiri Matangi, île paradis pour les oiseaux

Comme nous l’expliquions dans l’article sur les oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande, un certain nombre d’entre eux ne volent pas et sont à la merci des prédateurs importés par les humains. D’autres volent mais leurs nids sont aussi pillés par les hermines, rats et autres opossums.

Plusieurs îles refuges accueillent les dernières populations de plusieurs espèces d’oiseaux autrefois répartis dans toutes les forêts de l’archipel. L’île de Tiritiri, située dans le golfe d’Hauraki, au nord d’Auckland, est l’une des rares pouvant être visitée toute l’année « librement ».

Situation géographique de Tiritiri Matangi © Duke Math Dept

La visite de ces îles exige des mesures sanitaires strictes : les sacs sont reniflés par un chien, il est interdit de ramener son rat domestique ou son furet de compagnie, évidemment…

Ca ne rigole pas!

Il faut aussi nettoyer ses chaussures pour enlever les champignons ou graines venues d’ailleurs.

Vos chaussures sont propres? Pas de fourmis australiennes dans votre sac à dos? Embarquez avec nous depuis Gulf Harbour ou Auckland vers la petit île de Tiritiri Matangi !

Après 30 minutes de traversée en compagnie des Puffins volages,

la navette accoste au sud de l’île.

Une colonie de Sternes taras accueille les visiteurs.

Après la traditionnelle photo devant l’entrée de la réserve, nous partons pour une boucle par l’ouest. Il est possible de louer les services d’un guide bénévole pour 5$ / adulte, mais nous nous promènerons seuls.

Le sentier longe d’abord la côte à travers une colonie de Manchots bleus, mais les jeunes sont déjà émancipés et doivent être à la pêche!

Mais nos regards sont plutôt tournés…vers les fourrés où nous débusquons notre premier oiseau endémique, le Saddlback (« Dos en bretelle » en anglais).

Cet oiseau ne vole pas vraiment : il volette de branche en branche. Quelques milliers d’années d’évolution en plus et il serait devenu terrestre…et n’aurait pas résisté aux prédateurs introduits. Heureusement, il a survécu, mais reste une proie facile, c’est pourquoi il n’est plus présent que sur les îles.

Le rare Saddleback ou, en français, Créadion rounoir

Dans les branchages, nous observons également la Mohoua à tête blanche…

… ainsi que le Miro de Garnot ou North Island Robin, très curieux, qui se laisse approcher et vient même à nos pieds, comme son cousin de l’île du Sud observé à Orokonui Sanctuary.

Celui-ci porte une bague, comme la plupart des oiseaux de l’île que les scientifiques suivent avec assiduité. Les dates d’arrivée, les nombres de couples etc. sont suivis à la loupe. Voici à ce sujet l’historique des réintroductions dans le but de sauver les espèces de l’extinction :

Histoire des réintroduction. En bas à droite, le célèbre Kokako

Nous cherchons en vain le Kokako, sorte de corneille de couleur bleu pétrole, très rare et qui hante certaines parties de l’île depuis sa réintroduction en 1997. Nous ne perdons pas au change avec cette belle Perruche de Sparrman.

En baissant la tête, ce sont des Cailles tasmanes (Brown Quail) qui nous passent presqu’entre les jambes.

Elles sont à peine plus petites que les Kiwis d’Owen, présents sur cette île mais insaisissables à moins de dormir sur l’île pour les débusquer la nuit… Ou de tricher un peu !

Sur le chemin sommital, 3 Takahé se promènent sans stress, comme partout du temps de leurs ancêtres…

La plus grosse « poule d’eau’ du monde, le Takahé

Dans les quelques ruisseaux encore coulants, nous apercevons la rare petite Sarcelle de Nouvelle-Zélande. Elle fait de drôles de bruits avec son bec en filtrant l’eau du ru !

Sarcelle dans un rai de soleil. Cherchez son œil !

Le concerto des forêts primaires

A plusieurs endroits le long des chemins, des mangeoires sont disposées pour aider à observer les oiseaux et leur donner un petit coup pouce alimentaire. Il s’agit simplement de distributeurs d’eau sucrée, car plusieurs espèces sont « méliphages », c’est à dire se nourrissent de nectar.

Nous y observerons le très rare Hihi ou Stichbird en anglais.

Mais autour de ces points de rassemblements, ce sont surtout les Bellbirds et les Tuis qui sont nombreux et donnent un vrai concert. On s’imagine alors l’ambiance sonore des forêts primaires qui recouvraient la Nouvelle-Zélande mille ans auparavant… quand ces oiseaux vivaient paisiblement sans aucun ennemi !

Bellbird ou Méliphage carillonneur
Méliphage Tui
Méliphage Tui et sa cravaté frisée

Il est temps de faire quelques kilomètres pour trouver un coin pique-nique, forcément avec vue…

Un populaire New Zealand Fantail nous rend visite (Rhipidure à collier)

Nous rejoignons le Phare de l’île où se tient une boutique et un espace muséographique relatant le travail des naturalistes professionnels et bénévoles. Pour tout savoir : http://www.tiritirimatangi.org.nz/

le phare et la péninsule de Coromandel tout au fond

Peu avant de reprendre la bâteau vers 15h, nous nous asseyons devant les derniers abreuvoirs où les oiseaux viennent se désaltérer. Maître Kereru vient nous saluer.

