« Cheetah » signifie guépard en anglais. La Namibie héberge la plus grande population de guépards dans le monde soit environ 3500 individus. Au cours du siècle dernier, le nombre de guépards a diminué d’environ 90% selon les estimations. Cette espèce pourrait s’éteindre d’ici 20 ans. Parmi les causes de cette diminution, la perte de milieux et l’élimination par des fermiers les rendant responsables, souvent à tort, de la perte de leur bétail. En effet, une enquête menée par le gouvernement de Namibie a montré que seuls 3% des pertes de bétail était causées par un guépard.
Nous visitons le centre de conservation, de recherches et d’éducation pour la protection des guépards créé par le Dr. Laurie Marker en 1990. Zoologue et vétérinaire, elle parcourt le monde pour défendre le félin à qui elle consacre sa vie.
La mission du Cheetah Conservation Fund (CCF ) est d’être le centre d’excellence internationalement reconnu dans la conservation des guépards et leurs écosystèmes.
L’organisme sensibilise les populations locales afin de montrer qu’un partage des terres est possible entre l’homme et l’animal. Ici les guépards sont recueillis car ils ne pourraient pas survivre seuls dans la nature. Nous observons ainsi Darwin et Livingstone, devenus les mascottes du centre. Deux frères guépards recueillis bébés après que leur mère ait été tuée par un fermier.
Darwin et Livingstone, les frères miraculés
Avec un guide, nous avons pris une jeep pour parcourir l’espace de vie des guépards recueillis par le centre : l’endroit où ils peuvent courir, se reposer, l’endroit où ils peuvent manger. Il y a 36 guépards sur le site. Un autre espace est défini pour ceux qui seront un jour relâchés dans la nature. Le centre en relâche environ 5 par an.
Vers midi, nous assistons au nourrissage des guépards qui a lieu une fois par jour. Le guépard n’aime pas manger une viande salie ou souillée. Dans la nature, il ne se nourrit toujours que de la proie qu’il vient de tuer. C’est pourquoi chaque guépard a ici sa propre gamelle.
Avec Astrid, bénévole francophone, nous découvrons ensuite la clinique vétérinaire où sont pratiqués les soins pour les guépards et les chiens.
Visite de la clinique vétérinaire Chiens de berger Anatolie élevés pour garder les troupeaux
En effet, il y a aussi des chiens qui sont élevés ici spécialement pour être vendus à des fermiers afin de protéger leurs troupeaux des guépards. Avec ce principe de dissuasion, et grâce à un programme d’information, les fermiers apprennent à vivre avec les félins. Cette théorie fonctionne. Le centre souhaite éduquer et montrer qu’un partage des terres entre l’homme et le guépard est possible.
D’autres actions du CCF
Des tests génétiques faits dans le laboratoire installé sur place ont montré que les guépards ont une faible diversité génétique par rapport aux autres espèces. Ils sont plus vulnérables face aux changements environnementaux. Face aux menaces pesant sur cette espèce fragile, on mesure le rôle crucial du Cheetah Conservation Fund.
Outre l’éducation des fermiers et la vente de chiens de garde, une autre voie de protection est de travailler avec les acteurs locaux afin de permettre d’ouvrir les savanes. Les guépards ont besoin de grands espaces et d’une densité de buissons épineux faibles. Certains territoires sont défrichés et les buissons sont vendus en bûches dans le CCF.
Nettoyage des buissons épineux
Pour en savoir plus
Pour agir : visiter le centre, faire un don ou parrainer un guépard : https://cheetah.org
Le parc national d’Etosha fait la fierté de la Namibie. Dans le top 5 des grands parcs africains, il est considéré comme l’une des plus belles réserves naturelles de la planète. Il entoure le vaste Etosha Pan, un immense désert salin plat.
Le désert ou « pan » d’Etosha… Seul endroit où l’on peut sortir de sa voiture.
Nous abordons le parc par son entrée Ouest, nommée Porte Von Lindequist en l’honneur du gouverneur du sud ouest africain allemand au début du XXè siècle.
Un safari à Etosha peut se faire dans sa propre voiture. En saison sèche, comme actuellement, la visite consiste à observer surtout les différents points d’eaux. Les animaux s’y concentrent toute la journée dans un jeu d’allées et venues permanentes.