Carpophage de Nouvelle-Zélande

Avec des voitures si belles, le métier des Rangers de Tiritiri donne envie !

Si la soirée de la veille était insouciante malgré l’école,

Ce soir, nous sommes plus soucieux. Notre voisin repère une broche fichée dans le pneu arrière gauche !

Puisqu’on paie assez cher l’assistance, nous confions le sort de notre van en de bonnes mains…

Une dernière péripétie sans conséquence car nous avons un jour de battement avant de prendre l’avion pour le Chili…

Notre dernier jour »officiel » en Nouvelle-Zélande sera retardé suite à un vol décalé de 20h… Le temps d’écrire un petit résumé de nos 5 premières semaines sur l’archipel !

Ce lundi 16 mars marquera le coup d’arrêt du programme initial… Fichu virus ! La situation au Chili, encore bonne, risque de se dégrader très vite et déjà nos hébergements nous indiquent que nous ne sommes pas les bienvenus. Les Français d’où qu’ils viennent sont alors vus comme « contagieux »…

Nous faisons demi-tour à l’aéroport d’Auckland, et voici une nouvelle page du voyage qui se tourne. Ce sera… 3 mois de plus en Nouvelle-Zélande !

–> Articles déjà écrits sur notre vie durant le confinement :

« A Paihia, dans notre village, il y a… »

Oiseaux de Nouvelle-Zélande observés en confinement Covid-19…

A bientôt pour les dernières aventures automnales du mois de juin post-confinement dans les terres des volcans !

La côte sauvage de Miranda à Coromandel

Miranda

Nous remontons vers le Nord pour notre dernière semaine initialement prévue en Nouvelle-Zélande. Une aire de camping gratuite, la Rays Rest Camping Reserve, nous accueille au bord de l’Océan Pacifique, plus exactement au fond de la baie de Thames. Pour changer, nous sommes presque seuls sur cet immense terrain libre en bord de plage.

La soirée sera très venteuse. Les sternes taras se couchent au sol ou essayent de voler face au vent avec peine.

Difficile de se concentrer pour l’école avec ce vent et les groupes d’oiseaux qui passent…

Le terrain de camping se situe à proximité de la réserve ornithologique de Miranda, la Robert Findlay Wildlife area. C’est le meilleur site de Nouvelle-Zélande pour observer, entre autres, les oiseaux limicoles qui se rassemblent ici en nombre comme dans notre Baie de Somme !

En voici une carte présentant les sites de découverte de cette baie classée d’importance internationale pour les oiseaux d’eau (réseau RAMSAR).

https://www.wetlandtrust.org.nz/get-involved/ramsar-wetlands/firth-of-thames/

Petit matin à la réserve Robert Findlay

Une petite carte encore pour les voyageurs intéressés :

Nous nous levons aux aurores et partons avant le petit déjeuner pour profiter des lumières du matin mais aussi de la marée haute qui rassemble les oiseaux sur les lagunes. Dès notre arrivée le long de la route, nous surprenons ce grand groupe d’Echasses d’Australie encore endormies.

Cécile capture cette image magnifique de reflets, où les oiseaux sont comme des feuilles d’arbres…

Zoomons un peu :

En attendant que les premières vasières se découvrent avec la marée, nous rejoignons l’observatoire des Stilt pools.

Des centaines d’Huîtriers de Finsh se reposent. Au centre, une Sterne caspienne marque une note plus claire…

Soudain elle s’envole pour aller pêcher.

Sterne caspienne… bien loin de la mer qui lui a donné son nom !

En cette fin d’été, les Barges rousses et les Bécasseaux maubèches de retour de Sibérie orientale sont déjà nombreux.

Mais nous sommes là également pour voir le plus curieux des limicoles endémiques de Nouvelle-Zélande, le Pluvier anarhynque… Voici justement un immense groupe qui a décollé du fond de la lagune !

Ils se reposent un peu plus loin avec quelques Pluviers fauves.

La marée redescend et les oiseaux vont commencer leur ballet.

Chacun son tour, les oiseaux limicoles rejoignent l’estran pour faire un festin de petits vers ou de mollusques.

Pluviers anarhynques (Wrybills) et Echasses d’Australie (pied Stilt)

Les « Wrybill » (becs tordus en anglais) se posent enfin. Il va enfin être possible d’observer la caractéristique unique de ce petit échassier : son bec de travers !

Regardez le bec qui dévie vers la droite. Fait incroyable, tous les becs de ces petits pluviers sont dissymétriques vers la droite. Aucun n’a jamais été observé avec un bec à gauche ! Quoi de plus normal dans un pays « bristish » où l’on roule à droite !

De profil on ne voit rien.

Tournez-vous !

Merci !

Oiseau baillant à droite !