Ambiance aux points d’eau
Nous débutons par le « dik-dik drive ». Effectivement, les Dik dik, petites antilopes craintives, s’y laissent apercevoir facilement. Elles ont une petite tâche noire au coin de l’œil qui forme une larme. Cela lui donne un air mignon qui attendrit les enfants.
Le Dik dik, le chouchou des enfants
Plus loin, deux voitures attendent et observent au bord de la route. Il y a quelque chose à voir là-bas. Dans les jumelles, un peu au hasard sur la ligne d’horizon, s’affiche le beau et majestueux Guépard. Il se repose sous un arbre. Emotion. Nous avons du mal à le quitter. Nous apprendrons plus tard que le guépard est rare dans le parc du fait de la compétition avec les autres prédateurs.
Fin de sieste pour le Guépard
Dans la même journée, au détour des pistes ou aux points d’eau, nous observons des groupes de springboks, impalas, oryx, koudous, zèbres, gnous, bubales, girafes, éléphants…
Zèbres assoiffés Oryx, aussi appelés GemsbokBubales rouxle commun Springbok
Mais aussi notre premier Rhinocéros blanc découvert dans une clairière. Nous ne sommes jamais vraiment rassurés quand l’éléphant curieux s’approche très près de la voiture. On reste silencieux, pas de gestes brusques, une envie de filmer ces rencontres pour fixer ces instants dans notre disque dur.
le rare Rhinocéros noir
Les enfants s’échangent appareil photo, caméra et jumelles. Ils se disputent parfois la palme du meilleur découvreur et c’est à qui trouvera en premier le rare spécimen. Nous n’avons pas le droit de sortir de la voiture hormis les coins aménagés. Nous pique-niquons au camping Namutoni.
Mangouste rayée au Camping
En fin de journée, nous arrivons au camping Halali. Le camp est très sec, poussiérieux mais les lueurs du soir invitent à la détente. Nous installons notre camp
Il fait frais le soir car nous sommes en hiver, dans l’hémisphère Sud. Nous nous couvrons et partons admirer le point d’eau non loin de là pour le coucher du soleil.
Il y a des rochers en estrade pour observer. Des spots puissant éclairent le site. Le silence est de mise. Invitation à la méditation. Les oiseaux viennent boire bruyamment.
Gangas à double bande
Un groupe de zèbres arrive. Ils boivent paisiblement et s’en vont doucement. Nous allions partir quand soudain, notre respiration s’arrête. Sur le chemin au loin, arrive une lionne à la démarche fière et souple. Une deuxième arrive pour boire. Une de nos plus belles rencontres à Etosha dans les dernières lueurs du crépuscule. Romain demande : « Y a quoi ensuite ? ».
Expédition en famille dans les forêts de montagne et au parc national du Corcovado (février 2017)
Plage de la péninsule d’Osa, parc national du Corcovado
Pourquoi le Costa Rica
Après notre première expérience de voyage en famille dans les frimas des îles norvégiennes des Lofoten, nous voulions partager avec nos enfants la découverte de la faune tropicale qui illustre leurs livres depuis leur plus jeune âge.
C’est donc naturellement que nous choisissons pour ce premier voyage lointain en zone tropicale le Costa Rica. Ce petit pays d’Amérique centrale est en effet réputé pour être un « paradis vert » : la protection de la nature est inscrite dans la constitution et les infrastructures éco-touristiques ont de quoi rassurer les parents pour un premier voyage hors d’Europe avec des enfants de 5 et 8 ans.
Le choix de ce pays est aussi l’occasion de partager le rêve d’observer l’un des oiseaux les plus extraordinaires qui soit : le Quetzal.
Rencontre avec le Quetzal
Son nom français, « Quetzal resplendissant », est une invitation à elle seule.
De la famille des Trogons, le quetzal ne se rencontre que dans les montagnes d’Amérique centrale, du Mexique méridional au Panama.
Les trogons sont des oiseaux arboricoles tropicaux de la taille d’un pigeon, possédant une longue queue étagée et colorée. Le quetzal est sans conteste le plus majestueux de sa famille, avec son ventre rouge carmin et sa queue vert émeraude bifide de plus de 60cm.