D’autres oiseaux rejoignent à chaque minute le cortège des infatigables arpenteurs de sable et de vase…

Ils arrivent de tous cotés : Bécasseaux maubèches,

Barges rousses,

Echasses australiennes,

Huîtriers de Finsh,

Et encore quelques pluviers au bec tordu…

Les Barges rousses, grandes migratrices, parcourent couramment plus de 8 000 km en vol direct sans escale…  

Un oiseau muni d’émetteur satellite à partir du printemps 2007 a effectué un vol ininterrompu entre la Nouvelle-Zélande et l’Alaska, de 10 200 km (en 9 jours) lors de la migration de printemps, et de 11 500 km (en 8 jours) lors de la migration d’automne suivante. Un exploit unique dans la gent ailée. Durant de tels déplacements, l’individu concerné a perdu la moitié de son poids initial !

Je n’ai pas l’air comme ça !

Nous revenons après le petit déjeuner pour observer une dernière fois le petit peuple des estrans…

Un Pluvier à double collier s’est invité au festin de vers arénicoles.

L’avantage de se lever tôt est que la journée est encore longue… Mais il faut d’abord retirer son pyjama!

Le legging en laine Merinos, l’allié indispendable de tout globe trotter !

Deux jours sur la pénisule de Coromandel

En fin de matinée, nous quittons ces spectacles fabuleux et reprenons la route (sinueuse) vers la Péninsule de Coromandel.

(c) Coromondel

Notre halte pique-nique à Tairua offre une vue magnifique nous donnerait presqu’envie de rester dormir au Mary Beach Reserve, un « free camp » de 3 places, mais il est encore tôt…

Tairua et son rocher

Nous rejoignons la plage de Hot Water, célèbre pour ses sources d’eau chaude qui émergent sous le sable; hélas la marée est trop remontée. Il nous faut passer notre chemin.

Arrivés à Hahei vers 16h30, nous décidons de rejoindre à pied les célèbres plages cachées de Cathedral Cove. Le site est touristique mais se vide peu à peu avec l’heure qui avance.

Hahei beach

Après une heure de marche, nous arrivons au pied de cette voute dans la falaise rendue notamment célèbre par la trilogie du Monde de Narnia...

(c) Extrait du film Les Mondes de Narnia, Le Prince Caspian

Mais nous ne le savions alors pas !

Certains blocs calcaires sont en sursis…

Nous rentrons au parking avec les lueurs du soir.

Petit coup de stress en arrivant au Van… Le parking fermait à 19h !

Plus de peur que de mal… Si la barrière est bien fermée, elle s’ouvre néanmoins à notre approche… Ouf !

Nous trouvons à la nuit tombée un emplacement rêvé pour passer la nuit.

Et se réveiller. Notre plus beau lever de soleil jusqu’alors…

Au matin, les enfants prennent (enfin…) le temps de jouer.

Nous prenons un pique-nique dans la forêt au centre de la péninsule, au bord de la rivière Whangamaroro.

Des oiseaux colorés nous accompagnent comme ce Pigeon de Nouvelle-Zélande…

… et cette Perruche omnicolore importée d’Australie, qu’on retrouve aussi dans nos animaleries européennes…

Nous trouvons un camping pour recharger les batteries à Oamaru Bay, de retour le long de la baie du Firth of Thames.

L’emplacement ne fait pas rêver au premier abord…

Mais nous sommes presque seuls et les oiseaux égaient les lieux. Les Tui chantent autour du van…

Méliphage tui ou « Tui cravate frisée »

… et de très chics Colins de Californie (encore une espèce introduite) circulent sur le terrain et nous les croisons entre deux lessives…

Colin de Californie

Et le soir la vue sur la Baie de Thames est encore sublime…

Le lendemain, après une balade au village de Coromandel, nous rejoignons Auckland par la route côtière.

Statue maori à Coromandel

A la pause pique-nique, nos petits singes prennent un peu de hauteur pour admirer la vue -et finir les bananes !

Au loin, la côte vers Auckland

Les Huîtriers variables semblent aussi apprécier le paysage.

Notre prochaine excursion avant notre faux départ pour l’Amérique nous mènera encore une fois découvrir les oiseaux incroyables de Nouvelle-Zélande…

A bientôt et merci de nous suivre encore malgré le décalage de près de 6 mois désormais…

Les Oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande s’est séparée du continent primitif du Gondwana de manière isolée depuis très longtemps (85 millions d’années). Sa faune a évolué de manière totalement indépendante de l’Australie et des autres îles du Pacifique.

Il en résulte un taux d’endémisme très important jusqu’à l’arrivée de premiers indigènes maoris vers le XI ème siècle, arrivés en bateau depuis les îles du Pacifique.

La Nouvelle-Zélande est parfois appelée « l’île aux oiseaux » car elle avait la particularité de n’avoir aucun mammifère terrestre prédateur sur son sol.

Aussi, de nombreuses espèces d’oiseaux ont évolué sans besoin de s’enfuir et sont inaptes au vol. Beaucoup font aussi leur nid au sol.

Les maoris ont introduit les rats et les chiens, qui ont causé les premiers dégats irréversibles sur des espèces. En quelques siècles à peine, l’espèce s’éteint. L’arrivée des Maoris a également causé la disparition des Moas, ces genre d « autruches » immenses, et de l’Aigle géant de Haast, leur unique prédateur naturel, et plus grand rapace ayant jamais existé.

Aigle de Haast chassant deux Moas
Aigle de Haast, Musée Te Papa Tongarewa, Wellington

Les colons britanniques ou australiens arrivés par la suite ont introduit des prédateurs pour lutter contre la prolifération des rats.

C’est là que commence la catastrophe écologique qui a conduit à la disparition de nombreuses espèces indigènes, tant chez les oiseaux que chez les reptiles et les insectes.

Les hermines, redoutables prédateurs, ainsi que les chats, furets et surtout opossums australiens hantent désormais les forêts. Ils font bombance d’oeuf de Kiwi, de nichées de passereaux etc.

Des îles refuge.

Les néo-zélandais d’aujourd’hui mènent une lutte sans merci contre ces nuisibles… « PEST » en anglais… Hélas, il y aurait 30 millions d’opossums voraces donc la guerre est souvent perdue d’avance. Alors, ils créent des refuges sur quelques îles où les prédateurs sont méticuleusement éradiqués. Sur celles-ci, les espèces les plus vulnérables coulent des jours heureux. Nous en avons visité deux, les îles de Tiritiri Matangi et de Rangitoto, au large d’Auckland.

Embarquement immédiat… pour un long voyage !


Sternes taras.

Toutes photos :  © Olivier Laporte sauf mention contraire pour les rares espèces non observées… Et cliquez pour zoomer !


Canards et grèbes

Le Tadorne de paradis

Paradise Shelduck (Putangitangi)

Très commun dans les pâturages et zones humides, jusqu’au parking du Mont Cook. On ne s’en lasse pas. La femelle est plus sobre.

L’ Hyménolaine ou Canard bleu

Blue Duck (Whio)

Seules trois espèces de canards sur la planète vivent exclusivement dans les rivières d’eau vive et plongent dans les rapides pour se nourrir : La Merganette des torrents, en Cordillère des Andes, l’Arlequin plongeur, en Islande et Canada (mais ce dernier fréquente aussi les littoraux en dehors de sa période reproduction), et l’Hyménolaine ou Canard bleu, en Nouvelle-Zélande.

Nous l’avons cherché plusieurs heures en mars… en vain !

Il est très menacé et ne vit que dans quelques rivières des montagnes de l’Île du Sud et sur les plateaux volcaniques de l’Ile du Nord.

En juin, nous avons pu retourner à Turangi et la rivière Tongariro était débarrassée des Raftings et canoés, nous avons alors pu observer un rassemblement automnal de 15 oiseaux.

La Sarcelle de Nouvelle-Zélande

Brown Duck (Pateke)

Très rare, on ne la trouve que sur quelques îles ou réserves closes débarrassées des prédateurs, et dans quelques rivières du Northland.

La voici dans le clair obscure, barbotant dans un ruisseau presqu’à sec sur l’île de Tiritiri Matangi. Son oeil est entouré d’un délicat cercle blanc. Il était très bruyant quand il filtrait la vase…

Repérez-vous le rare canard des forêts?

En automne, il se rassemblent sur quelques plans d’eau ou marais du Northland, comme ici près d’Helena Bay. On distingue mieux son délicat plumage.

Le Fuligule de Nouvelle-Zélande

New-Zealand Scaup (Papango)

Ce canard plongeur fréquente les lacs et étangs peu profonds. Observé sur les berges du Lac Wanaka ainsi que dans un étang urbain à Whangarei.

Lac Taupo
Wangarhei, Vinegar salt
Taupo, Motutere

Le Grèbe de Nouvelle-Zélande

New Zealand dabchick (Weweia)

Un petit grèbe qui apprécie les étangs urbains, stations d’épurations… PAs sans rappeler notre Grèbe castagneux, mais légèrement plus grand et avec l’oeil jane et la poitrine rousse.

Les Manchots

Parmi la dizaine d’espèces nichant ou s’égarant sur l’archipel, deux sont endémiques de l’île du Sud : Gorfou du Fiordland et le Manchot antipode.

Les sites où l’on peu voir le Gorfou du Fjordland sont difficilement accessible, surtout que la route de Te Anau était coupée. Il faudra revenir 😉

Le Gorfou du Fjordland

Fjordland Crested Penguin

Non observé. Son domaine vital, les fjords du Sud-ouest, n’était pas dans notre parcours…

© Craig McKenzie

Le Manchot antipode

Yellow eyed Penguin (Hohio)

Avec une population estimée à 1600 individus en 2017, dont 600 sur l’île du Sud, il est considéré comme le manchot le plus rare du monde et se trouve actuellement en danger d’extinction. Les kiwis se mobilisent pour le sauver.

La plupart sont bagués.

Il pèche jusqu’à 25 km de la cote et à parfois 120 m de profondeur.

Son nid est placé en hauteur sur une colline côtière. Il doit monter lentement, car la journée de pêche l’a épuisé…

En pleine montée
Au nid

Le saviez-vous? Il y a plusieurs millions d’années, un Manchot géant de plus de 1,60 m hantait les plages du pays. Un redoutable prédateur !

Musée de Canterbury, Christchurch
Taille réelle…

Les Cormorans

12 espèces habitent en NZ dont 7 sur les deux iles principales. Un record pour un si petit territoire !

Pas moins de 8 sont endémiques à l’île du Sud, et nous avons eu la chance de pouvoir les observer, parfois brièvement.