Trogon de Massena, jardins du Veragua hôtel, Sierpe
C’est donc enthousiastes et motivés que nous débarquons ce 7 février dans la petite vallée de San Gerardo Dota, au pied du sommet de la Cerro de la Muerte, « Sommet de la Mort », dont le nom est peu engageant… Il y a plusieurs décennies, en l’absence de route, il fallait plusieurs jours pour venir dans ces contrées à pied ou à cheval. Les voyageurs les plus mal préparés y laissaient la vie, transis de froid ou surpris par le brouillard. En effet, la crête culmine à 3450 m et les conditions y sont parfois rudes. Aujourd’hui, une belle route asphaltée, tronçon de la panaméricaine, passe à quelques centaines de mètres de là.
La Cerro de la Muerte (3450m) depuis la vallée de San Gerardo Dota
Les brumes se sont dissipées. Après une soirée à observer les colibris se gorger de nectar, nous nous endormons plein d’espoir.
A 5h30, le réveil est plutôt facile à la faveur du décalage horaire… et l’adrénaline fait le reste.
Nous prospectons au bord d’une piste, et attendons une heure dans un secteur riche en avocadillo, la gourmandise favorite du Quetzal. La forêt est animée des chants des oiseaux. Mais rien ne bouge, sinon notre premier Araçari, petit Toucan vivement coloré.
En contrebas, un peu loin, nous repérons enfin un splendide mâle Quetzal. Il sera rejoint par sa dame quelques instants plus tard mais l’observation restera furtive.
Le tout premier contact avec le quetzal est sans doute le plus intense
Au retour vers le premier secteur, notre patience est récompensée par l’observation d’un autre couple plus proche cette fois. .
Le face à face est intense et les enfants s’émerveillent… Ils s’en souviendront toute leur vie. Nous espérons que ce cadeau de la nature les incitera à œuvrer plus tard pour sa préservation.
Quetzal mâle à la pause et à la pose
L’après midi, nous partons à travers la forêt d’altitude afin de rejoindre une cascade sauvage au bout d’un sentier peu engageant. Les racines d’arbres tortueux constituent une partie du chemin et nous hésitons à traverser les passerelles parfois glissantes. Avec prudence, nous descendons pour admirer les chutes d’eau.
Chutes de Savegre
Au retour, en longeant la rivière Savegre, nous aurons la chance d’observer longuement un 3ème couple de Quetzal à proximité de leur nid.
La région des forêts de nuages dans la cordilière Talamanca abrite 75 couples de Quetzal, soit 15 de plus qu’il y a 20 ans. Venir les observer contribue à l’économie locale et incite les habitants à sanctuariser des morceaux de forêts pour garder cette ressource éco-touristique dans la vallée. Sans les déranger, avec ou sans guide, ces rencontres inoubliables sont donc profitables autant pour l’espèce que pour le globe-trotter et l’autochtone.
Après les jardins de l’Enfer, le jardin du Paradis..
Après être remontés sur les crêtes de la cordillère de Talamanca, une longue descente vers la côte pacifique. Dans l’après-midi, nous approchons du littoral près du village de Dominical puis obliquons plein sud vers le péninsule d’Osa.
La route se perd alors dans l’enfer vert. Ici, des terres ont été laissées pour la culture du Palmier à huile. Nous écoutons le silence de ces monocultures sans vie, hantées par quelques seuls rapaces.
Nous filons vers la bourgade de Sierpe, quelques kilomètres plus loin.
Le contraste est saisissant avec le jardin grouillant de vie du modeste hôtel Veragua où nous logeons pour la nuit. Au petit matin, Aras, Pics, Toucans, Colombes, buses, hérons, tangaras multicolores animent le jardin.
Toucan
Ara macao
Pic à couronne rouge
Parc du Corcovado. Un réservoir de biodiversité sans égal.
Après plusieurs jours d’approche, le deuxième temps fort du voyage sera l’aventure en famille au cœur du Parc national du Corcovado.