Le Cormoran moucheté

Spotted shag (Parekareka)

C’est le cormoran endémique le plus commun. Il arbore des teintes plutôt gris-beiges sur le dos, ce qui est une exception qu’il ne partage qu’avec le Cormoran de Gaimard pour cette famille d’oiseaux (39 espèces) dont le dos est toujours noir ébene.

Le Cormoran d’Otago

Cette sous-espèce du Cormoran des ïles Stewart ne niche que sur la péninsule d’Otago.

Otago Shag

Otago Shag

Le Cormoran royal

New Zealand King Shag

C’est le Cormoran le pls rare au monde. Il ne se reproduit que sur quelques îlots des fjords de Marlbourough, au nord de l’île du Sud. Les 125 couples sont bien suivis par les scientifiques.

C’était un objectif de l’apercevoir lors de notre traversée en Ferry entre les deux îles, le départ se faisant dans ces magnifiques fjords. Nous en avons vu deux ! Les photographier depuis le bateau était un défi aussi. Relevé !

On notera les épaules blanches
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Oiseaux de Nouvelle-Zélande observés en confinement Covid-19…

Liste commentée et illustrée des oiseaux observés depuis le balcon

A Paihia (Northland, Far north district).

Un peu partout dans le monde, les ornithologues confinés se sont amusés au jeu d’établir la liste des oiseaux observés depuis leur fenêtre, balcon ou jardin.

Je me suis prêté à l’exercice avec passion… Bilan : 33 espèces. Un score honorable au vu du nombre assez peu élevé d’espèces dans ce pays… Et notamment du fait de la quasi absence de migrateurs de passage dans ces terres du bout du monde.

Cette liste peu également se lire en commençant par la fin, pour avoir la chronologie des découvertes !

Dernier (47 ème jour) : A partit de demain, il est possible de circuler librement dans tout le pays. Bon, pour être précis, depuis le 27 avril, il était possible de faire 1h de route environ autour de son domicile. Mais la date symbolique de fin de confinement est bien le 14 mai.

# 33 Grive musicienne

ce 12 mai au matin, une Grive musicienne me réveille !

Depuis la chambre

Jour 30

# 32 Chardonneret élégant

Chardonneret, zostérops et moineau au bain à la casacade de Kerikeri

Deux oiseaux découverts quelques jours plus tôt à la plage voisine de Waitangi… Avec l’automne, les fringilles semblent se rapprocher des habitations.

# 31 Pinson des arbres

L’automne arrive, ou pour d’autres raisons, mais j’observerai presque quotidiennement le Pinson des arbres à mangeoire de la voisine ou en vol…

#30 Canard colvert

Oublié celui-là! Je ne l’attendais pas alors qu’il y en a ça et là dans les petites résurgences des rivières des plages voisins. Deux en vol devant la maison.

#29 Cormoran noir

En vol au ras des bateaux… Petit taille, pas de trace de blanc sur la tête ou le cou, queue bien visible : Je l’attendais depuis longtemps car quelques individus pêchent non loin dans l’estuaire voisin.

#28 Tadorne de Paradis (endémique)

Juste avant de passer derrière la colline, un beau vol attrapé in extremis aux jumelles.

Jour 7

#27 Verdier d’Europe

Encore une introduction d’espèce européenne faite par les colons pour égayer le silence des prairies et des jardins, trop silencieux à leurs oreilles après qu’ils aient détruit les végétations endémiques…

#26 Aigrette à face blanche

Je scrute le ciel depuis 18h, ayant repéré qu’une dizaine se nourrissent à marée basse dans l’estuaire de Waitangi voisin, mais caché par la forêt. Il y a bien une qui allait passer devant le balcon. Bingo à 19h20… en plein film avec les enfants!

L’ Aigrette à face blanche est bien répandue en Nouvelle-Zélande, Australie, Nouvelle-Calédonie et Indonésie.

Jour 3

#25 Pigeon de Nouvelle-Zélande

1 en vol en plein BBQ du dimanche, juste avant que la bouteille de gaz ne soit vidée ;-(

Ce pigeon frugivore assez commun est très gros,

#24 Gérygone de Nouvelle-Zélande

Deux « pouillots gris » (Grey warbler) dans le jardin du voisin au petit matin.

#23 Ninoxe boubouk (Morepork)
La seule chouette native de N-Z. Un « kiew » bien net par deux fois alors que m’endormais… Yes! Inéspéré. Seulement ma deuxième entendue depuis février.

#22 Labbe parasite 
Bingo ! 3 labbes harcèlent les dizaines de Sternes tara dans la pêcherie.

#21 Sterne tara
La sterne marine quasi endémique de Nouvelle-Zélande (White fronted tern). Commune. Un gros groupe en pêche sur un banc de poissons, assez loin.

#20 Martin pêcheur sacré
Merci la petite famille! Je faisais la sieste! Je me suis rarement levé aussi vite. Sur le fil électrique à 30m … Revu régulièrement par la suite.

#19 Sterne caspienne
Attendue. Vole au-dessus de la plage.

Malgré son nom relatif à la mer intérieure de l’ex empire soviétique, cette grosse sterne est présente sur tous les continents – à l’exception de l’Amérique du Sud dont elle ne fréquente qu’occasionnellement le littoral caraïbe.

#18 Perruche omnicolore
Des cris et deux oiseaux en vol dans les grands arbres ce matin.