Entrée du parc national du Corcovado
Ce parc est le plus grand du Costa Rica. Il couvre environ un tiers de la péninsule d’Osa, au sud-ouest du pays. Il est considéré par le National Geographic comme « l’un des endroits du monde le plus denses en terme de biodiversité ». Les paysages qu’il abrite sont composés d’une forêt tropicale primaire (l’une des dernières forêts primaires côtières d’Amérique) et d’un espace marin partiellement couvert de mangroves.
A l’exception d’une piste d’atterrissage réservée à l’approvisionnement des scientifiques, le cœur du parc n’est accessible que par plusieurs jours de randonnée dans la jungle, avec traversé de rivières bateau. C’est donc au terme de deux étapes de navigation que nous atteignons la très isolée station de la Sirena.
la Station scientifique de la Sirena
La station biologique a été récemment rénovée. La chaleur est écrasante et les enfants découvrent l’ambiance d’un dortoir à l’air libre composé de lits superposés entourés de moustiquaires. La nuit amplifie l’ambiance sonore de la forêt primaire qui nous entoure. Nos voisins pour la nuit : scientifiques, aventuriers… mais aussi grenouilles bruyantes, coatis chapardeurs, cigales entêtantes… et singes hurleurs !
Les abords même des hébergements abritent une faune d’une variété étonnante. Dès nos premiers pas dans la jungle, nous observons les quatre espèces de primates vivant au Costa Rica : le Singe écureuil, ou mono titi, le Singe hurleur, réellement impressionnant de puissance lorsqu’il émet ses cris territoriaux, le Signe araignée, agile avec sa queue, et le Capucin à la cagoule blanche.
Capucin
Singe araignée
Singes hurleurs
Singe écureuil
Les enfants étudient attentivement la brochure des oiseaux du parc et à chaque pli de la brochure se demandent « quel est ton préféré »…
Moi, c’était le Cotinga turquoise, qu’on a vu de très loin, mais aussi le Trogon aurore Trogon rufus que nous avons bien obsrêvé grâce à son chant puissant :
Trogon aurore (au flash, pardon pour lui)
Le matin à l’aube, nous partons explorer la partie côtière de la forêt primaire.
Juste avant la plage, le guide nous indique un Tapir qui sommeille. Il digère des agapes de la nuit. Quelle grosse peluche.
Tapir de Baird
Principal proie du Jaguar et du puma avec les pécaris, le Tapir est surtout visible près de la plage et des rivières, le matin et le soir.
Nous prenons le petit déjeuner sur la plage tout en nous amusant du ballet des centaines de Bernard l’Hermitte. Ces fossoyeurs des plages débarrassent celles-ci de tout objet comestible, végétal ou animal.
Sur la rive d’en face, les enfants découvrent bien plus inquiétant : un Crocodile d’Amérique, remontant l’embouchure, un Requin bouledogue, à la recherche d’une proie étourdie par les remous dus aux courants contraires…
Requin bouledogue (aileron dorsal et caudal : un seul individu!)
L’observation des requins et des crocodiles…
Nous observons également un autre tapir qui traverse le fleuve à la nage, et enfin un paresseux endormi, comme sa réputation l’exige!
Les oiseaux ne sont pas en reste : aras, toucans, colibris, milans, pélicans, trogons, pics, hoccos, cotingas, gobemouches tyrans…
Grand Hocco (fem.)
Le deuxième jour, avant l’aube, une expédition à la lampe torche révèle la vie grouillante de la forêt. Les yeux de millions de minuscules araignées réfléchissent le faisceau de lumière. Quelques batraciens de couleur terne se lovent aux pieds des souches. Le long de la rivière, les perroquets rejoignent leurs sites d’alimentation.
Dernière surprise, sur le chemin du retour, un majestueux Vautour pape, parent du condor, se laisse photographier alors qu’il s’est posé sur grosse branche.
Vautour pape ou Sarcoramphe roi
Les enfants ont observé en quelques jours la plupart des animaux de leurs imagiers sur la jungle et cette expérience les marque encore 2 ans après.
Nous repartons du parc national, émerveillés et conscients du fragile équilibre que le Costa Rica doit trouver entre la préservation de ce site isolé de la jungle côtière et l’ouverture à l’écotourisme.