#17 Tui
(Endémique). Chant discret à l’aube. Le Méliphage tui est un des oiseaux les plus symboliques de N-Z.

Tui

#16 Aigrette sacrée
Ma 102 espèce en Nouvelle-Zélande ! En vol au ras de l’eau à plus de 400m.

#15 Tourterelle domestique / de Barbarie
Surprise en voyant passer comme un flèche une tourterelle type « turque »… Il s’agit en fait de la Tourterelle domestique (Barbary dove, forme domestique de la tourterelle rieuse – African collared dove), qui traine ça et là dans le nord du pays.

#14 Huîtrier de Finsch (endémique)
Un beau groupe en vol en soirée. C’est la deuxième espèce d’huîtrier endémique de N-Z. Il ressemble au notre.

#13 Fou austral
Pêchent au fond de la baie devant Russel, cité historique visitée il y a quelques jours.

#12 Grand Cormoran
Moins commun que son cousin le Cormoran varié. Gros cormoran noir en vol, pas de traces de blanc. Revu de plus près sur la plage :

#11 Zostérops à dos gris
Un petit groupe dans le bouleau.

#10 Rhipidure à collier (Fantail – endémique)
Démonstration de mode dans le jardin du voisin pour ces Fantail endémiques qui étalent leur queue en éventail.

#9 Cormoran varié
Un grand cormoran au ventre blanc, là bas au-loin sur la baie.

#8 Etourneau sansonnet.
En vol vers un dortoir.

#7 Huîtrier variable
Yes! Un bel endémique de N-Z là-bas aux jumelles sur les récifs à marée descendante. Tout noir sauf les pattes rosées et le bec bien orangé.

Un de mes oiseaux préférés ici !

#6 Hirondelle messagère
Messagère de l’automne qui arrive à grands pas

#5 Merle noir
Ce bon vieux merle !

#4 Martin triste.
Importé d’Asie. N’est présente sur le nord-est de l’Ile du Nord.

#3 Goéland dominicain
Gros goéland mastoc qui vient sur le toit.

#2 Mouette scopuline (Mouette argentée, ssp de N-Z)
La Mouette commune. Arrive aussi pour les miettes…

(c) Noémie

#1 Moineau domestique.
Beaucoup plus commun qu’en France… ou son statut est inquiétant dans certaines grandes villes notamment, Paris en premier. Margaret leur jette des miettes…

Notre rencontre avec le Kiwi, l’oiseau emblème de la Nouvelle-Zélande

Avec la participation de nos jeunes reporters naturalistes Noémie et Romain

14 février 2020.

Dans notre voyage à la découverte des animaux emblématiques de chaque pays, il était inconcevable de ne pas tenter d’observer le Kiwi, oiseau emblématique de la Nouvelle-Zélande. Même les habitants se surnomment eux-mêmes les « Kiwis » ! C’est dire l’importance que revêt cet oiseau pour les néo-zélandais.

Mais c’est une gageure…. La plupart des « Kiwis » n’ont jamais vu de Kiwi… L’oiseau est exclusivement nocturne et farouche. L’entendre est plus commun. Son cri? « Ki – Wiii », bien sûr…

Kiwi mâle, à Kerikeri

Dès le premier jour, nous étudions le kiwi sur notre livre Birds of New Zealand.

Ils n’existent pas que dans les livres… Dans le parc national d’Arthur Pass où nous commençons notre périple, le grand Kiwi tacheté est présent dans les forêts d’altitude… Ce panneau nous fait rêver…

Nous l’entendrons un soir crier. Un bon début!

Vous saurez tout sur les Kiwis !

Cet animal est très populaire. Il suffit de regarder cette photo d’un jeune kiwi pour comprendre les raisons ! « So cute« …

Crédit photo : DOC (Department of Conservation)

Il est inexact de parler « du Kiwi » car il y a cinq espèces de kiwis : en anglais et français :

  • North Island Brown Kiwi / Kiwi de Mantell : assez commun dans l’Ile du Nord
  • Little Spotted Kiwi / Kiwi d’Owen : Petit, rare, dans des îles sanctuaires libres prédateurs
  • Great Spotted Kiwi / Kiwi austral : le plus grand, dans l’Ile du Sud
  • Rowi / Kiwi d’Okarito : le plus rare
  • Tokoeka / Kiwi roa : dans les fjords inaccessibles du Southland

Voici la carte de répartition des espèces de kiwi. La légende est fonction de la couleur du mini kiwi en icône des photos ci-dessus. Le plus rares sont : le Rowi et le Tokoeka, dans l’île du Sud.

Les kiwis sont endémiques, cela veut dire qu’ils sont présents seulement en Nouvelle-Zélande. Ce sont des oiseaux nocturnes, incapables de voler, proches parents des autruches ou des émeus que nous vous avons déjà présentés !

Ils ont des caractéristiques proches des mammifères. Ce sont des oiseaux très spéciaux : leur moelle osseuse est remplie, c’est pour cela qu’il ne peut pas voler !

Les kiwis ont des plumes qui ressemblent à des poils !

La longévité du kiwi est de 30 à 35 ans.

Les kiwis sont les seuls oiseaux qui aient les narines au bout du bec ! Cela leur permet de repérer à l’odeur des petits invertébrés sous le feuillage ou de repérer des baies. Leur bec possède également des capteurs pour repérer les mouvements.

Ils possèdent également de nombreuses vibrisses à la base du bec et au-dessus des yeux, ce qui lui confère un sens tactile développé la nuit. Quel arsenal pour se nourrir de nuit !

Ils se servent aussi de leurs pattes puissantes pour creuser les terriers ou chercher à manger.

Nous présenterons son cycle reproducteur et ses prédateurs dans le prochain paragraphe car on en parle beaucoup au cours de la visite :

Notre visite du centre de conservation des kiwis de Franz Joseph.

Le centre WildLife West Coast présente aux touristes à travers une exposition les différentes espèces de kiwis ainsi que leur action en faveur de la préservation des rares Rowi et Tokoeka)

La visite commence par un secteur sombre où il est possible d’observer de jeunes kiwis vivants qui grandissent ici avant d’être relâchés. Nous en avons vu un. Hélas les photos sont interdites, de toutes façons c’était trop sombre… Voilà à quoi il ressemblait…

(c) Kiwibird, Queenstown

Il se déplace discrètement dans les coins de son enclos. Une sonorisation reproduit les chants des oiseaux forestiers. Il fait nuit dans la pièce car sinon en journée, les visiteurs les verraient toujours dormir. Leur cycle quotidien a été inversé !

Continuer la lecture de « Notre rencontre avec le Kiwi, l’oiseau emblème de la Nouvelle-Zélande »

Les oiseaux d’Australie

L’avifaune de l’île-continent a tenu toute ses promesses. Une richesse incroyable, de très nombreuses espèces endémiques et une densité d’espèces remarquables… Un régal, avec un seul regret : ne pas avoir pu explorer les régions plus arides ni les forêts côtières et « alpines » (Otway : trop de pluie, Blue Mountains : trop de feux…), pour diversifier encore les milieux explorés. Mais même sans cela, plus de 185 espèces ont croisé nos jumelles, avec une mention particulière pour les perruches, les pigeons et les méliphages, cette grande famille d’oiseaux nectarivores.

Cliquez sur l’image pour zoomer!

Deux oiseaux protégés d’Australie méridionale

Péninsule de Fleurieu, au sud d’Adélaïde

Par nos reporters Romain et Olivier

Nous vous présentons dans cet article deux espèces menacées et les actions entreprises par les Australiens pour les sauver : Ce sont deux oiseaux des plages !

Le Pluvier à camail (Hooded Plover)Thinornis cucullatus

Ce petit oiseau de la famille des gravelots vit sur les plages d’Australie méridionale et est très menacé. Il fait son nid sur les plages de sable. De nombreux promeneurs et chiens les fréquentent aussi en été.

Des associations se battent pour le protéger comme Friends of the hooded Plover ou Birdlife Australia.

https://www.facebook.com/hooded.plover.birdlife/ ethttps://www.facebook.com/hoodedplovermornpen/

Ils installent de nombreux panneaux d’information et des barrières autour des nids!

« Chicks on the beach » signifie « poussins sur la plage ».

La première observation à Port Willalunga était très émouvante!

Nous nous approchons petit à petit.

Voilà un couple!

Ils sont si mignons avec leur capuche noire !

Nous en avons observé 5 sur 3 plages différentes.

A Waitpinga beach
A Victor Harbor

Ce dernier regardait le coucher de Soleil.

A chaque fois, ils partagent vraiment leur maison avec des vacanciers !

Malheureusement souvent les promeneurs ne lisent pas les panneaux et laissent leurs chiens sans laisse sur des secteurs pourtant restreints où elle est requise!

Chien libre menaçant de détruire le nid.

Chacun veut profiter d’un cadre magique !

Le Manchot pygmée (Little Penguin) Eudyptula minor

Il y a 18 espèces de Manchots dans le monde. Appelés à tort Pingouins, du fait de leur nom anglais penguins, les manchots se reproduisent exclusivement dans l’hémisphère Sud – sauf quelques individus au nord des îles Galapagos.

Wikipedia Commons

Le Manchot pygmée est la plus petite espèce de manchot. Il pèse à peine plus de 1kg. On l’appelle aussi le petit manchot bleu du fait de sa couleur.

Continuer la lecture de « Deux oiseaux protégés d’Australie méridionale »

Fraser’s hill, Malaysia : la mecque de l’ornithologie

Trois jours d’ornithologie et de détente en forêt équatoriale d’altitude

Selamat Datang ! Bienvenue en Malaisie !

A peine arrivés à l’aéroport KLIA (Kuala Lumpur Intern. Airport), nous dormons dans une petite guesthouse et par chance, on nous propose à un tarif correct de nous emmener jusqu’au sommet de Fraser Hill, notre objectif pour cette « escale » de Noël en Malaisie.

Notre chauffeur de taxi, Azlan, déborde d’attentions et nous laisse aller au restaurant, faire nos courses pour les 3 jours prévus dans la foret équatoriale, dans la coquette mais très isolée station de plein air de Fraser’s Hill.

La route est sinueuse comme rarement nous en avons connu. Les coeurs sont mis à rude épreuve. La fin du parcours est une route étroite, surnommée snake road…, en pleine forêt équatoriale.

Bukit Fraser, la colline de Bukit, est un lieu de villégiature prisé surprenant. Très isolé, bien qu’à seulement 100 km de la capitale, le site est un ensemble d’hôtels, de résidences de villégiatures et de cottages très « british », perdus au sommet d’une colline, en pleine dorsale montagneuse équatoriale de la Malaisie. Très humide en saison des pluies, le site était néanmoins très fréquenté par des familles essentiellement, en quête d’air pur, loin des villes.


Le centre du village arbore une belle horloge.

La mosquée rappelle que nous sommes en pays à majorité musulmane. Entendre l’appel à la prière en pleine jungle est aussi déroutant !

Cette localité a la faveur des ornithlogues du monde entier pour son accessibibilté et son charme britannique…

Les premières pluies tropicales arrivent le soir-même, amenant humidité et brouillard.

Notre logis… très humide

Au petit matin, nous nous essayons au trail en pleine jungle le plus proche de notre appartement.

Chaussettes hautes, pantalon et manches longues sont de sortie. Le chemin est glissant, mais le style est là !

Le couvert végétal est très dense et nous ne voyons presque pas d’oiseaux. Des cris de singes gibbons résonnent au loin.

Nous observerons en revanche plusieurs Semnopithèques obscurs. Ce primate ne se rencontre que dans les forêts des péninsules malaises et indochinoises.

Les animaux que nous n’aurions pas aimé voir, ce sont les sangsues qui m’ont rappelé qu’il fallait mettre des chaussettes en laine épaisse et pas une paire synthétique achetée au Décathlon de New Delhi… Car elles sucent au travers !

Ames sensibles, nous avons caché le sang car la sangsue retirée un peu vite provoque une hémorragie…

Le lendemain, nous prenons rendez-vous avec un ornithologue local pour nous accompagner. Son expérience est précieuse pour repérer les oiseaux par leurs cris.

Mésange sultane (Sultane Tit)
Verdin de Hardwicke
Souimanga sombre (Black-throated Sunbird)
Grand Arachnothère (Spider hunt)- friand d’araignées mais aussi de nectar.
Dice à gorge feu (Fire-breasted Flowerpecker)
Garrulaxe mitré  (Chestnut capped Laughingtrush)
Rufous-bellied Swallow Cecropis badia

Mais celui que nous cherchons plus particulièrement est le Trogon à tête rouge. Cette famille d’oiseaux nous fascine depuis notre quête du Quetzal en 2017 au Costa Rica et nous avions été déçus de ne pas avoir observé son unique représentant sud africain, le Trognon narina…

Grâce au guide qui repère son chant, les enfants observent et même photographient leur Graal! La patience est récompensée.

Aux aguets devant le Trogon
Trogon à tête rouge (Red-headed Trogon)

L’excitation est à son comble!

Nous rencontrons ensuite un groupe de photographes de Singapour qui passent une journée d’observation avec un autre guide. Leur méthode est très efficace et quelque peu…discutable. Ils passent en boucle un enregistrement des chants des petits oiseaux forestiers toujours cachés et disposent des vers pour les apater… La définition même de la chasse photographique!

Nous en « profitons » le temps d’une pause dans notre circuit, car c’est une activité très statique. Mais terriblement efficace! Résumé en images…

White-tailed Robin

Sur la même souche… Deux gobemouches très « cute« 

Rufous-browed Flycatcher

Voici le petit peuple des sous bois humides et des mousses ombragées…

Pygmy Cupwing – Pnoepyga pusilla
Streaked Wren-Babbler – Turdinus brevicaudatus
Buff-breasted Babbler

Et l’ambiance des photographes… au bord de la route ! Pas ce que l’on préfère mais quels fascinants petits passereaux qu’on ne verrait jamais sans cela…

Après 4h de traque active ou statique, les enfants s’essaient à une partie de tir à l’arc à 10 mètres. Pas commun en pleine jungle. C’est le contraste de Fraser Hill !

Sur le chemin du retour, nous observons le Grand gobemouche bleu. Une perle de la nature à nouveau !

Grand gobemouche (Large Niltava)

Les enfants concluent cette journée « parfaite » sous le soleil pour ne rien gâcher…

Un message à méditer par tous nos dirigeants…

Et en prenant conscience de la richesse de ces forêts comme ce jour-là, le drame de la déforestation dont nous sommes témoins prend toute sa gravité.

Nous voyons beaucoup d’exemples en Malaisie, l’un des pays les plus tristement déforestés. L’urbanisation est galopante et l’exploitation pour le bois et les coupes pour planter les palmiers sont autant de menaces sans retour pour la faune des sous-bois.

Coupe de bois tropicaux

Il reste encore quelques oasis. Protégeons les à tout prix en les visitant et en refusant le bois tropical ou l’huile de palme !

Fraser Hill.

Quelques oiseaux de Thaïlande

Voici une sélection de quelques espèces observées en novembre 2019 enThaïlande (103 au total) lors de notre voyage en famille. Peu d’ornithologie intensive, surtout des observations glanée ici et là. J’ai trouvé l’observation difficile dans les forêts. Une petite déception dans ce pays, réputé pour son avifaune très diversifiée…

Cliquez-sur l’image pour agrandir certaines photos !